(Par Marcel Gaudette) - «Il n’est pas donné à tous, 49 ans plus tard, de savoir que la même année, en 1958, j’ai à la fois remporté le championnat canadien de cyclisme sur route en un temps record, ainsi que le championnat canadien ouvert de patinage de vitesse», souligne Maurice Gagné, comblé d’être intronisé au Panthéon des sports du Québec en tant qu’athlète et bâtisseur.
«J’éprouve une joie immense à l’idée que le Panthéon des sports ait pensé m’honorer aussi comme athlète. Il y avait si longtemps que je rêvais d’un tel honneur», dit-il.
On se souvient plus particulièrement de Maurice Gagné comme étant «le père du patinage de vitesse», un homme qui, pendant plus de 30 ans, s’est bâti une solide et enviable réputation comme entraîneur et bâtisseur d’une discipline qui multiplie les honneurs sur la scène internationale.
L’hiver dernier, au Championnat des maîtres à Calgary, celui qui aura 71 ans le 2 décembre se classa 4e dans son groupe d’âge sur un total de 10 concurrents de 70 ans venus de Russie, Hollande, Norvège, États-Unis et Canada.
De 1953 et 1962, il a aussi été nommé deux fois cycliste de l'année. Il a aussi fait deux fois 3e et 4e de la course Québec – Montréal. Il a participé en deux occasions aux Jeux du Commonwealth, obtenant une 12e place. Il a aussi représenté le pays en Écosse, en Belgique, au Tour du Saint-Laurent et au championnat du monde à Reims, en plus de gagner deux fois la course Québec - La Malbaie. Il fut immortalisé en 1991 au temple de la renommée du cyclisme québécois comme athlète.
À titre de patineur de vitesse, de 1958 à 1971, il remporta tous les championnats provinciaux ou presque et trois titres canadiens, tout en établissant un record national longue piste et cinq marques canadiennes courte piste lors du championnat canadien de 1970 à Winnipeg.
Il a aussi excellé dans une 3e discipline, en survolant 12 barils au Colisée de Québec et en participant aux championnats du monde à Grossinger, New York.
Il fut en 1971 le 1er conseiller de la Fédération de patinage de vitesse du Québec, créant 30 clubs à travers la province. Premier entraîneur de Gaétan Boucher, il a aussi contribué à la construction de l’anneau de vitesse qui porte le nom du quadruple médaillé olympique.
Élu à titre de bâtisseur au temple de la renommée de la discipline au Canada et à celui du Québec, il fut intronisé en 2006 au temple de la renommée olympique du Canada.
En 2004, l’Hommage Jacques Beauchamp lui fut rendu pour l’ensemble de son œuvre et son exceptionnelle contribution au développement du sport pour lequel il consacre encore sa vie.
Amqui, sa ville natale, nomma en 2005 en son honneur et celui de son frère Pierre le Parc Pierre et Maurice Gagné.
Au 48e Congrès de l’Union internationale de patinage en 2000, le président Octavio Cinquanta souligna que l’équipe canadienne a toujours été majoritairement composée de Québécois. «Leur recette, disait-il, est faite de patineurs de grand talent, d’organisateurs dynamiques, de patinoires sur tout le territoire et d’un sens de l’innovation en matière d’équipement.»
C’était là un magistral coup de chapeau à Maurice Gagné!