RDS.ca mercredi, 5 oct. 2011. 20:46

Quatre coupes Stanley, trois trophées Conn Smythe, trois trophées Vézina, il a vu son chandail retiré dans trois villes en plus d'être membre du Temple de la Renommée du hockey, Patrick Roy collectionne les honneurs.

Contrairement à Mario Lemieux l'an dernier, Roy a pris le temps de se déplacer afin d'accepter celui-ci, et ce, le jour de son anniversaire de naissance.

"C'est sûr que je suis très touché. Ce que j'aime quand ces évènements arrivent, ça me permet de prendre une pause et de regarder mon cheminement de carrière. Avec cet évènement, j'ai réalisé que plus jeune, j'ai dû persévérer pour réussir", a indiqué l'actuel entraîneur des Renparts de Québec.

Roy était accompagné, entre autres, du patineur de vitesse courte piste, Éric Bédard. Le quadruple médaillé olympique était évidemment très touché par cet honneur.

"Ils avaient le choix. Il y a une multitude de sports d'été et d'hiver au Panthéon du Sport du Québec. Peu sont honorés chaque année. Ça fait un velours et ça me donne des frissons", a quant à lui affirmé Bédard.

Si Roy et Bédard ont persévéré pour atteindre leurs buts; de la persévérance, il en faut pour connaître une carrière de 18 ans en haltérophilie lorsqu'on est une femme. C'est ce qu'a accompli Maryse Turcotte. Celle qui a terminé quatrième aux Jeux olympiques de Sydney en 2000 ne s'attendait pas à être honorée.

"Pour moi, c'est probablement le plus grand honneur sportif que l'on peut avoir au Québec. C'est aussi une belle reconnaissance du public. J'étais vraiment surprise de recevoir cet honneur", a souligné l'ancienne haltérophile.

Les trois autres élus sont Walter Sieber à titre de grand bâtisseur, Denis Boucher, ex-lanceur des Expos et des Blue Jays, ainsi que Bill Wennington, ancien joueur de la NBA. Monsieur Wennington est peut-être le plus méconnu des Québécois, mais sachez que ce Montréalais d'origine a fait partie des Bulls de Chicago avec lesquels il a gagné deux titres de la NBA au milieu des années 1990.

Éric Bédard (patinage de vitesse courte piste)

Sachant que le Canada étant une puissance mondiale du patinage de vitesse courte piste, ceux qui réussissent à se tailler une place dans l'équipe nationale sont assurément parmi les meilleurs au monde. Et c'est ce qu'a démontré Éric Bédard de 1995 à 2006. Présent aux Jeux de Nagano, Salt Lake City et Turin, Éric Bédard a récolté un impressionnant total de quatre médailles olympiques, soit deux d'or (relais Nagano et Salt Lake City), une d'argent (relais Turin) et une de bronze (1000 m Nagano).

Surnommé L'Orgueil de Sainte-Thècle par l'annonceur maison lors de ses nombreuses compétitions en sol québécois, Éric Bédard a aussi connu des succès aux Championnats du monde et en Coupes du monde, où il a récolté de nombreuses médailles. À cet éloquent palmarès, s'ajoute cinq titres mondiaux aux Championnats du monde par équipe.

Signe qu'Éric Bédard a son sport dans le sang, il est aujourd'hui directeur technique de l'équipe nationale italienne. Cela ne l'empêche toutefois pas de revenir fréquemment au Québec, où il guide de jeunes patineurs, en plus de donner des cours de power skating.

« Ma plus grande fierté est d'être revenu d'une blessure à un muscle fessier en 2004. J'ai pu refaire ma place dans l'équipe nationale et ensuite participer à des finales aux Jeux olympiques de Turin. C'était dur de se classer dans les cinq meilleurs au Canada, mais une fois que c'était fait, tout le monde s'entraidait. Sans le dire ouvertement, nous voulions conquérir le monde et une fois aux Jeux, aucun des gars n'était stressé. Nous étions en contrôle », explique-t-il, ajoutant qu'en tant qu'entraîneur, il met beaucoup l'accent sur le travail d'équipe auprès de ses protégés.

Denis Boucher (Baseball)

Originaire de Lachine, Denis Boucher a signé son premier contrat professionnel avec les Blue Jays de Toronto en 1987. C'est toutefois sa première apparition au monticule du Stade olympique dans l'uniforme des Expos qui a marqué sa carrière. Le 6 septembre 1993, devant plus de 40 000 spectateurs, Denis Boucher a lancé six manches pour mener son équipe à une victoire de 4-3 contre les Rockies du Colorado. Après sa carrière professionnelle, l'artilleur gaucher a fait partie du personnel d'entraîneurs de l'équipe olympique canadienne de baseball aux Jeux d'Athènes et de Pékin.

« Le baseball m'a fait connaître la vie à un très jeune âge. J'ai participé aux Jeux panaméricains comme joueur et j'ai raté de peu une participation olympique à titre de joueur, car je venais tout juste de signer un contrat professionnel. Que ce soit d'être un joueur ou un entraîneur, le plaisir d'être sur un terrain de baseball demeure le même », a soutenu celui qui, au lendemain de son intronisation, a mis le cap sur le Panama afin de rejoindre l'équipe canadienne qui participe à la Coupe du monde.

Père de quatre enfants, Denis Boucher continue de partager sa passion du baseball dans la région du Lac Saint-Louis en plus d'être dépisteur au Canada pour les Yankees de New York. Denis Boucher est le troisième joueur de baseball après Claude Raymond, Jean-Pierre Roy et Ron Piché, à être intronisé au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec.

Patrick Roy (hockey)

Patrick Roy est un joueur qui a transcendé son sport et il n'aura pas attendu longtemps avant de laisser sa marque. Dès sa première de 19 saisons dans la LNH, en 1985-86, le gardien de but âgé de seulement 20 ans a permis aux Canadiens de Montréal de remporter la Coupe Stanley. Du même coup, il est devenu le plus jeune joueur à mériter le Trophée Conn Smythe, remis au joueur le plus utile des séries éliminatoires. En 1993, Patrick Roy soulève à nouveau la précieuse Coupe dans l'uniforme du tricolore, notamment grâce à une série de dix victoires consécutives en prolongation. Il ajoutera deux autres bagues de la Coupe Stanley à sa collection en 1996 et 2001, alors qu'il porte les couleurs de l'Avalanche du Colorado.

Reconnu pour exceller sous pression, Patrick Roy est le précurseur du style papillon qu'il a peaufiné avec François Allaire. Dans sa carrière, le gardien a gagné trois trophées Vézina, remis au meilleur gardien, et cinq trophées Jennings, décerné au gardien qui a accordé le moins de buts en saison régulière. En 1029 matchs, il a signé 551 victoires, dont 66 jeux blancs, avec une moyenne de buts alloués par match de 2,54.

« Cette remise de prix me permet de remettre en perspective ce que j'ai fait dans ma carrière. C'est là que l'on réalise à quel point la ligne est mince entre ceux qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas. Dans mon cas, ce qui a fait la différence, c'est ma persévérance, a commenté l'ancien numéro 33. J'ai aussi été un passionné et cela m'a aidé à faire les sacrifices et les efforts nécessaires pour jouer dans la Ligue nationale. Au moment des séries éliminatoires, j'avais plus de facilité à me concentrer. Par contre, je dois ajouter que j'ai joué pour deux très grandes organisations et j'ai eu des coéquipiers extraordinaires qui m'ont permis de vivre ces moments-là. »

Patrick Roy est aujourd'hui entraîneur-chef, directeur-gérant et copropriétaire des Remparts de Québec de la LHJMQ, formation avec laquelle il a remporté la coupe Memorial en 2006.

Maryse Turcotte (haltérophilie)

Sport traditionnellement masculin, l'haltérophilie peut se compter privilégiée d'avoir pu compter sur Maryse Turcotte pour paver la voie aux athlètes féminines. En 15 ans de carrière, l'athlète originaire de Sherbrooke a excellé, tant en compétition que sur les bancs d'école. À deux occasions en compétition, Maryse Turcotte a réussi à soulever plus du double de son poids à l'épaulé-jeté, soit aux Championnats du monde de Vancouver (2003) et aux Jeux olympiques d'Athènes (2004). En 2000, alors que les haltérophiles féminines ont fait leur entrée aux Jeux olympiques, Maryse Turcotte a décroché une respectable quatrième place. À ce palmarès, ajoutons deux médailles aux Championnats du monde et des médailles d'or aux Jeux du Commonwealth et aux Championnats panaméricains.

« J'ai été surprise et même gênée de ma nomination, sauf qu'en y pensant bien, je trouve que j'ai ma place, », a commenté Maryse Turcotte avec la modestie qu'on lui connaît. « Mes meilleurs souvenirs sont mes participations à des camps d'entraînements. Les conditions n'étaient pas très luxueuses et nous écoutions la musique du film Rocky, sauf que l'ambiance était très bonne. Nous vivions un très bel esprit d'équipe. »

L'étudiante en médecine à l'Université Laval qui fait présentement sa résidence en psychiatrie retrouve la même adrénaline dans son travail que lorsqu'elle était en compétition. « Lorsque je fais des gardes à l'urgence, il arrive qu'il y ait des moments intenses. Améliorer l'état d'un patient, c'est un peu comme une victoire et le défi de se dépasser est toujours présent. Le sport m'a appris à rester calme et à maîtriser mes émotions. »

Bill Wennington (basketball)

Peu de sportifs peuvent se vanter d'avoir joué avec le meilleur joueur de l'histoire de leur sport. C'est ce qu'a fait Bill Wennington, alors qu'il a côtoyé Michael Jordan au sein des Bulls de Chicago de 1993 à 2000. Avant d'être recruté par les Mavericks de Dallas en première ronde du repêchage annuel de la NBA, Bill Wennington a joué pour l'Université St. John's (État de New York), où il a accédé au prestigieux Final Four en 1985.

En plus des Bulls et des Mavericks, le colosse de 7 pieds a également porté les couleurs des Kings de Sacramento et du club professionnel de Bologne, en Italie. De nos jours, Bill Wennington est commentateur à la radio pour les matchs des Bulls de Chicago à la station ESPN 1000.

« Mon plus beau souvenir est notre premier championnat de la NBA remporté avec les Bulls. C'est incroyable qu'un joueur de basketball soit reconnu au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec. C'est à Montréal que j'ai fait mes débuts, où j'ai travaillé fort, et où j'ai appris à aimer ce sport à l'école secondaire de Beaconsfield. »

Walter Sieber (grand bâtisseur)

Qui dit olympisme au Québec, dit Walter Sieber. M. Sieber a lancé sa carrière de conseiller sportif à l'aube des Jeux olympiques de Montréal. Depuis ce temps, il n'a cessé d'ajouter des postes importants à son C.V. : représentant au conseil d'administration des Jeux d'hiver à Calgary (1988) et aux Jeux olympiques et paralympiques de Vancouver (2010), vice-président électif du Comité olympique canadien (1985-2009), vice-président Sports des candidatures olympiques de Toronto (1996 et 2008) et de Québec (2002), ainsi que chef de mission du Canada aux Jeux d'Albertville (1992).

L'autre passion de Walter Sieber est le soccer. Depuis plus de 25 ans déjà, il agit à titre de coordonnateur et conseiller à la Fédération internationale de football association (FIFA).

À l'heure actuelle, Walter Sieber est membre de la commission du programme olympique au Comité international olympique. « C'est plaisant de savoir que l'on peut avoir une influence sur le sport au niveau mondial, ça fait plaisir, car en bout de ligne, on fait ça pour la jeunesse. Nous voulons avoir un programme attrayant pour les jeunes, ce qui aura comme conséquence qu'un plus grand nombre d'entre eux seront plus actifs. C'est ça qui fait plaisir. Ma nomination est une surprise, car si je fais ce travail, ce n'est pas pour rechercher les honneurs », a conclu celui qui a tenu à remercier ses collègues du Comité organisateur des Jeux olympiques de Montréal qui ont lancé sa carrière à l'échelle internationale.