Revenu de loin, l'Impact est aujourd'hui champion. (Photo PC)

C'était 3-0 à la 42e minute. Donc 6-2 au total des buts. D'où j'étais, sur la partie extérieure de la galerie de presse, je pouvais apercevoir Nick DeSantis dans la loge de la section voisine.
Alors que les partisans fêtaient, criaient, chantaient en croyant déjà que le championnat était dans la poche, le directeur technique demeurait de glace.
Aucune émotion sur le visage. Zéro.
DeSantis se souvenait trop bien de la douleur de la défaite quand on croit la victoire acquise. Santos Laguna, Mexique, en mars dernier, un cauchemar qui a laissé bien des séquelles. "Je voulais seulement que ça finisse, affirmait DeSantis après le match. Tu marques des buts, mais ce n’est pas terminé, et on a tellement connu des moments difficiles. Ce championnat, on a souffert pour y arriver."
En ce samedi d'octobre, comme si le temps avait fait son oeuvre, les séquelles s'étaient transformées en leçons. Durement acquises. La cicatrice s'était refermée, l'Impact avait appris et gagné en maturité. Impeccable d’un bout à l’autre des séries éliminatoires, le onze montréalais s’est débarrassé de tous ses adversaires, le Battery de Charleston, les Islanders de Porto Rico et les Whitecaps de Vancouver, en gagnant chaque match, en marquant au moins deux buts à chaque rencontre.
Impeccable. Un sans faute. Alors que ce club a si souvent dominé en saison régulière au cours des dernières années sans prouver sa valeur en éliminatoires, cette fois le rôle de négligé lui a peut-être permis de mieux jouer. Jouer sans pression. Jouer avec une mission. Faire taire les critiques. La coupe a été soulevée, le championnat sera savouré. Tout est bien qui fini bien.
D'une recrue à l'autre
Des petits nouveaux. De vertes recrues. Pourtant, ils ont connu du succès dès leur arrivée à la barre de l'Impact. Valerio Gazzola (1994), Nick DeSantis (2004) et Marc Dos Santos ont tous remporté un championnat à leur première saison à la barre de l'équipe.
Dos Santos sera-t-il le premier à en gagner deux? C'est fort possible, à moins qu'il n'en décide autrement. Un ancien joueur m'a confié que Dos Santos était un si bon entraîneur qu'il ne serait pas surpris de le voir exercer son métier en Europe un jour. Dos Santos parle couramment le portugais, l'anglais, le français, l'espagnol et il souhaite apprendre l'italien. Ayoye! M'a dire comme on dit, sky is the limit...
Comme première étape, on risque fort de lui enlever le "par intérim" après son titre d’entraîneur-chef. Rappelez-vous, c’est ainsi qu’on l’a nommé après le congédiement de John Limniatis : entraîneur chef par intérim. DeSantis avouait, sourire aux lèvres après le match, que le statut de son entraîneur pourrait changer prochainement. "On va s’asseoir et discuter, mais ça devient plus facile en gagnant un championnat! Je peux aussi lui dire que le plus difficile est d’en gagner un deuxième!"
Dos Santos en a surpris plusieurs cette année avec ses déclarations flamboyantes. Il a le mérite d’être allé jusqu’au bout pour appuyer ses dires. Et il la savourait, cette victoire. "J’espère que la leçon que l’Impact a donné au monde du sport aujourd’hui va être une leçon pour beaucoup de personnes."
Le coach n’a jamais abandonné et il a cru en ses joueurs. Aujourd’hui, il est un champion.
Le nouveau marié Et le nouveau marié dans tout ça? Rocco Placentino a raté le match retour de la demi-finale contre les Islanders de Porto Rico. Autre épisode d’une saison rocambolesque pour l’Impact, un absent pour cause de mariage! Cette date avait été choisie bien avant que Placentino ne signe son contrat avec l’Impact.
Comment se sentait-il la journée de son mariage? "J’étais nerveux! Pas pour le mariage, mais pour le match! Et maintenant, j’ai une bague de mariage et une bague de championnat! Je suis l’homme le plus heureux sur la Terre..."