dimanche, 16 sept. 2012. 00:00

Je trouve incompréhensible et déplorable que deux entités professionnelles qui produisent autant d'argent se bloquent mutuellement. L'argent qui est généré par le hockey est bon pour un côté comme pour l'autre.

Après le lock-out de 1994, je ne comprends pas pourquoi la Ligue nationale et l'Association des joueurs n'ont pas convenu qu'une situation du genre ne doit plus arriver. Ils desservent une si grande population de spectateurs qu'il devrait y avoir une règle faite entre eux pour empêcher un arrêt de travail, que ce soit un lock-out ou une grève. Il faut une façon de négocier sans qu'un arrêt de travail soit une option.

Qu'il y ait des différends et qu'ils ne soient pas capables de s'entendre sur des contrats est correct, mais il ne faut pas que le train arrête de rouler. Je vois le hockey comme le transport en commun ; c'est pratiquement une nécessité. Les gens aiment le hockey et ils veulent en voir.

Le sport lui-même va souffrir d'un lock-out prolongé, surtout aux États-Unis. Le hockey est derrière le football, le baseball et le basketball de l'autre côté de la frontière. Du côté du Canada, les équipes vont bien et engrangent des profits.

Les négociations doivent débloquer

Il faut qu'un sentiment d'urgence soit déclenché avec l'annonce d'un autre lock-out. Il y a encore du temps, mais il faut que quelque chose se passe. Avec les discussions que j'ai observées depuis le début, je crois plus à une campagne vers la mi-saison, si un des deux parties commence à se rapprocher évidemment.

Si une saison commence plus tard que la date prévue, les joueurs seront les grands perdants. Ils auront perdu la moitié de leur salaire. La saison payante pour les propriétaires est les séries éliminatoires et cela ne serait pas perdu.

Ce qui est triste, c'est que je crois que nous aurons un scénario similaire à 2004-2005. Lors du dernier conflit, les deux parties ne s'entendaient pas sur le plafond salarial. Cette fois-ci, c'est sur le partage des revenus.

Les joueurs n'investissent rien, et ils veulent une grande partie des revenus. Ils ont déjà un salaire garanti et voudraient également un pourcentage sur tout ce qui est vendu dans les amphithéâtres. Lorsqu'on regarde cela logiquement, c'est normal que les propriétaires fassent de l'argent. Ils investissent et risquent leur capital.

Les joueurs sont payés bien grassement pour exercer leur talent. De voir les joueurs en demander plus est difficile à comprendre pour le public et je les comprends.

Les propriétaires ont l'avantage

Présentement, les propriétaires ont le gros bout du bâton. Les joueurs n'ont pas encore reçu de chèque de paie et aucune dépense n'est engrangée. J'espère que le fait d'être en lock-out enclenchera plus de volonté des deux parties.

Le sport est en santé financièrement, surtout dans les gros marchés. Les équipes qui font plus d'argent dans la LNH veulent une entente et c'est normal! Pas seulement pour les partisans, mais aussi pour les gens qui cogitent autour d'une équipe de hockey.

Ce sont de grosses organisations. Beaucoup d'employés autres que les joueurs seront également en arrêt de travail. Certains se trouveront un autre travail et les propriétaires ne veulent pas perdre ces employés.

Propos recueillis par Christian L-Dufresne