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Maurice Richard
Maurice Richard
Les enfants du Rocket auraient souhaité éviter le gigantisme

28 mai 2000

MONTRÉAL — Fidèles à la simplicité de leur père, les enfants de Maurice Richard auraient souhaité éviter le gigantisme pour les funérailles du célèbre numéro 9 du Canadien. Mais ils comprennent que le public, qui n'a cessé de vouer une admiration sans borne au Rocket, est en droit d'être associé aux cérémonies entourant son décès.

"Dans un premier temps, la famille souhaitait que tout se déroule dans la simplicité", a déclaré Maurice Richard fils qui était accompagné de son frère Normand, dimanche après-midi, lors du point de presse organisé par le Canadien pour dévoiler les détails des funérailles.

"Sauf que nous sommes bien conscients que mon père avait une autre grande famille, le public. Nous ne pouvions faire autrement que de partager notre deuil avec le public."

"Papa était bien aimé de tout le monde, mais ça devient pas mal gros", a ajouté Normand Richard.

Peu après l'annonce du décès de Maurice Richard, samedi à 17h40, le Canadien a contacté la famille pour lui proposer son aide.

"Nous avons été approchés par le Canadien qui nous a offert son appui à 100 pour cent, a poursuivi Maurice fils. Ils nous ont dit que l'équipe était disposée à tout faire pour nous faciliter la tâche. Et c'est ce qui s'est produit.

"Nous avons fait part de nos volontés et elles ont toutes été entièrement satisfaites."

Honorés de l'offre de Bouchard

Bien entendu, les sept enfants de Maurice Richard s'attendaient à ce que le décès de leur père prenne d'énormes proportions, mais ils se sont dit honorés de l'offre du gouvernement de tenir des funérailles d'Etat.

"La famille est heureuse et honorée pour notre père", a noté Normand Richard.

Si la dépouille de Maurice Richard sera exposée en chapelle ardente, demain au Centre Molson, la famille a préféré que les obsèques se tiennent à la basilique Notre-Dame plutôt qu'au domicile du Canadien.

"C'est une décision que nous avons prise d'un commun accord en famille pour différentes raisons, a précisé Maurice fils. D'abord, on ne voit pas ça souvent des funérailles dans un centre sportif. Ce fut le cas de Howie Morenz et ça remonte à bien des années.

"Puis, nous n'étions pas à l'aise avec cette idée. C'est certain qu'on réalise que les gens aimaient beaucoup notre père, mais il y a aussi le côté religieux. Nous avions l'impression que le Centre Molson ne crée pas la même impression qu'une église pour ce genre d'événement.

"Enfin, nous nous sommes posés la question à savoir ce que papa aurait aimé. C'est difficile de répondre. Mais nous avons pensé qu'il aurait préféré que le tout se déroule à la cathédrale. Mon père était un homme simple et il n'aimait pas les extravagances. Nous tentons d'agir comme il aurait aimé que ce soit."

D'ici à demain, jour où le corps de Maurice Richard sera exposé au Centre Molson, la famille entend s'accorder un peu de répit.

"Pour la journée de lundi, nous souhaitons prendre un peu de recul pour nous reposer en famille, a noté Normand Richard. Ca fait 15 jours que nous sommes toujours avec le père. Nous aurons de bonnes journées mardi et mercredi."