PARIS (AFP) - Elles étaient quatre en ces temps d'or pour la Confédération mais le joyau de la couronne helvétique, qui régenta le monde du ski alpin féminin dans les années 80, s'appelait bien Vreni Schneider, la slalomeuse du siècle.
Pour le bonheur du pays, elles se partagèrent les lauriers. A Maria Walliser et Michela Figini, les épreuves de vitesse, pendant qu'Erika Hess et Vreni Schneider raflaient les victoires dans les disciplines techniques.
Dans un lot aussi talentueux, Schneider ressort pour au moins deux raisons objectives. Avec 55 victoires en Coupe du monde, dont 34 en slalom et 20 en slalom géant, elle n'est devancée que par l'Autrichienne Annemarie Moser-Pröll (62), impératrice de la descente. Et surtout, Vreni a remporté cinq médailles olympiques, dont trois en or.
Mais son fait d'armes sportif reste sans doute le record de victoires en une saison de Coupe du monde, avec 14 succès durant l'exercice 1988-89 (dont les 7 slaloms au programme), soit un de plus que le Suédois Ingemar Stenmark.
Vreniland Une fée s'était probablement penchée sur le berceau de Vreni, qui vit la lumière du monde le 26 novembre 1964 à Elm (canton de Glaris). Elle dota l'enfant de moyens physiques et techniques hors norme, qui autorisèrent plus tard la championne à exprimer son agressivité sur des skis masculins, et d'une bonne nature. Car elle était (est toujours) ehrlich (sincère) et herzlich (généreuse).
La vie s'était chargée de forger le caractère de cette fille de cordonnier. Sur les planches depuis l'âge de 3 ans, Vreni n'avait abordé le haut niveau que relativement tard. En effet, à 15 ans, elle avait dû, au décès de sa mère, assumer les tâches ménagères pour son père et ses deux frères aînés.
Exclue du cadre national par manques de résultats, Vreni était revenue en équipe nationale par la petite porte du comité régional.
La triple championne olympique, sacrée également trois fois championne du monde et lauréate de la Coupe du monde générale à trois reprises, aime le chiffre de la Trinité.
Dans sa maison d'Elm, elle a fait construire trois chambres pour enfants. Deux sont déjà occupées par Florian et le petit dernier, Flavio Heinrich Walter, né le 16 janvier 2006.