Pierre Houde

Carey Price de retour au sommet
L’échantillon est maintenant suffisant pour l’affirmer : Carey Price est de retour au sommet de ses capacités. Peu importe l’issue de cette saison... [suite]

Mario Tremblay

Je ne crois pas encore aux miracles
Voilà, le dossier Scott Gomez est réglé! Après tout, on était rendu au point que ce n'était qu'une question de temps avant qu’il inscrive ce fameux but.... [suite]

David Perron

Une pause qui a fait du bien
On est arrivés à Ottawa très tôt dimanche après notre match à Nashville, deux grosses journées avant notre match contre les Sénateurs, et mon frère... [suite]

Norman Flynn

P. Gauthier joue ses dernières cartes
Je n'ai pas été très impressionné par le travail de Pierre Gauthier depuis son accession au poste de directeur général du Canadien il y a deux ans.... [suite]

Bertrand Raymond

Bain de sang financier
Il y aura sans doute un facteur positif à l'effondrement du Canadien cette saison. C'est probablement la meilleure chose qui pouvait se produire au... [suite]

Pierre Vercheval

Difficile à avaler pour les Patriots
D’entrée de jeu, nous n’étions pas surpris d’assister à un match du Super Bowl chaudement disputé puisque l’historique entre les deux équipes annonçait... [suite]
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Victoire de GV : déjà 30 ans (2e)

Mardi 07 octobre 2008
Gilles Villeneuve franchit le fil d'arrivée. (Photo Getty)

Gilles Villeneuve franchit le fil d'arrivée. (Photo Getty)

Par Serge Gaudreau - Le choix semble étonnant : après 15 épreuves comptant pour le championnat du monde, Villeneuve n'a après tout récolté que huit points. Pourtant, les progrès qu'il a accomplis, jumelés à sa volonté de vaincre qui sera poussée à son paroxysme pour l'occasion, laissent croire que les conditions sont réunies pour qu'il gagne devant les siens, son premier Grand Prix en carrière.

Dernière course au calendrier 1978 de la F-1, l'épreuve de l'île Notre-Dame se déroule dans une atmosphère de fin de saison. Indépendamment des résultats obtenus à Montréal, le titre des conducteurs est assuré à Mario Andretti. Même phénomène au niveau des écuries puisque le tandem formé d'Andretti et de Ronnie Peterson – celui-ci est décédé des suites de blessures subies à Monza le 10 septembre -, a également remporté pour Lotus le convoité championnat des constructeurs.

La saison 1979 est tellement dans l'air que certains pilotes savent déjà qu'ils défendent pour la dernière fois les couleurs de leurs équipes respectives. C'est le cas de Carlos Reutemann, coéquipier de Gilles Villeneuve avec Ferrari, qui sera remplacé par le Sud-Africain Jody Scheckter, lui-même en fin de contrat avec Wolf. Villeneuve sort pour sa part indemne de ce rite annuel du « volant musical » puisque les spéculations à son sujet ont pris fin le 6 septembre 1978, avec la signature de l'entente le liant à Ferrari pour la saison 1979.

Le classement final ayant perdu quelque peu de son importance, les chances de réussite du Québécois deviennent le point focal de ce dernier Grand Prix. Puissance des moteurs, efficacité des pneumatiques, spécificités de la piste : tous les aspects techniques et tactiques de la course sont décortiqués pour le grand public, avide de tout savoir sur le spectacle qu'il aura devant les yeux au cours de la fin de semaine.

Sans oublier les pilotes eux-mêmes. Dont un en particulier.

Ballotté d'entrevue en entrevue, Gilles Villeneuve a à peine le temps de se remettre de sa déception du 1er octobre à Watkins Glen – un abandon pour problème mécanique alors qu'il était en deuxième position - qu'on le donne en pâture à la faune médiatique. La nouvelle coqueluche se livre à l'exercice de bonne grâce, conscient que le succès de l'événement dépendra en grande partie du boucan qui est fait autour de lui.

L'opération réussit à merveille. Les initiés étaient déjà au courant des origines modestes de Villeneuve, du travail acharné qu'il a abattu pour accéder à la F-1. Moins au fait de ces péripéties, c'est au tour du public de se délecter de la kyrielle d'anecdotes que la presse collige à son sujet, de ses escapades de jeunesse à ses premières incursions dans le monde des courses organisées.

Les Québécois s'identifient rapidement au Berthelais. Sa simplicité désarmante plaît, mais peut-être pas autant que son côté fonceur, une dimension de sa personnalité qui n'est pas sans lui attirer le respect de ses compatriotes, encore hésitants à croire que l'un des leurs peut se comparer à l'élite mondiale d'un sport aussi peu accessible. Ceux qui s'attendent à voir un « kid in a candy store », béatement conquis par ses nouveaux jouets et par l'environnement huppé qui entoure le monde de la F-1, sont charmés de découvrir plutôt un jeune homme totalement absorbé par son métier et par les objectifs qu'il s'est fixés.

Mieux encore, avec Gilles Villeneuve les sportifs du Québec font connaissance avec un athlète d'une franchise inhabituelle, un athlète dont le discours direct leur permet d'échapper temporairement aux banalités auxquelles les ont habitués la majorité des professionnels nord-américains. La nuance est de taille. Elle ne se limite pas à remplacer les clichés d'arénas par ceux qui circulent dans les puits de ravitaillement. Il s'agit plutôt d'une différence de ton, d'approche. Bien entendu, un pilote de F-1, aussi honnête soit-il, ne peut dire tout ce qui lui passe par la tête.

Avec la recrue de Ferrari, l'amateur a néanmoins le sentiment de recevoir l'heure juste, d'obtenir une réponse sans artifices qui s'adresse au coeur de la question posée. S'il aime le comportement de sa voiture ou ses chances de succès, Villeneuve le dit sans ambages. Si ce n'est pas le cas, il le laisse aussi savoir. À 100 à l'heure sur une ligne étroite entre la confiance et l'arrogance, son authenticité, maintes fois soulignée par ceux qui le côtoient, perce l'écran.

À l'automne de 1978, il est permis de croire ou de ne pas croire à l'avenir de Gilles Villeneuve en F-1. En l'écoutant parler, on ne peut toutefois douter de la conviction qui l'habite. Elle suffit non seulement à ébranler les incrédules, mais aussi à attirer au sport automobile des gens qui ne s'y étaient jamais intéressés auparavant.
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