Nathan MacKinnon n’est toujours pas le bienvenu à Baie-Comeau et les partisans du Drakkar se feront sans doute un plaisir de le lui rappeler ce soir, alors que les Mooseheads de Halifax seront de passage au Centre Henry-Leonard.
Hué et nargué à sa première visite sur la Côte-Nord l’an dernier, MacKinnon ne risque pas d’échapper aux railleries des fidèles du Drakkar, et ce, même si près d’une année et demie s’est écoulée depuis qu’il a boudé l’équipe qui l’a repêché 1er au total en 2011.
« Nos partisans l’ont peut-être encore sur le cœur. Lors de son premier match chez nous l’an dernier, une cuisse de poulet avait été lancée en sa direction avant qu’il ne s’exécute en fusillade », se souvient d'ailleurs le capitaine du Drakkar, Félix Girard.
N’allez toutefois pas croire que joueurs et dirigeants du Drakkar feront un arrêt à la boucherie du coin pour faire des provisions avant le duel de ce soir.
« On ne lui en veut pas. C’était son choix et il était libre de faire ce qu’il voulait. On n’a pas de rage envers lui. Sa carrière va bien et tant mieux pour lui », signale Girard, en toute honnêteté.
Le Drakkar pourrait en effet difficilement en vouloir au prodige de la Nouvelle-Écosse. Car aussi brève soit-elle, l’association entre MacKinnon et le Drakkar aura permis au club de la Côte-Nord de donner un sérieux coup de barre.
En échangeant ses droits aux Mooseheads en retour des attaquants Carl Gélinas, Francis Turbide et trois choix de premier tour au repêchage, le Drakkar a d’abord solidifié ses fondations.
Le directeur général Steve Ahern a depuis utilisé deux de ces choix pour greffer les défenseurs Dominic Poulin et Alexis Vanier à sa formation. Le troisième choix (celui des Remparts en 2013) appartient toujours au Drakkar.
« On a un plan assez clair et c’est d’avoir des gars dans chacune des tranches d’âge afin d’assurer la pérennité de l’équipe. L’idéal est d’avoir sept joueurs de 16-17 ans, sept de 18 ans, sept de 19 ans et trois de 20 ans », explique l’architecte du Drakkar.
Et ce n’est pas tout.
« Il s’agissait ensuite d’insérer des Européens ayant un impact immédiat sur l’équipe et c’est ce que nous avons actuellement, renchérit Ahern. L’équilibre au sein du groupe est primordial pour nous et c’est ce que la transaction de MacKinnon nous a offert. »
Valentin Zykov, Petr Straka, Jérémy Grégoire et Francis Desrosiers ont ensuite été ajoutés via repêchage et transactions. Ajoutez à cela l’embauche de l’entraîneur-chef Éric Veilleux l’été dernier, et vous obtenez un Drakkar qui ne rame finalement plus à contre-courant.
Rencontre au sommet
Si bien que l’équipe occupe présentement le deuxième rang du classement général, 11 points derrière les Mooseheads, qui ont deux matchs en mains. Le Drakkar figure de plus dans la dernière mise à jour du top-10 de la Ligue canadienne de hockey (LCH), au cinquième échelon.
« Au lieu de n’obtenir que Nathan MacKinnon, aussi bon soit-il, nous nous retrouvons aujourd’hui avec beaucoup de profondeur. C’est essentiel pour toute équipe voulant connaître du succès », rappelle Girard, deuxième étoile de la dernière semaine d’activités dans la LHJMQ.
« Échanger Nathan a surtout fait mal à nos partisans, renchérit Ahern. De notre côté, on peut se vanter de pouvoir compter sur des joueurs très performants présentement. »
Zykov, repêché au deuxième tour du dernier repêchage européen, s’impose comme la meilleure recrue du circuit avec 62 points (32 buts, 30 passes). Straka, acquis de l’Océanic de Rimouski en début de campagne, suit non loin derrière avec 57 points (30 buts, 27 passes) au compteur.
La contribution de Gabryel Paquin-Boudreau (47 points) et Raphaël Bussières (45 points) est aussi précieuse, tout comme celles de Girard, Gélinas et Turbide, qui font partie d’un groupe de 10 joueurs ayant atteint le plateau des 20 points cette saison.
Ces derniers parviendront-ils à éclipser MacKinnon et sa bande ce soir? Qui sait. Une chose est certaine toutefois, il s’agira d’une rencontre au sommet entre deux formations dont le destin est intimement lié.
« Autant les Mooseheads que nous sommes sortis gagnants de cette transaction. Si on a quitté les bas-fonds du classement, c’est grâce à notre travail interne de part et d’autre. De notre côté, on s’est remis sérieusement en question il y a trois ans en tant qu’organisation pour ensuite se doter d’une toute nouvelle philosophie basée sur la fierté et l’intensité. Le travail est cependant encore loin d’être terminé. »
N’empêche, le contexte gagnant dans lequel le Drakkar navigue actuellement pourrait déjà faire des p’tits, estime Ahern.
« Trop souvent dans le passé, l’équipe a été liquidée. Si on avait eu le club qu’on a aujourd’hui au moment de repêcher Nathan, peut-être qu’il se serait joint à nous. »
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