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Bertrand Raymond

Bain de sang financier
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Pierre Vercheval

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Robert Bédard, tennis

Mardi 01 janvier 1991

Naissance : 13 septembre 1931, Saint-Hyacinthe Décès : Intronisation : 1991 Discipline : Tennis Catégorie : Athlète

Vers l’âge de quinze ans, Robert Bédard s’aventure pour la première fois sur un terrain de tennis. Il ne se doute pas qu’il deviendra un des meilleurs joueurs de tennis au Canada. Cinq ans plus tard, il remporte le trophée de la Coupe Montréal. Cette victoire l’amène à se concentrer sur son prochain objectif qui est d’obtenir le titre du meilleur joueur canadien.

Pour se faire, il poursuit ses études à l’Université de Los Angeles (UCLA) en 1952-1953. Il profite du doux climat de la Californie pour jouer au tennis pendant toute l’année. À cette époque, les terrains de tennis intérieurs n’existent pas au Québec, ce qui amène les joueurs à s’exercer à temps partiel.

Au cour de cette saison passée sous le soleil californien, il peaufine son jeu. À l’été 1953, il devient membre de l’équipe canadienne de la Coupe Davis. Sa volonté et sa détermination lui permettent d’être sélectionné pour représenter le Canada en Coupe Davis pendant plus de dix ans, soit de 1953 à 1961 et en 1967. Sa participation à la Coupe Davis l’amène à jouer plus de 31 matchs en simple ou en double.

À la fin de l’année 1953, il est classé numéro un de l’Association de Lawn-Tennis de la Province de Québec, l’ancêtre de la Fédération Québécoise de Tennis.

Lucien Laverdure, un as de la raquette également intronisé en 1991 au Temple de la renommée des sports du Québec, fait l’éloge de Bédard dans son livre Tennis mon obsession, publié vers 1965 : « Ses qualités dominantes de détermination, patience, force, contrôle, alliées à un sens extraordinaire d’anticipation le conduisirent droit au but qu’il s’était fixé et bien au-delà ».

Après une deuxième place en 1954, il remporte les Internationaux du Canada pour la première fois en 1955. Il répète cet exploit en 1957 et en 1958. Lors de cette compétition internationale, il parvient à gagner le titre en double avec Don Fontana en 1955, 1957 et 1959. Il récidive avec Bob Puddicombe en 1970. Avec Henriette Laframboise, sa partenaire féminine en double mixte, il remporte la finale en 1959.

En 1957, il fait une tournée de trois mois en Europe. Il se rend en quart de finale lors de l’Omnium d’Italie et il cède la victoire au troisième tour à Roland Garos et à Wimbledon.
En septembre 1959, il participe aux Jeux panaméricains qui se tiennent à Chicago. En simple, Robert Bédard atteint la finale en battant le Mexicain Francisco Contreras. Les gens de Sherbrooke, où habite Bédard, ont l’œil sur leur favori. Jean Chartier de La Tribune commente : « Robert Bédard joue un rôle de premier plan aux Jeux pan-américains disputés à Chicago et sa tenue est une belle publicité non seulement pour les Cantons de l’Est, mais pour tout le Canada. Tous les pays de l’Amérique sont représentés dans ces compétitions. Robert Bédard a atteint la finale et il a de bonnes chances de remporter le titre au tennis à ces jeux, ce qui vaudrait au Canada sa première médaille d’or dans ces épreuve ». Finalement, Bédard s’incline devant le redoutable Luis Ayala du Chili. Mais il ramène tout de même une médaille d’argent.

Au fil des ans, Bédard réussit à se maintenir au sommet des joueurs canadiens. En effet, il est classé numéro un au Canada pendant plus de dix ans, soit de 1956 à 1965. Au cours de cette période, un seul autre Canadien, Reider Getz, de Vancouver, parvient à le battre ! Cet exploit, car vaincre Bédard constitue un exploit, survient au cours du tournoi de Québec en 1964.

Vers la fin de sa carrière, Bédard s’implique dans le développement de sa discipline. Il occupe la présidence de la Fédération québécoise de Tennis de 1967 à 1970. Puis, de 1973 à 1977, il est vice-président de Tennis-Canada et il fait également partie du comité de sélection de l’équipe canadienne de la Coupe Davis de 1974 à 1976.

Le tennis a beaucoup évolué au Québec depuis « l’ère Bédard ». Plusieurs athlètes de chez nous ont connu et connaissent de belles carrières sur la scène internationale. Le sport a évolué : le matériel a changé, le jeu est plus rapide et les joueurs sont plus nombreux. Pourtant, à ce jour, tous considèrent encore Robert Bédard comme le plus grand joueur de tennis que le Canada ait connu.

En 1971, il est élu au Temple de la renommée du Collège Loyola. Trois ans plus tard, il joint les rangs des intronisés au Panthéon des Sports canadiens. Le Séminaire de Sherbrooke l’honore en lui décernant un Laureatus alumnus et, la même année, il reçoit le prix Jubilé de la Reine. En 1991, il est également admit au Temple de la renommée du tennis canadien.

Paul Foisy, août 2008
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