mercredi, 9 mai 2012. 16:14

WrestleReunion à Toronto, le premier du genre au nord du 49e paralèle, a donné des sueurs froides aux promoteurs de l'événement. Même si ce fut une belle expérience pour tous ceux qui y ont assisté et malgré le fait que le samedi après-midi, on respirait mieux du côté des promoteurs, quelques jours plus tard, Sal Corrente annonçait l'inévitable; il s'agirait du dernier WrestleReunion.

En effet, dans un communiqué daté du 16 avril dernier, le fondateur du WrestleReunion, émettait les commentaires suivants.

« Nous avions dit à tout le monde qu'une décision concernant le futur du WrestleReunion serait prise après l'événement de Toronto. Ce temps est venu et nous avons malheureusement décidé de ne pas produire d'autres événements WrestleReunion. »

Il était connu que depuis deux ans, les événements de Los Angeles ne marchaient plus autant et que si celui de Toronto ne connaissait pas le succès espéré, la clé serait mis dans la porte, du moins pour un bon moment.

Le vendredi, la plus petite journée des deux habituellement, a attiré moins de 100 Chrétiens au Double-Tree Hotel de Toronto, tout près de l'aéroport Lester B. Pearson.

Les Q&A, vraiment intéressants
À sa défense, la journée du vendredi n'est accessible que par les détenteurs de billets VIP. Ces derniers ont le privilège d'assister à des Q&A avec certaines anciennes vedettes.

Le premier à se prêter à cette période de questions où tous les fans s'improvisent journalistes d'un jour fut Bill Apter, l'ancien gourou des magazines de lutte qui dans les années 70 et 80, étaient considérés comme la référence en matière de lutte. Maintenant, l'Internet, la mort du Kayfabe et la vitesse à laquelle l'information voyage a mis les magazines comme le Pro Wrestling Illustrated, Inside Wrestling et The Wrestler sur une tablette, et non pas au sens propre du terme.

Bill Apter et de « fausses » citations
Comme le dit Apter lui-même, les magazines étaient « l'Internet avant l'Internet! ».

Alors aux commandes de la NCW, Bertrand Hébert, co-auteur de Mad Dogs, Midgets and Screw Jobs, était directement appelé à communiquer avec Apter lui-même. Au lieu de lui envoyer un courriel, un Facebook ou un texto comme on le ferait aujourd'hui, Hébert utilisait la bonne vieille invention d'Alexander Graham Bell.

« Chaque lundi matin ou presque, j'appelais Bill Apter pour lui donner les résultats de la NCW et lui mentionner les autres événements importants qu'il y avait pu avoir sur le territoire québécois. », racontait Hébert tout au long de la fin de semaine.

Lors de ces questions et réponses (Q&A), Apter a entre autres parlé de sa relation en dents de scie avec la WWF, après que ce dernier ait refusé de devenir éditeur pour le WWF Magazine lorsque celui-ci fit ses débuts (il leur a référé Les Thatcher), du Ultimate Warrior qui est le seul à avoir demandé de l'argent pour faire la page couverture du PWI et que les lutteurs qui se font introniser au WWE HOF vont « remercier Vince jusqu'aux gars qui nettoient les arénas, mais ils ne vont jamais remercier les magazines, mis à part deux gars, Jerry Lawler et Mil Mascaras. »

Ce qui a surtout retenu mon attention, c'est d'apprendre que Vince McMahon Sr avait eu la possibilité de faire l'angle avec Andy Kauffman, mais qu'à la place, il l'a sorti de son vestiaire au Madison Square Garden, parce qu'il n'était pas un insider, comme quoi le paternel était très différent de Junior! C'est Bill Apter lui-même qui a mis Kauffman et Lawler en contact et ça a donné l'angle qu'on connait.

En lien avec le PWI 500, Apter raconte qu'un des éditeurs, Peter Kane, était un gars de business plus que de lutte et qu'il voulait faire un genre de Forbes 500 avec les lutteurs. Les 10 premiers ont été débattus pendant 3 jours, car il fallait que ce soit des lutteurs connus et même si certains lutteurs japonais au début des années 1990 étaient meilleurs que des Nord-Américains, ce n'était pas ceux que les fans du magazine connaissaient.

Finalement, d'apprendre que plusieurs citations de lutteurs dans les magazines ne venaient pas vraiment des lutteurs en question mais bien de ceux qui écrivaient les articles vient confirmer ma théorie selon laquelle aucune forme de spectacle n'est pas déjà prévu à l'avance, à différents niveaux.

Apter racontait que Hulk Hogan lui disait toujours « J'te fais confiance Bill! » Surtout dans ces années, où la lutte n'était pas exposé comme elle l'est aujourd'hui et les articles des revues étaient ni plus ni moins une extension de l'angle ou du storyline, une façon de promouvoir certains lutteurs et certains shows, ces citations pondues de toute pièce par les journalistes devenaient encore plus importantes.

Après Apter, qui fut un personnage fort intéressant à rencontrer tout au long du week-end et en passant, si jamais vous le rencontrez, demandez-lui de vous faire certaines de ses imitations, dont celle de Dusty Rhodes, Jimmy Hart était le prochain à prendre le podium.

Jimmy Hart et les All American Boys
La voix du sud racontait qu'il aurait fait n'importe quoi pour se démarquer des autres, de là les différents jackets peints de différentes couleurs. Connu pour avoir composé plusieurs paroles et musiques de lutteurs, il a aussi avoué que l'une de ses préférées était celle des Rougeau.

Lorsque je lui ai parlé qu'à Montréal, quelqu'un avait repris ce thème d'entrée pour en faire une version avec une p'tit ville au nord de Montréal, Shawinigan, il semblait emballer et trouvait ça vraiment cool.

En effet, dans le temps de la CWA, Guil Reno et The Idol étaient devenus les Shawinigan Boys au lieu d'être les All American Boys. Les paroles étaient signées Philippe Leclair et la voix provenait des cordes vocales de Geneviève Goulet. Si vous ne l'avez jamais entendu, vous avez manqué un classique.

Dans ce que j'ai retenu le plus, il a dit une phrase que je me tue à dire aux différents promoteurs québécois depuis des années. « Tu ne peux payer plus pour un talent que ce qu'il va t'amener. » Mais dans une mentalité où finir la soirée à niveau est considéré comme un succès, c'est plus dur à faire passer j'imagine.

JJ Dillon et le détenu
JJ Dillon et sa toute récente bague du WWE HOF était le suivant. Il a raconté qu'Ole Anderson était encore amer envers Vince McMahon pour expliquer le fait qu'il n'ait pas été choisi dans l'édition des Four Horsemen intronisé. Pour Lex Luger, la raison résulte du fait qu'il était avec Miss Elizabeth lorsque celle-ci est décédée.

Il a raconté une histoire très intéressante où la lutte l'a servi dans son présent métier de tous les jours, soit dans un centre correctionnel.

Un des détenus a voulu se battre avec Dillon. Dillon, calme, l'a regardé et lui a demandé ce qu'il avait à gagner à battre un homme de son âge. Et il a ajouté « Qu'est-ce qui se passerait si jamais je parvenais à avoir le dessus? Tu ne paraîtrais pas trop bien. » Le détenu en question s'est mis à rire et a tout simplement quitté les lieux.

J'espère que certains scripteurs prennent des notes!

Dillon a aussi été très élogieux pour le Canada, principalement les Maritimes, où il a fait ses débuts avec la famille Cormier.

Finalement, le dernier invité pour les Q&A et non le moindre fut Rowdy Roddy Piper.

Roddy Piper, 1$ le sacre
Essayer de décrire en quelques lignes les 90 minutes passées avec Piper serait comme d'essayer de résumer la situation politique en Israël en quelques mots.

Voici cependant quelques sujets et commentaires qu'à émis The Rod One.

« Je ne suis pas supposé dire un mot sur le Legends House, alors je vais tout vous raconter!! », a-t-il dit à peine arrivé depuis quelques minutes. « Je suis tellement clean ces temps-ci, c'est ridicule, maudit que les bonnes années me manquent! », enchaîna-t-il. Puis, il a raconté une panoplie d'histoires, allant de s'être fait passer pour son jumeau pour éviter de se faire battre, à une histoire avec Mr. T, puis une autre avec Vince et Savage, tout ça entremêlé de quelques sacres, dont il regrettait avoir dit à chaque fois.

Étant donné la présence d'une femme dans l'assistance, il n'était pas fier de lui de sacrer comme il le faisait et après avoir pensé tout haut ce qu'il voulait dire tout bas et d'avoir dit que la femme en question était une traînée, il s'est excusé et a dit qu'il lui donnerait 1$ à chaque fois qu'il sacrerait jusqu'à la fin de la séance. À peine 20 minutes plus tard, il lui remettait un billet de 5$!

La journée de vendredi venait à termes avec un gala de lutte présenté par Evolve, la promotion sœur de Dragon Gate USA et scripté par l'ancien scripteur de ROH, Gabe Sapolsky.

Evolve, trois Québécois se démarquent
Le pre-show était présenté par une promotion de l'Ontario et le meilleur match de cette partie fut sans équivoque celui entre Michael Elgin et Scotty O'Shea, deux talents que l'on peut voir régulièrement pour C*4 à Ottawa.

Pour le show principal comme tel, les Super Smash Bros. ont continué de faire belle figure à l'extérieur du Québec avec une excellente performance face à Jake Manning et Drew Gulak. Low Ki et le Québécois El Generico ont fait un superbe combat, deuxième meilleur combat du gala et facilement un match 4 étoiles. La finale opposant Fit Finlay et Sami Callihan fut le match de la soirée, dans un match complètement différent du précédent.

El Generico a vendu sa cheville à la toute fin du combat, mais il ne s'agissait que d'un work, il n'était aucunement blessé.

Le samedi, LA grosse journée
Le samedi est toujours la journée la plus occupé, car l'événement est ouvert à tous. Nul besoin d'acheter un billet VIP. Les vendeurs de photos, DVD, vieux magazines, figurines et de livres ont alors accès à un plus grand bassin d'acheteurs.

Les fans peuvent acheter des tickets séparément pour ainsi obtenir le souvenir de leur choix. Des séances de photos sont également disponibles avec certaines vedettes, comme par exemple, Roddy Piper dans son décor du Piper's Pit.

Certaines des anciennes vedettes présentes n'étaient pas le fruit des organisateurs mais bien celui de certains vendeurs présents. Le même procédé se fait dans les conventions de cartes sportives ou dans les Comic-Con. Un des vendeurs paye pour faire venir une vedette et souhaite rentabiliser son investissement en vendant assez d'autographes ou de photos. Si c'est moins occupé, il va lui faire signer des photos qu'il va pouvoir vendre par la suite pour récupérer une partie de l'argent. Ce fut d'ailleurs le cas avec le Honky Tonk Man. D'autres vedettes provenant des vendeurs incluaient Maria, DDP, Roddy Piper et Nikita Koloff pour n'en nommer que quelques unes.

Puis en après-midi, c'est le moment tant attendu, l'accès à la chambre des VIP, alors que pendant trois heures, les fans qui auront payé à l'avance se promènent dans une des salles de convention de l'endroit et à tour de rôle, rencontrent leur vedettes préférées.

Le staff de SLAM! Wrestling donnait un coup de main pour ces 3 heures et puisque j'en fais aussi partie, j'ai également mis la main à la pâte.

Mon rôle? Assez simple.

Être l'accompagnateur de Jimmy Hart. Je devais donc prendre les tickets, poinçonner les cartes VIP, prendre les photos pour les fans qui n'avaient personne à qui demander et m'assurer que personne ne demande deux autographes s'il n'avait payé que pour un.

Certains old-timers adorent vraiment rencontrer les fans
Cette expérience m'a permis de réaliser deux choses.

Jimmy Hart adore les fans et ce n'est pas de la frime. Si ce n'était que de lui, il aurait signé 5 items par personne même s'il n'avait pas payé pour. Ce que le fan veut, Jimmy était prêt à lui donner.

L'autre constat est que Jimmy a beaucoup de respect pour ses fans et faire ce genre d'événement ne la fatigue pas du tout. Il est resté debout pendant les trois heures, sans pause, sans même boire une gorgée d'eau. Lorsque je lui ai demandé pourquoi il ne s'assoyait pas, il m'a simplement répondu qu'il trouvait que c'était un manque de respect aux fans que de rester assis, encore plus pour prendre une photo.

Bien entendu, la santé de Jimmy le lui permet, contrairement à un Vader, qui était ennuyé par une blessure à un pied et pour qui il était pénible de rester debout plus que quelques minutes.

Jimmy Hart prenait la peine de parler aux fans, de les écouter s'ils avaient une anecdote, un souvenir le concernant, et croyez-moi, ils en ont pas mal tous un.

« Venant d'un milieu sportif (il était joueur de football), je trouve les fans de lutte très loyaux. 19 ans après ma retraite, les fans viennent encore et partagent des souvenirs que leurs parents ou même grand-parents leurs ont racontés. », me disait Nikita Koloff.

Quels sont les souvenirs qui reviennent le plus souvent?

« Les War Games, le match pour le titre de la NWA contre Ric Flair, des souvenirs avec les Road Warriors et ma série de match 4 de 7 avec Magnum T.A sont ceux que j'entends le plus souvent. », confiait cet Américain d'origine qui n'a jamais eu la chance de travailler à Montréal durant sa carrière.

Pour « Mean » Gene Okerlund, voir d'anciens camarades de travail pèse aussi beaucoup dans la balance de se présenter à ce genre d'événement.

« J'en ai deux fois plus pour mon argent. J'ai la chance de voir des gars avec qui j'ai travaillé à la WWE, à la WCW et à la AWA et en plus, de rencontrer de merveilleux fans. »

Évidemment, « Mean » Gene est un nom bien connu dans l'histoire récente de la lutte professionnelle, ayant été le visage de plusieurs promotions à un moment où la lutte était en pleine expansion.

« J'ai fait mes preuves avec la AWA pendant 12 ans, puis ensuite 10 autres années avec la WWF, sept ans avec la WCW et ça fait déjà 11 ans que je suis revenu dans l'univers de la WWE. »

11 ans déjà? Wow que le temps passe vite.

« J'étais revenu avec l'émission Confidential, qui fut en quelque sorte un précurseur à tous les DVD récapitulatifs qui sont sortis dans les années 2000. », me disait-il. Mis à part les conventions associées à la WWE, il fait environ six conventions par année, comme celle-ci à Toronto.

Du côté des VIP, malgré la présence des Jimmy Hart, JJ Dillon, Rhino, Vader, Scott Steiner, Harry Smith, « Mean » Gene et Howard Finkel, les plus populaires étaient sans équivoque Bruno Sammartino et Strike Force, les anciens champions par équipe de la WWE, Tito Santana et Rick Martel. Les lignes ne finissaient plus de leur côté.

En plus d'être la dernière convention du genre pour Martel, Sammartino en est lui aussi à ses derniers miles, alors qu'il désire en faire encore, mais uniquement dans son patelin de Pittsburgh. Mais Toronto était spécial pour lui car c'est le promoteur Frank Tunney qui lui avait donné la chance de se faire valoir dans les années où aucun autre promoteur, principalement Vince Sr à New York, ne voulait l'utiliser. Sans Toronto, il n'aurait pas eu la carrière qu'il a eue.

LuFisto vs Kalamity ont pris Toronto d'assaut, Montreal style!
Le samedi soir, il s'agissait du gros show de lutte. Si celui de la veille n'avait attiré qu'environ 160 fans, celui-ci a attiré environ le double.

C'était l'occasion pour plusieurs de voir lutter certaines de leurs anciennes idoles une dernière fois.

Les Tito Santana, Vader, Shane Douglas et Dominic Denucci y ont tous lutté. Roddy Piper, « Mean » Gene, Howard Finkel, Honky Tonk Man, Rick Martel, Bruno Sammartino, JJ Dillon et Jimmy Hart y ont tous participé d'une façon ou d'une autre.

Malgré une finale qui à une autre époque aurait fait des ravages, soit Tommy Dreamer & Rhino face à CW Anderson & Raven, quatre autres matchs ont retenu mon attention.

Les Super Smash Bros ont battu Adam Page & Asylum, Jake Manning & Grizzly Redwood, Caleb Konley & Rhett Titus dans un 4-way par équipe et si ça n'avait pas été de l'extraordinaire prestation des deux Québécois, principalement dans les dernières minutes du combat, celui-ci aurait eu une chance d'être nommé le pire match de la soirée.

Le premier match de la soirée en fut tout un, alors qu'El Generico faisait face à Michael Elgin. Loin d'être le match que Generico avait eu avec Low Ki la veille, le match fut quand même excellent, alors qu'ils en ont assez donné pour que les fans s'en souviennent, mais pas trop pour bruler le reste de la carte. Mais ce match aurait pu être la finale de 95% des shows indy que j'ai vu dans les deux dernières années. Elgin se devait d'être premier match car il avait un autre booking à Toronto le soir même.

La semi-finale s'est avérée être le match de la soirée, alors que Jushin « Thunder » Liger affrontait Roderick Strong. C'est d'ailleurs Strong lui-même qui a insisté auprès de ROH pour participer à ce match. Liger est une légende au Japon, l'un des meilleurs cruiserweight de tous les temps et également l'un des meilleurs lutteurs de tous les temps. J'ai d'ailleurs réalisé après ce match que sans avoir été au Japon, j'ai eu la chance de voir live trois légendes de Puroresu (lutte en japonais), soit Kenta Kobashi, Mitsuharu Misawa et Liger, sans compter plusieurs de la nouvelle génération tels que Takeshi Morishima, Go Shiozaki, KENTA et Naomichi Marufuji.

Malgré ces deux excellents matchs, mon coup de cœur est allé à deux Québécoises, qui avaient la dure tâche d'être le seul match féminin de la soirée, de précéder Strong et Liger et par-dessus tout, de suivre le pire match du week-end, celui opposant Denucci et son élève Shane Douglas face à Lord Zoltan et Shawn Blanchard.

Vous vous en douterez, ces deux Québécoises étaient LuFisto et Kalamity.

C'est pour vous dire à quel point la promotion NCW Femmes Fatales a une réputation béton à l'extérieur des frontières du Québec.

LuFisto et Kalamity ont lutté l'une contre l'autre à trois reprises l'an dernier et leurs trois combats auraient pu avoir une chance d'être nommé match de l'année au Québec.

Une pluie de commentaires positifs
Sans gêne, j'affirme que celui du WrestleReunion leur était supérieur. Elles se sont données à 200%, se sont « tapées sur la gueule » comme elles en sont capable et si Kalamity était peu connue avant ce combat et même si LuFisto l'était un peu plus, les deux en sont sortis grandies, les commentaires positifs pleuvant de tous côtés après leur match.

En voici d'ailleurs quelques uns que j'ai personnellement recueillis.

Arda Ocal, The Score: « Le match était excellent. Je suis un gros fan de LuFisto, avant même aujourd'hui. »

Fit Finlay, qui s'occupait de la division féminine de la WWE : « Elles auraient pu vendre un peu plus, mais l'exécution était parfaite. »

Gabe Sapolsky, booker de DG USA et Evolve: « C'était un match formidable! »

Greg Oliver, éditeur de SLAM! Wrestling : « J'ai adoré le match et le plus important, les fans aussi! »

Mike Johnson, journaliste du PW Insider: « C'était très bon. Elles travaillent vraiment solides. »

Rick McLean, éditeur de northstarz.ca : « J'ai écrit sur Twitter qu'il s'agissait du meilleur match à date. C'était époustouflant! Même la famille Hart (Smith et son garçon Mike) se demandaient qui elles étaient tellement ils les trouvaient bonnes. »

Bill Apter, ancien gourou des magazines : « Ce match était incroyable! »

Même qu'après le show, Apter est venu s'entretenir avec les deux jeunes femmes pour leur dire à quel point il avait apprécié leur travail.

Mais de tous les commentaires, un a retenu mon attention et il ne venait pas d'un connaisseur.

Après leur combat, les deux lutteuses sont revenues derrière leurs tables de marchandise et c'est alors que de nombreux fans sont venus témoigner de leur appréciation du combat. J'ai déjà vu des fans venir voir des lutteurs pour leur dire à quel point ils avaient aimé un combat, mais de cette façon, jamais.

Entre 20 et 30 fans, minimum, ont prit la peine de le faire, ce qui est quand même près de 10% de la foule, un chiffre énorme, je pense.

Et l'un d'eux a dit : « Quel excellent match auquel je ne m'attendais pas! »

Car effectivement, la lutte féminine a encore l'étiquette d'être des tireuses de cheveux, des tapeuses de tapis et des coups mous sans réelles convictions. Les fans écoutent Raw, Smackdown, Impact et pensent que toutes les lutteuses sont ainsi.

Il m'a été confirmé que la lutteuse de la TNA Brooke Tessmacher avait été impressionnée de la solidité avec laquelle les deux s'étaient battues.

LuFisto et Kalamity en ont impressionné plus d'un et c'est tout à leur honneur. Si des tabous peuvent être brisés à cause de ce match, c'est encore mieux.

À la gauche de la légende vivante
Habituellement, il ne se passe rien le dimanche lors des WrestleReunion, mais Greg Oliver avait eu la bonne idée de faire un autre Titans in Toronto. Il s'agit d'un repas avec d'anciens lutteurs et les profits vont pour le Pro Wrestling Hall of Fame à Amsterdam, New York. Si d'habitude il s'agit d'un souper, cette fois-ci c'était sous la forme d'un brunch que plusieurs fans avaient la chance de s'asseoir à la même table que plusieurs légendes et de discuter avec eux.

J'ai eu l'honneur d'être assis à la gauche de Bruno Sammartino, probablement la meilleure place de tout le repas.

Dans une ambiance conviviale, les gens parlent entre eux, parlent de leur expérience et de leurs souvenirs, sans être pressés par le temps.

Dans ce qui est sûrement l'une des bonnes anecdotes de la fin de semaine, un ancien lutteur Canadien, qui a surtout lutté dans les Maritimes, mais qui a été relativement connu dans les années 60 et 70, « Wolfman » Willie Farkus est venu jaser à Bruno Sammartino.

Je vous décris donc la scène.

Dominic Denucci est assis à la droite de Bruno et je suis à sa gauche. Farkus vient parler à Bruno et s'installe entre Denucci et Bruno. Pendant 3 ou 4 minutes (dans ce qui a semblé être 15!), Farkus parle à Bruno de je ne sais pas trop quoi, car bien franchement, je n'arrive pas à comprendre un mot du vétéran. Bruno, qui semble bien le comprendre, lui répond et pas uniquement avec des signes de têtes ou des « oui » qui ne veulent rien dire. Il lui répond avec des phrases complètes que je suis capable de comprendre bien évidemment. Et je me dis, « Ah, c'était ça la question de Willie? Eh ben! ».

J'en viens même à me dire que mon anglais est du pour un perfectionnement, car je ne comprends toujours pas Willie.

Après ces interminables 4 minutes, Willie quitte les prémisses de notre table.

C'est alors que Bruno se tourne vers Denucci et lui :

« Je n'ai pas compris un ostie de mot de c'qu'il a dit! »

Je me suis complètement esclaffé! Bruno s'est alors tourné vers moi et j'ai senti le besoin de me justifier avec un « moi, non plus je ne le comprenais pas et je me demandais comment vous étiez capable de lui répondre! » On a tous bien ri.

La fin des WrestleReunion?
C'est ce genre de moment qu'un fan, qu'un journaliste en herbe peut vivre lors d'un WrestleReunion.

Malheureusement, le concept a été abandonné.

Mais pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'y aller et qui se disent qu'ils auraient du, ne désespérez pas.

En effet, le commanditaire majeur du WrestleReunion depuis le premier à Los Angeles, le site Web Highspots.com, n'a pas dit son dernier mot.

J'ai appris que l'alliance entre le fondateur Sal Corrente et Highspots.com n'allait plus, alors que Sal ne semblait plus être capable de subvenir aux besoins de ce genre d'événement.

De ce qu'on entendait au cours du week-end, des lutteurs n'auraient pas été satisfaits de leur entente, certains disaient même que certaines ententes n'avaient pas été respectées. D'autres mentionnaient le manque de publicité dans la région de Toronto, alors que certains fans qui se sont présentés le samedi ne l'avait su que quelques heures auparavant.

Les reins de Highspots étant plus solides, il est presque assuré qu'un autre événement du genre aura lieu lors du week-end de WrestleMania dans la région de New York/New Jersey, mais sous un autre nom puisque Sal détient les droits du WrestleReunion.

Pour ce qui est de Toronto?

Selon les personnes à qui j'ai parlé, il n'est pas impossible qu'un retour ait lieu. Mais d'ici à WrestleMania, aucun événement n'aura lieu et j'imagine que le futur de Highspots dans ce genre d'activités sera influencé par le succès ou non de celui du mois d'avril 2013.

Et Montréal dans tout ça?
En terminant, quelqu'un m'a demandé lors de ce week-end si Montréal pouvait attirer avec un événement du genre.

Il m'est difficile d'y répondre car ça n'a jamais été fait et je n'ai rien sur quoi me baser.

Mais définitivement, il faudrait beaucoup de publicité, il faudrait que tous les acteurs importants du territoire québécois encore de ce monde soient présents et nécessairement, beaucoup d'argent.

C'est certainement faisable.

Serait-ce rentable?

Là est la question. Je ne suis pas prêt à dire que c'est impossible de rentabiliser ce genre d'événement, mais ça serait l'histoire d'un soir et si jamais telle réunion avait lieu, il ne faut pas manquer son coup, il faut frapper un coup de circuit dès la première balle, car il n'y aurait pas une deuxième chance de se reprendre.

Je serais certes intéressé à travailler sur ce projet, d'autant plus que j'avais été approché il y a quelques années pour le faire, mais le livre prenant toute la place, j'avais du décliner et le projet est mort dans l'œuf.

Ce n'était que le début d'une belle semaine
En attendant, si Toronto fut une fin de semaine tout à fait splendide, j'ai découvert quelque chose d'encore plus grand. En quittant Toronto le dimanche soir, je me dirigeais vers Las Vegas.

Non pas pour les casinos, non pas pour le Cirque du Soleil ou Céline Dion et non pas pour l'alcool et les clubs.

Mais bien pour le Cauliflower Alley Club.

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