Henri Rochon
Naissance : 12 mars 1924, Outremont
Décès : 5 février 2005, Montréal
Intronisation : 1996
Discipline : Tennis
Catégorie : Athlète
En 1996, le Temple de la renommée des sports du Québec accueillait le joueur de tennis Henri Rochon. Coéquipier de Robert Bédard en coupe Davis et source d’inspiration pour François Godbout, on le considérait comme un artiste entre les lignes.
Henri Rochon vit le jour le 12 mars 1924 dans la paroisse Sainte-Madeleine d’Outremont. Son père Joseph était voyageur de commerce. À l’été de ses 7 ans, il s’initie au tennis en jouant sur un terrain vacant situé au nord de Montréal. Tout de suite après le souper, il court vers le club de tennis Jarry et là, le visage collé au grillage, on le voit regarder avec envie les parties que se disputent les membres du club. Se dessinent alors les premiers traits d’une passion qu’il pourra assouvir tout au long de sa vie.
Deux ans plus tard, le jeune Henri n’a que neuf ans et il défait le champion de la paroisse de St-Eusèbe, un adulte de 25 ans! Remarqué par des promoteurs de tennis, il rejoint le club de tennis Outremont et continue son apprentissage contre des joueurs nettement plus âgé et meilleur que lui.
À 14 ans, il gagne le tournoi du club Stuart et en 1939 il est couronné champion provincial chez les juniors. Deux ans plus tard, il remporte le championnat intermédiaire adulte et reprend son bien chez les juniors en prenant la mesure de Bob Watt jr, le champion provincial en titre. La même année, ces deux opposants s’unissent lors du tournoi du club Stuart. En double, le duo remporte la victoire face au redoutable Marcel Rainville, gagnant de l’Omnium canadien de 1934 et son équipier Roger Durivage, classé 4e au Canada en 1940. Toute une performance de la part de deux adolescents d’à peine 17 ans!
Au cours de l’hiver, notre as de la raquette maintient sa forme physique en jouant au ping-pong. Il démontre alors tout son talent en remportant le championnat provincial dans cette discipline en 1941.
De fil en aiguille, Henri Rochon poursuit sa carrière tout en gagnant sa vie dans le domaine des assurances. Ce magicien de la raquette parvient à se hisser au plus haut échelon canadien en 1947 et en 1949 alors qu’il remporte l’Omnium canadien en triomphant de façon décisive 6-3, 6-4, 4-6 et 6-2 sur Lorne Main. Il répète alors l’exploit de Marcel Rainville, le dernier Canadien français ayant remporté l’Omnium canadien avant lui. Alors que le tennis se déroule dans le plus strict amateurisme, le champion mérite alors un briquet valant 3.50 $. « Dans mon temps le tennis se résumait en deux mots : passion et bénélovat » note le joueur de tennis quelques années avant sa mort.
Classé parmi les dix premiers au Canada pendant près de trois décennies – de 1946 à 1965, à l’exception de trois années – Henri Rochon représente le Canada au championnat de la coupe Davis de 1946 à 1956. Ces coéquipiers de l’époque sont Robert Bédard et les Ontariens Lorne Main et Brendan Macken. Lors de ses dix participations en coupe Davis, il détient une fiche de 7 victoires et 14 défaites.
En 1948, lors d’un tournoi au Mexique, il joue ce qu’il considère comme sa meilleure partie en carrière lors d’une rencontre avec le champion américain Frankie Parker. Ce dernier remporte une victoire chaudement disputée en trois manches, par le pointage de 14-10, 12-10 et 13-11!
Celui qui était reconnu pour son terrible amorti, continu sa carrière chez les vétérans où il remporte plusieurs championnats chez les 55 ans et plus et plus tard chez les 65 ans et plus. Ce magicien de la raquette, affichant un caractère sympathique, mais coloré, décède d’une longue maladie en 2005.
Auparavant, il fut intronisé au Temple de la renommée du tennis canadien en 1991 et au Panthéon du tennis québécois en 1995.
Paul Foisy octobre 2009