mercredi, 20 juil. 2011. 05:41

On les dit "Portes de l'Enfer", mais elles sont bien loin de l'être. Je dirais plutôt qu'elles sont les portes du paradis de la pêche à la truite et de la fine cuisine en forêt.

La route qui traverse la réserve des Laurentides au nord de Québec ne fût pas toujours cette voie moderne, qui sera terminée sous peu et que nous connaissons aujourd'hui. D'où les origines du nom de l'établissement de la SEPAQ: "Portes de l'Enfer" situé en bordure de cette voie. Aux jours d'antan, lorsque vous arriviez à cet endroit, la route publique, pour vous rendre plus au nord vers Saguenay ou le lac Saint-Jean, était tortueuse, étroite, de gravier et les nuages de poussière vous succédaient au passage. Ils vous obstruaient la vue et la respiration.

Maintenant, le trajet entre Québec et cette auberge de la réserve des Laurentides est très pittoresque et d'une grande sécurité, grâce à ses voies divisées. Mais aussi par le contrôle des déplacements des orignaux, qui au cours des ans causèrent tellement d'accidents.

Vous pouvez y pêcher dans quelque 25 lacs grouillants de truites.

Pour ce qui est du gîte, des chalets de bois rond, mais luxueux et je me plais à le dire depuis tellement d'années:

-On vous y attend avec tous les services de la grande hôtellerie forestière. Quant à la cuisine, je vous dirais que les repas du soir deviennent des aventures gastronomiques.

Le royaume de la truite mouchetée

De la réserve des Laurentides, où sont situées "Les Portes de l'Enfer", certains ont écrit " aradis de la truite mouchetée", pour d'autres c'était le "Royaume de la truite mouchetée", dans mon cas, je vous dirai que c'est l'un et l'autre. Je m'y rendais ces jours derniers en compagnie d'Élaine Ayotte et Daniel Leboeuf, ces derniers tous deux de la SEPAQ, ainsi qu'André Bellemarre du Soleil de Québec et Roger Blackburn, du Quotidien et François Bouchet, éditeur. Tous ces pêcheurs du groupe ont réussi à rapporter aisément les limites de truites qui sont permises par la loi.

Pour ma part, pêchant en compagnie de Daniel Leboeuf, j'essayai à nouveau ma petite cuillère ondulante EGB Blinker de couleur or. Celle-là même avec laquelle j'obtenais tellement de succès dans la réserve du Saint-Maurice. J'y croyais dur comme fer, mais cette fois-ci, caprices de truites, ces dernières refusaient obstinément de répondre à mes offrandes: récupérations rapides, lentes, sporadiques...rien n'y faisait.

Quant à mon copain, il avait beau lancer des mouches mouillées, par la suite des sèches, qu'il faisait danser sur l'eau, imitant les milliers d'éphémères, qui venaient en surface, pour y sautiller et prendre vol, les poissons ne venaient même pas se montrer le bout du nez sur le dessus de l'eau. Autres résultats complètement nuls.

Ce fût le temps des réflexions. Après tout, si plusieurs nous disent "pêcheurs professionnels", ce que je n'ai jamais voulu croire, pas plus que Daniel, même s'il fût rédacteur en chef de la plus grande revue de pêche au Québec et qu'à mon âge, j'en ai vu d'autres. La différence, la voici: nous avons la chance de pêcher plus fréquemment que les autres. Un point c'est tout! Nous ne sommes pas meilleurs pêcheurs que vous tous qui lisez ces lignes.

Elles se gavaient entre deux eaux

L'eau cristalline permettait à Daniel de dire: "J'ai vu passer plusieurs truites sous sept ou huit pieds de la surface. Elles se gavaient d'éphémères mi-développées, qui remontaient lentement vers la surface."

Nous nous disions donc pourquoi ces poissons se seraient-ils intéressés à ma vulgaire cuillère de métal, ou à cette mouche aux couleurs leur semblant ridicule, que Daniel d'évertuait à leur lancer. Nous trouvions la réponse: elles préféraient ces bestioles mi-développées entre deux eaux et s'en empiffraient.

Il nous fallait des truites, nous attendions des invités et désirions leur offrir une entrée correspondant à la fine cuisine des Portes de l'Enfer, Raymond Desjardins, Jean-Charles Morin, Sylvain Boucher et je m'en voudrais d'oublier mon ami de vieille date Fabien Laberge, qui d'une main de maître dirige les Portes - j'ouvre ici une parenthèse pour vous mentionner qu'en sa compagnie et celle de son épouse, j'ai pêché le saumon avec succès et abattu une chevreuil-trophée, à la plus courte distance qu'il m'est arrivé d'abattre un gibier dans ma vie...ce qui est peu dire!

Revenons à notre sujet: toutes ces bonnes gens nous attendaient pour le festin du soir - il fallait du poisson!

Les mouches de Saint-Sauveur

Daniel, tout comme je le suis, est un " Jos-tout-le-Monde ", notre grand sport, c'est la pêche à la mouche, mais s'il arrive que les truites ne veulent rien savoir des bestioles, nous essayons de les faire succomber. La raison en est simple, nous aimons les retrouver enfarinées, bien dorées pour finir dans le beure fondu d'une poêle de fonte.

Daniel a donc puisé dans son coffret pour en sortir une cuillère laide, comme j'en avais jamais vue. Elle était recouverte d'un papier auto-collant rouge, bleu, argent et j'en oublie...un Picasso déguisé en leurre. Cette merveille d'un musée d'art retenait l'avançon coutumier d'une longueur de 12 à 14 pouces. Mais voilà tout le truc...la "mouche de Saint-Sauveur", ou si vous préférez le lombric était le complément dissimulé dans la tige de l'hameçon - en résumé : nous avons pêché au ver! Je l'ai imité en utilisant une cuillère Ma-Jik aux couleurs invraisemblables, pour obtenir autant de succès.

Nous sommes revenus avec les truites, qu'il fallait pour l'entrée et je vous assure qu'en n'importe quelle occasion vous pourriez répéter l'expérience aux Portes de l'Enfer - tout comme pour concrétiser une telle excursion renseignez-vous à SEPAQ.com (Porte de l'Enfer): http://www.sepaq.com/hebergement/porte_de_lenfer/.

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