TERREBONNE – Tout au long de sa carrière de joueur, d’entraîneur, d’analyste et de Sénateur, Jacques Demers a été reconnu pour distribuer du bonheur et de la joie de vivre. Mercredi soir, ce fut à son tour de venir remplir son cœur d’amour pour surmonter l’imposante épreuve que la vie lui a imposée.

Le foudroyant AVC du début avril le laisse encore dans une condition difficile. Même s’il est doté d’un moral d’acier, l’ancien entraîneur peine parfois à garder le sourire puisqu’il n’a rien perdu de sa lucidité.

« C’est sûr que, certains soirs, il se demande pourquoi ça lui arrive. En plus, on sait quel genre de vie il menait, il était toujours occupé, c’est un fonceur. C’était ‘Go, go, go’ avec lui. Maintenant, il doit s’armer de patience », a admis son frère Michel.   

Grâce à son orgueil, M. Demers s’est sorti de plusieurs situations éprouvantes dans sa vie en commençant par un père alcoolique et violent. Mais cet orgueil aurait pu l’inciter à refuser de se présenter à son intronisation au Panthéon des sports du Québec.

« Ce n’est pas tout le monde qui aurait choisi de venir dans sa condition actuelle, ça prend du courage pour le faire », a vanté Mario Tremblay.

Au final, le généreux homme de hockey voulait être présent et il a choisi le côté positif de cette première sortie publique. Après avoir pensé aux autres toute sa vie, M. Demers a pu recevoir l’affection des gens à un moment dans lequel il en a bien besoin.

« C’est l’un des plus grands rassembleurs que j’ai connus dans ma vie. C’est une personne extraordinaire », a ajouté Tremblay.  

Ce dernier s’est d’ailleurs relevé d’une terrible épreuve et il avait de la peine de voir que son collègue était frappé par cette injustice.

« Ce n’est pas facile à voir. On ne sait jamais ce qui nous pend au bout du nez dans la vie, j’ai perdu ma femme il y a un an et demi... », a-t-il confié.

Durant leur association avec le Canadien, M. Demers et Benoît Brunet ont développé une belle relation de respect qui s’est transformée en amitié quand ils ont fait le saut dans le monde des médias.

Les réalisations du coach

« Il est tellement généreux, c’est bien triste tout ça. Les gens parlent du Coach et c’est aussi comme ça que je l’appelle, mais il est bien plus que ça à mes yeux. Jacques, c’est devenu un chum de vie. On partageait des rondes de golf, des soupers, le voyagement pour le travail », a exprimé Brunet avec reconnaissance.   

Sans l’ombre d’un doute, la conséquence la plus ardue à encaisser est celle qui brime sa parole. Pour un homme qui a bâti sa carrière sur cette force, la pénalité est éprouvante.

« Il a gagné sa vie comme ça, à motiver des joueurs, à faire des conférences et de la télévision. On espère que ça va s’améliorer, c’est le temps qui va aider », a prononcé son frère en préférant ne pas embellir la réalité.

« Je trouve ça malheureux que ça lui arrive. Je me souviens que deux ou trois jours avant son AVC, il était avec nous à RDS. Comme d’habitude, il faisait des jokes et il parlait à tout le monde », a relevé Brunet.

Jacques Demers, le collègue!

Tremblay a aussi pigé dans ses souvenirs avec M. Demers lors de leurs participations à l’Antichambre. Il y agissait comme au sein d’une équipe de hockey.

« Il est toujours de bonne humeur. Il s’ennuyait du hockey et il s’occupait de nous comme ses petits boys, il prenait soin de tout le monde. Ça lui arrivait d’amener des choses à manger pour l’équipe. Jacques, c’est Jacques », a décrit Tremblay avec le sourire au visage.

Il n’exposait pas ses belles qualités humaines seulement avec ses amis du monde du hockey. Intronisé durant le même gala, l’ancien joueur de football, Jean-Philippe Darche, avait aussi une anecdote à partager à son sujet.

« J’avais été invité à jouer un tournoi de hockey aux Îles-de-la-Madeleine avec lui. Je me souviens qu’il m’avait envoyé sur un lancer de punition même si j’étais le pire joueur du club. J’étais vraiment excité et je me suis rendu compte quand j’arrivais à la ligne bleue que je n’avais pas pensé à quelle feinte faire. J’ai fini par lancer directement dans le ventre du gardien », s’est souvenu Darche avec appréciation.

Dans son rôle de président avec le Canadien, Ronald Corey a constaté l’effet positif d’un entraîneur comme lui.  

« C’est un homme qui a de l’influence sur tout le monde avec sa gentillesse, son amabilité, son charme, sa chaleur, son enthousiasme. Je ne le voyais jamais de mauvaise humeur, c’était très agréable de travailler avec lui. Même dans les moments difficiles, il ne changeait pas », a louangé M. Corey.

Ses anciens joueurs admettent qu’il n’était pas le plus grand tacticien, mais il compensait en étant un extraordinaire meneur.  

« On n’était pas trop certain quand il est arrivé avec le Canadien, mais il a été une personne honnête et vraie », a conclu Guy Carbonneau sur cet homme qui a changé sa vie.

Il suffisait de voir le magnifique sourire sur son visage pour comprendre qu’il a été touché droit au cœur par cette soirée qu’il n’oubliera jamais et qui le motivera à retrouver ses moyens.

Les manchettes pour Jacques