lundi, 30 mai 2011. 01:15

Lorsque je capturai un énorme thon rouge, je n'aurais jamais cru que ce géant, qui dans sa migration passait le long de la Gaspésie, serait menacé d'extinction. Malheureusement, je constatai que "mon" poisson de près de 1,000 livres était vendu à l'avance aux japonais.

La consommation et la montée en popularité des sushis et sashimis sont en très grande partie responsables des prises légales et illégales de 60,000 tonnes des trois espèces de thon que nous avons dans le monde, avec un marché noir de quatre milliards de dollars. De ces grands scombridés dont on abuse, il y a celui de l'Atlantique nord, notre centre d'intérêt et les deux autres étant celui du Pacifique et le troisième du Sud.

80% des captures de ce poisson gigantesque empruntent la direction du Japon, où un seul de ces géants fût vendu 395,000 dollars au marché de Tokyo. Il faut aussi mentionner que 80% de cette ressource est maintenant disparue. D'où en résulte une grande inquiétude dans le monde entier.

Au Canada, ce poisson est pêché dans la région de l'Atlantique, où le capitaine du bateau Mirabel, Réal Turbide en capture régulièrement depuis quelques années, sa dernière prise était de 933 livres dans la Baie des Chaleurs. Ce qui fait dire aux pêcheurs que le thon rouge semble effectuer un retour dans les eaux côtières du Québec. On le rencontre dans les eaux des Maritimes, je capturai le dernier dans les eaux voisines de Terre-neuve.

Le thon rouge (Thunnus thynnus) visite nos eaux côtières lors de sa migration, puisque de l'Atlantique nord, il se rend frayer dans les eaux du golfe du Mexique. En plus d'une surexploitation par la pêche le braconnage et le marché noir, voilà une impression vraiment personnelle: je m'en voudrais d'oublier la pollution des eaux des frayères, qui pourraient être contaminées par les déversements de pétrole et la marée noire, à la suite du désastre d'il n'y a pas tellement longtemps - une autre raison de protéger une espèce tellement menacée.

Qu'est-ce qu'un thon rouge?

Il est notre géant des poissons comestibles de grand intérêt, celui qui commande les prix les plus élevés sur le marché. Il possède des caractéristiques bien particulières, dont sa grande rapidité. Malgré sa taille, il peut se déplacer à une vitesse variant entre 25 et 40 km à l'heure, son sang chaud lui permet d'endurer les eaux froides de l'Atlantique nord, où il peut descendre jusqu'à plus de 1,000 mètres de profondeur, mais il se déplace habituellement entre deux eaux. Il peut atteindre une pesanteur de 700 kilos (1,500 lbs). Il est de la famille des scombridés, soit celle des maquereaux, autres poissons rapides fusiformes. Ils sont de cette famille dont les membres doivent nager continuellement pour ne point sombrer au fond.

Si ce n'était que de la pêche sportive du thon rouge, il n'y aurait pas lieu de nous inquiéter de l'espèce, mais c'est différent lorsqu'il est sujet de pêche commerciale, Plusieurs suggèrent de placer ce poisson sur la liste des espèces menacées. Ce n'est pas ce qu'en pensent les responsables de Pêches et Océans d'Ottawa, selon eux la pêche du thon au Canada, serait administrée et règlementée de la meilleure façon au monde.

Lors de vos prochaines vacances, si vous vous rendez en Gaspésie et que vous avez la chance de pêcher le thon rouge, profitez-en, c'est une expérience unique. Je tiens à vous faire remarquer que nos bonnes gens de la Gaspésie n'agiront pas cavalièrement comme ce le fût dans mon cas dans une autre province voisine.

Adieu...parti au Japon!

Voici mon explication en conclusion: lorsque je l'ai pêché avec succès à Terre-Neuve, à notre arrivée au quai, le bateau-usine japonais nous attendait. Il avait eu le message du capitaine, ce que je ne savais pas, le thon était vendu à l'avance. J'ai eu que la chance de le capturer et obtenir une photo de "mon" poisson, mais pas un seul steak. J'assistai à la pesée...près d'un millier de livres. Mon trophée fût hissé à bord du bateau japonais, où il fût probablement congelé ou mis en conserve, pour par la suite prendre la direction du Japon. J'ai eu beau insister pour en obtenir au moins une dizaine de livres...il n'en était point question - il glissa lentement le long du fil d'acier vers la cale du bateau.
Qui sait: j'ai peut-être eu la chance d'y goûter dans un restaurant japonais de la rue Saint-Laurent!

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