Lors de ma chronique précédente, j'avais mentionné que les Predators de Nashville avaient fait l'acquisition de joueurs importants à la date limite de transaction. Et qu'ils seraient à surveiller.
En Paul Gaustad, Andrei Kostitsyn et Hal Gill, la formation du Tennessee s'était dotée d'éléments d'expérience nécessaires pour la suite des événements. À présent, les Predators peuvent compter sur la présence d'Alexander Radulov, qui effectue son retour dans la LNH.
Je compare sa situation à celle de Jaromir Jagr, qui avait joint les rangs des Flyers de Philadelphie en début de saison. Lorsqu'un élément extérieur vient se greffer aux deux premiers trios de l'équipe, c'est un facteur non négligeable. Radulov a amassé 80 points dans la KHL et il n'y a aucun doute que c'est un joueur de qualité.
Le seul petit point négatif qui pourrait se présenter, c'est que l'ex-joueur des Remparts de Québec prendra la place d'un joueur établi dans l'organisation. On peut se poser la question si cette situation affectera la chimie installée au sein de l'équipe.
Radulov devrait évoluer avec Holmqvist et Legwand à ses débuts; Barry Trotz voudra l'insérer avec une combinaison productive.
Avec 9 matchs à disputer au calendrier régulier (incluant celui de jeudi), Radulov débute son camp d'entraînement en vue des séries. Son impact avec l'équipe sera majeur et les Predators en profiteront. Son arrivée est une bonne nouvelle pour la LNH et évidemment pour Nashville.
Son cas a fait beaucoup jaser lors de la réunion des directeurs généraux à Boca Raton en Floride il y a quelques semaines. Il ne faut pas oublier que Radulov était toujours sous contrat avec l'organisation, ce qui explique sa présence dans la LNH. Cependant, son cas créera assurément un précédent et un règlement sera ajusté.
Je suis favorable à son retour avec l'équipe, malgré le fait qu'il ait quitté pour la KHL il y a quelques saisons.
Dans un autre ordre d'idée, j'aimerais voir Trotz remporter le trophée Jack-Adams remis au meilleur entraîneur de la LNH. Ce dernier l'a souvent mérité, mais en raison des insuccès de l'équipe en séries, il a été ignoré.
Les cas des coups à la tête
Au cours des derniers jours, deux coups de coude à la tête ont été assénés, soit par Shane Doan des Coyotes et Duncan Keith des Blackhawks.
Selon moi, dans l'évaluation des coups décernés, il devrait y avoir une sous-catégorie "préméditée". Lorsqu'un joueur élève le coude afin de frapper son adversaire à la tête, il n'y a aucun doute dans mon esprit que ce n'est pas pour récupérer la rondelle
Dans ces cas, au moins 10 matchs de suspension seraient nécessaires.
Dans les plus récents cas qui nous concernent, le geste de Doan à l'endroit de Jamie Benn et celui de Keith sur Daniel Sedin sont identiques. En visionnant les reprises, je constate que leur but était de blesser l'adversaire et rien de moins.
Je trouve ces situations plus alarmantes que celles concernant les bagarres. Je compare les coups de coude à la tête à un coup de bâton derrière la tête ou une mise en échec par derrière, parce que le joueur n'a aucune chance de se protéger. De mon point de vue, les joueurs s'attendent à recevoir des coups lors d'un combat, contrairement aux coups traîtres qui visent la tête.
Il y a plusieurs exemples qui tendent à démontrer que les joueurs victimes d'un coup à la tête sont plus gravement blessés que ceux qui engagent un combat
Parlez-en à Daniel Sedin, qui ratera au moins deux semaines d'activités.
Imiter les Bruins
Parlant de bagarres, trois ont éclaté simultanément, lundi, entre les Devils et les Rangers, alors qu'il n'y avait que trois secondes de disputer en début de rencontre.
Évidemment, ces combats étaient prémédités, même si personne ne va l'affirmer haut et fort.
Je suis convaincu que la plupart des équipes tentent d'imiter le style de jeu des plus récents gagnants de la coupe Stanley. Il faut se rappeler que certains joueurs des Bruins étaient là pour intimider l'adversaire et ce style de jeu a paru pendant la finale contre les Canucks.
D'autres équipes se sont ajustées et tenteront de répondre afin de ne pas se laisser intimider, dont les Rangers. Les Devils, qui sont en bonne position dans l'Est, ont aussi démontré qu'ils ne s'en laisseront pas imposer.
Une course intéressante dans l'Est
Depuis 1994, aucune équipe à 10 points ou plus d'une place en séries à la pause du match des étoiles n'est parvenue à se classer pour la danse du printemps. Les Sabres de Buffalo, présentement au 9e rang, sont en voie de réaliser cet exploit.
Ce qui est incroyable, c'est que les Sabres étaient à deux points du Canadien tout juste avant la date limite des échanges. Selon moi, ils réussiront un tour de force et coifferont les Capitals au fil d'arrivée au 8e et dernier rang donnant accès aux séries.
À Washington, un grand ménage s'impose. Alexander Semin, qui sera à la recherche d'un contrat, est appelé à partir. Je doute même que l'entraîneur Dale Hunter soit de retour la saison prochaine.
Propos recueillis par Luc Dansereau
