Par Daniel Papillon - De 1949 à 1955, les Braves de Québec furent l'équipe qui représenta la Vieille Capitale dans le baseball professionnel. D'abord membre de la ligue Canado-Américaine (1949-50) puis de la ligue Provinciale (1951-55) l'équipe connaît un succès fulgurant durant cette période. Pourtant, rien ne laissait présager un tel succès; la formation québécoise sortait d'une série de 3 saisons où elle avait croupi au dernier rang de la ligue Canado-Américaine.
M. Ulysse Ste-Marie, propriétaire de l'équipe, décida, au terme de la saison 1948, que son équipe avait connu assez d'insuccès. Il changea en premier lieu le nom des Alouettes par celui des Braves. Il mit fin également à son association avec les Giants de New York. Il faut dire que l'organisation new-yorkaise n'était pas très généreuse dans l'envoi de joueurs de talent à Québec. Redevenus indépendants, les Braves changent de philosophie. Ste-Marie veut du succès et ce, rapidement.
Plusieurs vétérans des ligues mineures et quelques uns des ligues majeures sont embauchés. Ça commence par un nouvel entraîneur, Frank McCormick. Ce dernier eut une carrière des plus intéressantes dans la ligue Nationale, principalement avec les Reds de Cincinnati. Il joua dans plus de 1 500 parties, maintenant une moyenne au bâton de .299. En 1940, il fut choisi le joueur le plus utile à son équipe et participa également à 9 reprises aux matchs des étoiles comme joueur de premier but.
Sous la tutelle de McCormick, les Braves remportent 90 victoires en 1949, soit 34 de plus que la saison précédente. Ils sont également couronnés champions de la ligue Canado-Américaine, ne subissant aucune défaite lors de leurs 8 parties éliminatoires.
L'ère McCormick est de courte durée. Il quitte après une saison et cède sa place à George McQuinn, un autre vétéran premier-but des ligues majeures qui s'est illustré principalement avec les Browns de St-Louis et les Yankees de New York. Sous la gouverne de McQuinn, les succès s'accumulent. Les Braves sont à nouveau champions de la ligue en 1950. Pendant la saison morte, une entente intervient entre la ligue Provinciale et la ligue Canado-Américaine, ainsi, Trois-Rivières et Québec passent à la ligue Provinciale. Des raisons économiques, principalement les coûts de transport, motivent ce transfert.
En 1951, les Braves atteignent la finale, mais perdent aux mains des Athlétiques de Sherbrooke. L'année suivante, l'équipe de McQuinn redevient championne, réussissant à remporter 4 championnats consécutifs.
Avant le début de la saison 1951, les Braves de Québec sont vendus au Dr. J. Armand Bellemare. C'est aussi le début d'une association avec les Braves de Boston (qui déménageront en 1953 à Milwaukee). Ces derniers viendront jouer des parties d'exhibition à 2 reprises à Québec (15 juillet 1953 et 31 mai 1955). Ainsi, les amateurs de Québec pourront apprécier les Aaron, Spahn, Sain, Mathews, etc., mais aussi les Fandozzi, McCardell, Lawing, Elko, Shelter, Maranda et compagnie.
Les Braves auront existé pendant 7 ans. Ils furent champions 6 fois accumulant 562 victoires contre seulement 346 défaites, jouant ainsi pour une moyenne de .619. L'équipe connut du succès également au guichet, attirant durant cette période 838 550 personnes, pour une moyenne de près de 120 000 spectateurs par année. À chaque saison, Québec a dominé sa ligue au chapitre des assistances.
Au cours de cette période les Braves n'auront eu qu'un seul directeur gérant (gérant d'affaires comme on l'appelait à l'époque) soit M. René Lemyre. Il fut l'âme derrière les succès de l'équipe. Il multiplia les efforts pour divertir les amateurs de Québec en faisant venir entre autres, les Braves de Milwaukee, les Harlem Globe Trotters et Satchel Paige, 4 équipes des Negro Leagues, Max Patkin, Jackie Price et les Royaux de Montréal.
Ce fut, sans contredit, la période la plus glorieuse du baseball professionnel à Québec.
La dynastie des Braves de Québec
jeudi, 4 sept. 2008. 09:17
