mardi, 15 janv. 2013. 19:47

Aucun joueur éligible au Temple de la renommée du baseball n'a été sélectionné à la suite du scrutin dont les résultats ont été annoncés il y a une semaine.

Les raisons invoquées pour interdire l'accès de plusieurs joueurs vedettes concernaient principalement les problèmes de dopage qui ont rongé ce sport, comme plusieurs autres, à une certaine époque.

Il faut se féliciter de ce résultat pour plusieurs raisons. Mais celle qui prime avant tout, c'est d'avoir résisté d'accorder un vote de sympathie à un athlète dans le seul but d'accepter un nouveau membre dans un club sélect, comme cela est tristement devenu l'habitude dans la plupart des sports au cours des dernières années. Comme s'il pleuvait annuellement des Lou Gehrig ou des Hank Aaron.

Comme s'il s'agissait d'une obligation qu'il y ait nécessairement un ou des athlètes « légendaires » à honorer chaque saison. Au baseball, c'était la huitième fois qu'aucun joueur ne franchissait les tourniquets du Temple de la Renommée en tant qu'athlète d'exception. Car c'est bien de cela qu'il s'agit en principe: reconnaître ceux qui ont réellement transformé l'image d'un sport. Sans leur présence, le sport concerné n'aurait pas été le même.

On me passera l'expression, mais on a eu le vote facile pour plusieurs « intronisés » dans plusieurs Temples de la Renommée au cours des 20 dernières années, sinon davantage.
Au golf, et ceci dit sans que ce soit un reproche adressé directement aux athlètes concernés loin de là, Colin Montgomerie et Fred Couples ont été choisis pour la classe de 2013; Phil Mickelson l'a été en 2012; Ernie Els en 2011, Se Ri Pak en 2007, Vijay Singh en 2006 et Kerrie Webb en 2005. Tout ce beau monde joue encore régulièrement.

Pourquoi ne pas annoncer que Tiger Woods est intronisé au Temple de la Renommée du Golf?

Il y figurera assurément à un certain moment, mais peut-on au moins attendre qu'il complète sa carrière avant de l'immortaliser?

Il serait important de redéfinir la raison d'être de ce genre d'institutions et de modifier les critères d'admissibilité. Doivent s'y retrouver athlètes, officiels, administrateurs ou toute autre personne dont la contribution à un sport y aura laissé une empreinte indélébile, au point de modifier la pratique de ce sport.

Les performances, qu'elles aient favorisé une équipe plutôt qu'une autre ou qu'elles aient permis à un ou tel joueur de dominer un classement pendant quelques saisons; ne sont pas obligatoirement les seuls standards requis pour accéder au statut d'athlète d'exception. Il faut aller plus loin dans nos définitions et dans notre recherche de l'excellence.

Trop souvent dans le milieu sportif les termes « historique » ou « légendaire » sont utilisés à outrance. Cela ne fait qu'amoindrir les exploits remarquables réalisés par ceux qui ont établi les bases de la pratique d'un sport et ceux qui l'ont ensuite révolutionné.

Pourquoi cette hâte à vouloir consacrer si rapidement et surtout annuellement des candidats qui, au mieux, ont survolé leur sport pendant quelques saisons. Ce que l'on exige d'un Temple de la renommée, c'est d'y retrouver ceux qui ont écrit la grande histoire d'un sport et non pas seulement quelques pages de certains chapitres.