jeudi, 21 juin 2012. 09:15

Au même moment où les Kings soulevaient la coupe Stanley la semaine dernière prenait fin ma première saison complète en tant qu'analyste à la description des matchs des Canadiens et des séries de la LNH. Quelle saison ce fut.

Dans un sens, j'ai peut-être été chanceux que le produit sur la glace ne soit pas à la hauteur des attentes des amateurs. Cette situation m'aura poussé à travailler avec encore plus de rigueur. Non pas pour embellir une situation désastreuse, mais bien pour souligner le fait que dans les hauts, comme dans les bas, ce qui attise ma passion c'est le sport. Ce sport qui doit toujours demeurer plus grand et plus gros que les individus qui le pratiquent et que ceux qui s'en portent les messagers, surtout que ceux qui s'en portent les messagers.

Le hockey m'a beaucoup donné. Il m'a façonné plaçant à sa guise succès et obstacles sur un parcours que j'aurais aimé plus long, plus fructueux. Je n'ai pas d'amertume, que de l'admiration pour cette école de la vie qui a fait de moi, à coups de consécrations et de leçons d'humilité, une bien meilleure personne et, je l'espère un bien meilleur analyste.

Être démagogue aurait été facile, voire accepté, en cette saison de misère d'une équipe adorée par ses partisans. Éviter la démagogie aura été mon plus grand défi du point de vue éditorial. Dans une ère médiatique effervescente où le match de la veille est déjà « suranalysé », on a parfois l'impression de ne plus avoir sa propre opinion.

Sur le plan technique, celui derrière la caméra, j'avais beaucoup de croûtes à manger. L'apprentissage se poursuit et se poursuivra, mais ma curiosité m'a permis une découverte fort intéressante. Alors que je croyais plonger tête première dans un milieu rempli de gros égos, je me suis vite rendu compte que la télédiffusion d'événements sportifs est un travail d'équipe. Une équipe chevronnée, où chaque membre prend les bouchées doubles pour livrer un produit de qualité. C'est un véritable tour de force dans le monde télévisuel de mettre en ondes une douzaine d'heures hebdomadaires de programmation en direct, sans filet, sans scénario, sans script et avec un minimum d'anicroches. Elles et ils ont toute ma gratitude.

J'ai grandement apprécié la dualité à laquelle j'ai du faire face tout au long de la saison. Je parle ici de mon emplacement près du banc des Canadiens au Centre Bell et celui à la droite de Pierre Houde, à l'étranger. Ces deux environnements différents m'ont forcé à ne jamais tomber vers la complaisance. Alors que je m'attardais souvent aux systèmes de jeu sur les patinoires adverses, je gardais l'œil ouvert à Montréal pour tenter d'apporter une valeur ajoutée à chaque intervention en mesurant la pertinence de chaque information que je recevais. Commentaires injurieux, blessures mineures, prises de bec entre coéquipiers, gestes de solidarité ou de leadership, envolées des entraîneurs; ne voilà que quelques menus détails impossibles à saisir du haut de la passerelle et que j'ai tenté de vous relayer depuis ma position privilégiée.

Finalement, sachez que bien que je sois fier du travail accompli par toute notre équipe de diffusion dont je ne suis qu'une partie, je n'aurai jamais la prétention d'avoir tout réussi. Je continuerai de persévérer à trouver le juste équilibre entre le bon français et le naturel à l'écran; je chercherai à nouveau des informations privilégiées au sujet de joueurs que seul un ancien peut connaître, je serai au fait des nouveaux règlements pour vous les expliquer, bref, je ne vous prendrai jamais pour acquis.

Je vous souhaite un excellent été et au plaisir de se retrouver en septembre.