vendredi, 2 nov. 2012. 18:00

Quand j'ai appris la confirmation de l'annulation de la Classique hivernale, je me suis dit : Le malheur se poursuit. C'est tragique d'en arriver à ce point.

Bien sûr, ce sont toujours les propriétaires qui prennent les décisions puisque ce sont eux qui contrôlent la situation. Plus je regarde les choses aller et plus j'ai l'impression que les joueurs seront les grands perdants dans ce conflit. De la façon dont Gary Bettman gère ce conflit, les propriétaires ne semblent pas négociables.

On évoque une reprise des négociations sous peu et j'espère que ça arrivera rapidement parce qu'on veut percevoir du positif dans cette histoire. Actuellement, on perçoit très peu d'éléments prometteurs et je suis loin d'être convaincu qu'ils vont s'asseoir à la même table au cours des prochains jours.

Certains joueurs croient que la Classique hivernale pourrait être replacée au calendrier à condition qu'une entente survienne prochainement. Ce serait souhaitable, mais cet événement représente un énorme défi et tu ne peux pas patienter trop longtemps en raison des commanditaires, de la vente des billets, de la préparation du stade, de la télévision…

Après tout, ce n'est pas seulement un match à Columbus ou à Montréal! Ça pourrait toujours être possible, mais les joueurs disent cela à Chantal Machabée parce que c'est leur souhait et ils désirent jouer. D'ailleurs, si on tenait un vote secret auprès d'eux, le résultat pencherait sûrement dans cette direction.

Le conflit actuel est encore basé sur une question de chiffres. En 2004, les deux côtés devaient s'entendre sur l'instauration d'un plafond salarial et cette fois ils doivent se partager les revenus de façon plus équitable.

C'est dommage que les deux clans ne soient pas capables de négocier intensivement pendant une semaine. Je suis persuadé qu'on arriverait à une entente convenable.

Toutefois, on dirait que Bettman et Donald Fehr négocient cela comme si c'était la partie la plus importante de leur vie. Ça semble être leur dernier défi ou leur dernier mandat de leur carrière, ce qui complique les choses.

Je crois que Bettman négocie son dernier lock-out étant donné que c'est son troisième. Il ne voudra pas revivre cela et il lui reste encore quelques années à son contrat. Je présume qu'il quittera avant l'expiration du prochain contrat de travail.

Quant à Fehr, il n'est pas un homme de hockey à la base. Les joueurs sont allés le chercher pour négocier cette entente cruciale.

L'ajout d'un médiateur et la sortie médiatique du proprio des Sénateurs


L'imposition d'un médiateur pourrait améliorer l'évolution du conflit. Le problème demeure que ces deux dirigeants se trouvent tellement importants que la présence d'un médiateur serait comme avouer une faiblesse.

Bettman et Fehr veulent contrôler et négocier tout ce qui passe. Ils sont pires que deux coqs, ce sont deux chefs qui ont toujours - ou presque - obtenu ce qu'ils veulent dans la vie.

Ce serait intéressant de découvrir la dynamique qui se développerait avec un médiateur.

J'ai l'impression que ça prendrait une personne influente du côté des propriétaires ou des joueurs pour convaincre Bettman ou Fehr de se tourner vers un médiateur.

C'est bien beau de voir Eugene Melnyk déclarer qu'on devrait jouer au hockey présentement, mais ça prendrait davantage comme un propriétaire très influent ou un groupuscule de propriétaires.

Je ne sais pas comment sa sortie médiatique a été perçue de l'intérieur parce que des propriétaires avaient été mis à l'amende en 2004. Pierre Boivin était de ce groupe parce qu'il avait mentionné que le conflit ne devrait pas être très long.

*Propos recueillis par Éric Leblanc