mardi, 4 janv. 2011. 18:45

BROSSARD - Il ne faut pas grand-chose pour qu'un gardien de but perde ses moyens. Mais parfois, il suffit de peu pour qu'il retrouve son aplomb, estime Carey Price.

Et de l'avis du jeune gardien du Canadien, les trois séances d'entraînement complètes auxquelles les joueurs du Tricolore auront droit cette semaine, en vue des matchs de jeudi et samedi contre les Penguins de Pittsburgh et les Bruins de Boston, devraient s'avérer le tonique tout indiqué.

«Un gardien a besoin de tels moments (à l'entraînement) pour peaufiner certains détails. C'est essentiel. Je ne le croyais pas avant, mais c'est effectivement important», a déclaré Price, mardi au Complexe sportif Bell à Brossard, après une séance d'entraînement axée sur le patinage avec et sans la rondelle.

«Jusqu'ici cette saison, on n'a pas eu beaucoup de temps pour vraiment bien s'entraîner parce que les matchs se suivent à bon rythme. Soit qu'on jouait ou qu'on nous donnait une journée de congé parce qu'on avait besoin de repos avant tout, a noté le gardien de 23 ans. Mais cette semaine, on pourra travailler sur toutes sortes de petits détails et corriger le tir comme on aimerait le faire.»

Price reconnaît qu'il a connu une baisse de régime depuis quelques semaines, lui qui a présenté une moyenne de 3,54 et un taux d'arrêts de ,870 depuis que le CH a amorcé sa glissade au classement, le 10 décembre à Detroit. Ces chiffres sont venus gonfler à 2,37 et ,919 ses statistiques globales de la saison 2010-11.

«J'ai le sentiment de pouvoir en donner plus. Reste que je me sens exactement de la même façon que je me sentais lors des 30 premiers matchs (de la saison), a affirmé l'athlète originaire de la Colombie-Britannique. Je suis sûr que ça n'en prendra pas beaucoup pour que ça revienne. Tout ce que ça prend, c'est une bonne période ou une bonne victoire.»

Price a rappelé qu'en situation de match, il est difficile de corriger des automatismes... qui ne le sont plus. Ce n'est qu'à l'entraînement, parfois après avoir pris le temps d'assister à une séance vidéo, qu'un gardien est vraiment en mesure de retrouver de bonnes habitudes.

«Souvent, c'est juste une question de quelques pouces. Par exemple, si tu es reculé dans ton filet de six pouces de plus que d'habitude, ça rend l'ouverture dans le coin du filet d'autant plus grande, a noté Price. Des petits ajustements de quelques pouces ici et là peuvent finir par faire une grande différence — entre une rondelle qui te frappe, ou qui frappe un patin et entre dans le filet.»

Price reconnaît qu'il n'est jamais facile de passer au travers d'une léthargie. Mais comme il le souligne, tous les joueurs s'attendent, avant même que la saison ne commence, à connaître de mauvaises séquences. Il faut donc aborder les choses dans leur juste perspective.

«C'est une situation que j'ai déjà connue. C'est une expérience qui va me profiter, a souligné le premier choix du Canadien en 2005. Il s'agit de faire les choses correctement à l'entraînement et, à partir de là, ça devient juste une question de temps avant que les choses ne recommencent à bien aller.»

Une fatigue normale

Price a par ailleurs reconnu que le calendrier allégé des prochaines semaines fera du bien mentalement, surtout après une séquence de deux semaines à l'étranger.

Le gardien a dit être fatigué, mais pas plus que ne le sont ses coéquipiers ou la plupart des autres joueurs de la LNH à ce stade-ci de la campagne.

«On dirait toujours que c'est plus lourd entre le 30e et le 60e match, parce qu'on a perdu de vue la ligne de départ et on ne voit pas encore la ligne d'arrivée, a souligné Price. C'est dans ces moments-là qu'il faut persévérer, en se disant qu'un jour ou l'autre on va finir par amorcer le dernier droit.»

Le jeune gardien n'a pas voulu dire s'il aimerait jouer moins souvent en deuxième moitié de saison afin de s'assurer de rester frais et dispos en vue des séries.

«On va sûrement évaluer ça de semaine en semaine, de match en match, a-t-il dit. Je ne peux pas savoir comment je vais me sentir dans un mois ou deux.»

En attendant, Price a profité du congé de lundi pour se ressourcer mentalement en ne faisant rien, sauf... aller magasiner au Costco en après-midi.

«Je suis allé à celui de Candiac. J'étais surpris qu'il y ait autant de monde!», a-t-il lancé, pince-sans-rire.