mercredi, 9 janv. 2013. 09:51

La nervosité de Geoff Molson était perceptible dès le moment où il a pris la parole devant une horde de médias venus dans l'espoir de se mettre quelque chose sous la dent après une interminable période de sevrage.

Le propriétaire du Canadien n'avait rien de concret à communiquer. Sa présence était justifiée dans le cadre d'une opération de relations publiques destinée à mieux faire passer dans le coeur du bon peuple ce qui s'est passé au cours des quatre derniers mois.

Il était venu accompagné de son directeur général et de son entraîneur en chef pour clamer que les partisans du Canadien sont les meilleurs de la planète. On peut comprendre qu'il ait été mal à l'aise de le dire. Après tout, il s'adressait à un public qui avait le sentiment d'avoir été totalement oublié pendant que joueurs et propriétaires faisaient durer indûment le conflit. On ne traite pas les meilleurs partisans du monde de cette façon.

C'était assez évident qu'il n'avait pas prévu s'excuser pour ce qui s'est passé. Ses excuses, qu'on lui a arrachées par le biais d'une question venue du plancher, sont devenues inévitables. Les médias ont tous joué en manchettes que le propriétaire des Rouges s'était excusé. Fallait-il que la rencontre de presse soit pauvre en informations pour que cette déclaration sollicitée devienne la grosse affaire?

Cette sortie de Geoff Molson a été un exercice d'humilité. Comme lui, dans toutes les villes de la ligue, des dirigeants ont sorti la tête pour tenter d'atténuer les effets négatifs de ce lock-out sur leur clientèle, y compris dans les marchés où l'arrêt de travail n'a même pas été ressenti.

Maintenant que c'est chose faite à Montréal, on va se concentrer sur les affaires les plus urgentes. Avec un directeur général recrue, un entraîneur qui en sera à son deuxième tour de piste avec le Canadien, secondé par trois nouveaux adjoints et quatre autres nouvelles figures, Rick Dudley, Scott Mellanby, Patrice Brisebois et Martin Lapointe, le défi de sortir l'équipe de la dèche est majeur.

En attendant, comme le camp d'entraînement ne s'amorcera pas avant dimanche, le sujet d'intérêt, outre celui concernant le contrat de P.K. Subban, tournera autour de l'accueil qu'on réservera à l'équipe quand elle se présentera pour son premier match, contre les Maple Leafs de Toronto, le 19 janvier.

Loin de moi l'intention de suggérer aux spectateurs l'attitude à adopter ce soir-là, mais s'ils cherchent une façon de démontrer qu'ils n'ont pas apprécié ce qu'on leur a fait subir depuis le 15 septembre, la moindre des choses serait de rester bien calmes lors de la sortie des joueurs. Je sais que la voix riche de Michel Lacroix incite aux explosions de joie, mais s'il y a un moment où le truc ne devrait pas fonctionner, c'est bien celui-là. On reste assis; on ne dit rien. J'imagine le malaise parmi les joueurs. Juste cela. Juste un grand silence. Après, on fera bien ce qu'on voudra.

J'ai mes doutes, cependant. La réaction des Québécois est souvent imprévisible. Quand on leur a demandé d'applaudir Lino Zambito à son arrivée sur le plateau de Tout le monde en parle, ils ont acquiescé. Bondiront-ils de leurs sièges quand l'annonceur maison leur commandera d'accueillir NOS Canadiens? Ça reste à voir.

On ne peut quand même pas leur offrir une ovation debout, n'est-ce pas? N'est-ce pas? Savez-vous quoi? Je n'en suis pas si sûr.

Si jamais ça se produit, les joueurs, qu'ils ont critiqués depuis quatre mois, seront morts de rire.

Alex Galchenyuk : oui et non

Pour ou contre la promotion du jeune Alex Galchenyuk dans la Ligue nationale? Les opinions exprimées sur le sujet sont diverses.

Le premier choix du Canadien n'a disputé que deux matchs dans les rangs juniors l'an dernier. Il a un demi-calendrier derrière lui cette saison. Son rendement a été fort respectable avec 27 buts et 61 points en 33 matchs à Sarnia. Malheureusement pour lui, en raison des circonstances, il aura à peine quelques jours pour démontrer qu'il peut tenir son bout avec des hommes.

La réponse à cette question est non si on considère qu'une saison complète à Sarnia lui permettrait de mieux développer son potentiel. Galchenyuk étant un diamant à polir, pourquoi faudrait-il hâter les choses?

La réponse est oui si un joueur de centre de six pieds et deux pouces et de 205 livres, également capable d'évoluer comme ailier, peut utiliser son talent offensif pour offrir au Canadien la possibilité de devenir une menace offensive en jouant à la gauche de Plekanec et Gionta, par exemple. Je doute que Michel Therrien, qui aura quatre mois pour gravir des échelons au classement, voudra passer la saison avec l'attaque de tire-pois de la dernière année. Une formation, qui ne compte que deux patineurs de plus de 20 buts et dont le premier marqueur n'a que 65 points, peut certainement se permettre d'accorder un essai de neuf matchs à son choix de repêchage le plus talentueux depuis Max Pacioretty et P.K. Subban, il y a près de cinq ans.

Pauvres Oiseaux

La nouvelle n'était pas sans importance. Normalement, elle aurait alerté l'ensemble des médias et inquiété les fidèles supporters des Alouettes. Malheureusement, quand on a appris que le directeur général Jim Popp et l'entraîneur en chef Marc Trestman étaient tous les deux courtisés par des équipes de la NFL, toute l'attention du Québec était portée sur la fin du lock-out dans la Ligue nationale. Ainsi, la possibilité, même lointaine, que les Alouettes perdent leurs deux plus importantes têtes de football, est passée totalement dans le beurre.

Comment pouvait-on s'inquiéter de l'avenir des Alouettes quand les joueurs du Canadien retournaient à leurs patins? Pourtant, il ne faudrait pas que les Alouettes perdent Popp et Trestman quand, de surcroît, l'heure de la retraite approche pour le quart Anthony Calvillo.

Popp a été l'architecte par excellence de la Ligue canadienne depuis 16 ans, Trestman a mené l'équipe à la finale de la coupe Grey trois fois en quatre ans et il n'y a actuellement aucune relève pour Calvillo. L'avenir du football canadien à Montréal serait chancelant s'il fallait que ces trois éléments de première importance quittent l'équipe quasi au même moment. Dans le marché d'une seule grande attraction sportive, les Alouettes restent une concession fragile.

Il serait étonnant que les auditions de Popp et Trestman s'avèrent fructueuses, mais on ne sait jamais.