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Le CH à St-Hyacinthe : un vrai camp de travail!

Lundi 21 septembre 2009
Elmer Lach donne ses premiers coups de patins avec le Canadien à l'aréna de Saint-Hyacinthe.

Elmer Lach donne ses premiers coups de patins avec le Canadien à l'aréna de Saint-Hyacinthe.

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Par Paul Foisy, chercheur en histoire du sport - Le Canadien de Montréal dispose aujourd’hui d’un centre d’entraînement moderne situé à Brossard, sur la Rive-Sud de Montréal. Cette année, le CH y tient son camp pré-saison en vue de la prochaine campagne. Dans ce deuxième article, nous verrons plus en détail les activités qui se sont déroulées lors du camp pré-saison de la campagne 1940-1941.


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Au début octobre 1940, Bill O’Brien le préposé à l’équipement du CH, arrive avec un camion chargé de tout le matériel nécessaire pour accueillir une soixantaine de joueurs qui batailleront ferme pour se tailler une place au sein du Canadien ou de son club-école de New-Haven : « La glace est magnifique et les accommodations telles les douches, salle, etc., sont on ne peut plus satisfaisantes » déclare O’Brien. Dans tous les journaux, les manchettes concernant le Canadien sont acheminées de Saint-Hyacinthe. Par exemple, voyons celle-ci publiée dans La Patrie du 12 octobre 1940 : « Saint-Hyacinthe, 11. Le hockey règne en maître ici depuis que le Canadien de Montréal a commencé son entraînement en vue de se préparer à la prochaine saison de la ligue Nationale. Actuellement environ 35 joueurs sont à l’œuvre, espérant se trouver un « emploi » avec le Canadien ou avec le New-Haven. »


Après l’arrivée des jeunes recrues telles Elmer Lach, Ken Reardon et John Quilty, les joueurs plus expérimentés se présentent à leur tour. Retardé par son travail, Émile « Butch » Bouchard, des Maples Leafs de Verdun, prend la direction de Saint-Hyacinthe le 12 octobre. Certains affirment qu’il aurait fait le trajet à bicyclette! Le lendemain, c’est la venue des joueurs réguliers, dont Toe Blake, Georges Mantha et Louis Trudel. Tous les joueurs du Canadien logent au Grand Hôtel situé sur la rue Girouard, en face de l’Hôtel de Ville. Les autres occupent des chambres à l’Hôtel Ottawa près du marché-centre sur la rue St-Antoine.

L’entraîneur Dick Irvin exige une discipline rigoureuse et met en place un horaire bien structuré : lever des joueurs à 7 h, puis déjeuner une heure plus tard. À 9 h 30, le capitaine Jean Berthiaume, instructeur de conditionnement physique au camp militaire de Saint-Hyacinthe, dirige une période de conditionnement physique d’une heure tenue à l’extérieur de l’aréna. Puis, le reste de l’avant-midi est consacré au patinage, à l’étude des tactiques ou à des parties de baseball ou de balle-molle. Après un repas léger à 12 h 30, les joueurs se présentent à l’aréna à 14 h. Trente minutes plus tard, ils sautent sur la glace. En plus de l’entraînement propre au jeu, les athlètes exécutent des exercices de maniement de la rondelle en contournant des barils ou en sautant par-dessus de petits chevalets sous les yeux attentifs du « coach ».

Après deux heures d’entraînement assidu, les joueurs peuvent se détendre jusqu’au souper d’équipe qui se déroule à 18 h. En soirée, les athlètes vont au cinéma, jouent au bridge ou au rummy. Les jeux de hasard et à l’argent sont proscrits, tout comme le tabac et l’alcool qui demeurent interdits dans les chambres d’hôtels et à l’aréna. Finalement, les lumières s’éteignent à 23 h.

Au cours du camp d’entraînement, le CH affronte le New-Haven lors de deux parties d’exhibition à Saint-Hyacinthe. Dimanche le 21 octobre, plus de 500 Montréalais font le trajet afin d’assister à la rencontre. Alors que cette première partie attire 3000 personnes, la deuxième joute se déroule quelques jours plus tard devant une maigre assistance de 700 spectateurs.

À la fin octobre, plusieurs observateurs s’entendent afin de saluer le virage jeunesse effectué par le Canadien. Horace Lavigne, le rédacteur en chef des pages sportives de La Patrie, émet un commentaire élogieux sur la présence du CH à Saint-Hyacinthe : « Entrainé (sic) dans un centre aussi canadien-français que Saint-Hyacinthe, l’équipe métropolitaine a subi dès les premières pratiques l’ambiance chaude et vivifiante, qui s’est manifestée par un accueil très cordial de la part de la population maskoutaine, avide de voir les « pros », c’est-à-dire les géants du jeu national. Cette influence, imprégnée de sympathie et de cordialité, sera peut-être un élément de tonification plus important qu’on ne saurait l’imaginer. »

Au mois de décembre, alors que la saison bat son plein, les dirigeants du Canadien témoignent de leur satisfaction à l’égard du directeur de l’aréna en lui faisant cadeau de 25 $. Une prime de 10 $ est également accordée aux assistants pour leur dévouement à l’équipe!
De retour à Saint-Hyacinthe

Au mois de mars 1941, à quelques semaines de la fin de la saison, Irvin ramène son équipe à Saint-Hyacinthe pour une courte période afin de susciter le regroupement de ses joueurs. Malheureusement, ses efforts ne portent pas fruit et le CH rate les séries éliminatoires en terminant en sixième position au classement de la ligue.

L’histoire se répète pour la saison 1941-1942 alors que l’équipe montréalaise tient son camp d’entraînement à Saint-Hyacinthe. La saison n’est guère plus reluisante que la précédente, mais le CH met en place de nouveaux éléments et poursuit sa reconstruction. Par exemple, Émile Bouchard se joint à l’équipe alors que le capitaine Toe Blake termine au sixième rang des marqueurs.

À l’automne 1942, le Canadien demeure à Montréal pour son camp d’entraînement. La guerre fait rage et certains joueurs du Canadien doivent travailler dans les usines d’armement. Une nouvelle recrue fait son apparition avec le Tricolore. En effet, le jeune Maurice Richard amorce sa carrière avec le grand club. Les Maskoutains, quant à eux, auront la chance de voir de près la fameuse « Punch Line » formée de Toe Blake, Elmer Lach et Maurice Richard en 1946 et en 1949 alors que le Canadien revient à Saint-Hyacinthe pour y tenir son camp d’entraînement.