dimanche, 13 janv. 2013. 21:43

La folie du mois de mars est une folie passagère, qui affecte annuellement les amateurs de basketball universitaire américain.

Qu'est-ce qui déclenche cette fameuse folie? Pour les non-initiés, il s'agit tout simplement du championnat national américain de basketball universitaire de première division; l'un des plus gros événements sportifs en Amérique du Nord.

C'est ainsi avec un immense plaisir que je joins l'équipe de chroniqueurs du RDS.ca afin de vous donner la piqûre du basketball universitaire, jusqu'au March Madness, qui sera d'ailleurs présenté à RDS2 à compter du 21 mars.

March Madness, c'est une foule d'affrontements du type David contre Goliath. On aime voir les équipes négligées causer des surprises. Prenez les victoires de Lehigh contre les Blue Devils de Duke ou de Norfolk State contre Missouri : deux équipes classées 15e dans leur portion de tableau qui ont battu une 2e tête de série. Dans un tournoi à simple élimination, chaque match compte. Une seule défaite viendra mettre fin aux rêves de 67 équipes; une seule sera couronnée, le 8 avril prochain, au Georgia Dome, à Atlanta.

D'ici là, je tenterai, chaque semaine, de vulgariser et de démystifier la NCAA et ses mécanismes, tout en vous parlant des équipes et des joueurs qui font vibrer les amateurs semaine après semaine.

Par où commencer?

Avec ses 347 équipes réparties dans 32 conférences en première division, je dois admettre que le basketball de la NCAA n'est peut-être pas le sport le plus accessible au premier coup d'œil. Il faut toutefois dire que la majorité des équipes qui prendront part au March Madness proviendront des six conférences majeures, ce qu'on appelle en anglais, les « power conferences ». Il s'agit du Atlantic Coast Conference (ACC), Big 12, Big East, Big Ten, Southeastern Conference (SEC) et du Pac-12. Ces six conférences envoient généralement entre 5 et 8 équipes au tournoi national américain et parfois même davantage.

Quelles équipes participent au March Madness?

Tout comme ce fut le cas l'an dernier, l'édition 2013 du March Madness verra 68 équipes batailler pour les grands honneurs. Chaque conférence (sauf la Great West Conference) obtient au moins une place. Du lot, on retrouve le champion du tournoi de fin de saison de 30 conférences ainsi que le champion de la saison régulière de la Ivy League - qui comprend, entre autres, les prestigieuses universités Harvard, Yale et Princeton. Il faut ajouter à cela 37 équipes choisies par un comité de sélection, le dimanche précédent le début du tournoi. Ces 37 formations sont sélectionnées en tenant compte de plusieurs facteurs, dont le Rating Percentage Index (RPI), une formule mathématique qui comprend le taux de victoire d'une équipe donnée, celui de ses adversaires et des adversaires de ses adversaires. En ce sens, une défaite contre une mauvaise équipe, qui joue dans une conférence plutôt faible, fera mal à une université qui tente d'être sélectionnée par le comité.

L'importance des matchs préparatoires

Lors des deux premiers mois de la saison (laquelle s'amorce en novembre), les équipes disputent une série de matchs préparatoires contre des équipes qui ne se trouvent pas dans leur propre conférence. Pour les équipes provenant de conférences plus faibles, c'est le moment d'affronter des adversaires d'une des 6 « power conferences » afin de se bâtir une solide feuille de route et d'augmenter son RPI, avant le début des matchs de conférence. Il est également à noter que les matchs hors conférence ne comptent pas au classement des équipes dans leur propre conférence.

Les matchs de conférence : la vraie saison

La plupart des conférences ont amorcé leur calendrier régulier en janvier. Pour les amateurs de basketball, c'est le début de la vraie saison. Après avoir vu les équipes des six grandes conférences jouer contre des adversaires généralement moins forts, on peut maintenant les voir bagarrer entre elles jusqu'au mois de mars. C'est l'occasion de retrouver les vieilles rivalités, comme Duke et North Carolina dans le ACC, Syracuse et Georgetown dans le Big East, Michigan et Michigan State dans le Big Ten et bien d'autres. Parlant de l'Université Duke (classée #1 par Associated Press dans la NCAA en date du 13 janvier), les Blue Devils étaient l'une des quatre formations toujours invaincues avant le début des matchs de conférence, avec Michigan (#2), Arizona (#3) et Wyoming. Devinez quoi? En moins de deux semaines, ces quatre équipes ont trouvé le moyen de subir leur première défaite de la saison. Duke s'est incliné devant North Carolina State (#20), samedi, sur les ondes de RDS 2, alors que Michigan n'a pu venir à bout des Buckeyes d'Ohio State (#20), dimanche.

Prochain match sur RDS2 - lundi soir, 19 h
Cardinals de Louisville (#3) vs Huskies de l'Université Connecticut

Avec la défaite de Duke et de Michigan, les Cardinals de Louisville (15-1) pourraient bien bondir du 3e et 1er rang dans le Top 25 d'Associated Press. Par contre, il faut prendre en compte leur défaite contre le Duke, le 24 novembre dernier, ce qui les empêchera possiblement de se hisser au 1er rang.

Lundi soir, les Cardinals tenteront de remporter un 11e match consécutif pour rejoindre l'Orange de Syracuse au 1er rang du classement du Big East. Avec le départ des vétérans Chris Smith et Kyle Kuric au terme de la dernière saison, Russ Smith, un arrière de troisième année, a connu toute une éclosion. Après avoir maintenu une moyenne de 11,5 points l'an dernier, il marque près de 19 points par match cette saison. Le meneur de jeu des Cardinals, Peyton Siva, demeure malgré tout la grande vedette de cette formation. Ses revirements sont en baisse, son taux de réussite du plancher est en hausse (40,2 % vs 45,2 %), tout comme son pourcentage de réussite sur les tirs de 3 points (24,6 % vs 38,6 %). Ajoutez à cela le très athlétique Gorgui Dieng (maintenant en santé après avoir subi une blessure à un poignet en début de saison) ainsi que Chane Behanan en tant qu'ailiers et vous avez tous les ingrédients d'une équipe capable de rivaliser avec n'importe qui au pays.

De leur côté, les Huskies de l'université Connecticut (12-3) poursuivent leur purgatoire tout en gardant la tête haute. Non seulement l'équipe a vu son légendaire entraîneur, Jim Calhoun, prendre sa retraite avant le début de la saison, mais elle ne pourra pas participer au championnat national américain en raison de problèmes académiques de ses étudiants athlètes lors des dernières années. Quelques joueurs ont quitté le navire avant la saison, dont Alex Oriakhi (Missouri), ce qui est tout à l'honneur de ceux qui ont décidé de rester. Plus soudée que jamais, la formation de Kevin Ollie joue pour l'honneur et elle a causé bien des ennuis à quelques grosses équipes cette saison. Les Huskies ont notamment vaincu Michigan State en début d'année et l'université Notre Dame, samedi dernier. Ils tenteront donc lundi soir, sur les ondes de RDS2, de battre une 3e équipe classée dans le TOP 25, alors qu'ils accueilleront les Cardinals de Louisville au XL Center.