RDS - ROCKET # 9
Gerry Plamondon garde de nombreux souvenirs du Rocket
SHERBROOKE (PC) C'est avec une grande tristesse que Gerry Plamondon a appris le décès de son ex-coéquipier Maurice Richard, samedi, en début de soirée.
"Ça m'a fait de la peine. J'ai appris cela alors que j'étais assis devant le téléviseur. Même si je savais qu'il était malade, je ne pensais jamais qu'il allait partir si vite. Ça m'a surpris", affirme l'homme de 76 ans, qui a évolué durant cinq saisons, de 1946 à 1951, avec le Canadien aux côtés de Richard.
Plamondon se promettait d'aller aux obsèques de son ex-coéquipier tout comme deux autres Sherbrookois qui ont évolué pour le Tricolore, soit Normand Dussault et Gilles Dubé.
"On attend simplement d'en savoir un peu plus long sur les détails des funérailles. Je vais appeler au Centre Molson pour savoir si quelque chose est prévu pour nous les anciens joueurs du Canadien", a indiqué Plamondon.
Ce dernier a longuement réfléchi lorsqu'on lui a demandé de retracer un souvenir qu'il conservera chèrement du Rocket.
"Il nous laisse tellement de bons souvenirs. Je crois que je vais surtout retenir que c'était un gars intense. Il donnait son 120 pour cent. Gare à celui qui offrait son 75 pour cent. Il cognait contre la poubelle dans la chambre quand il n'était pas content. Il n'aimait pas perdre. Dans ce temps-là, on jouait pour l'amour du hockey. Il n'y avait pas d'argent."
Plamondon indique aussi que le Rocket pouvait être fort coriace pour les adversaires.
"Il pouvait être méchant. Je me souviens lors d'un match contre les Red Wings de Detroit au Forum où il s'était battu contre Gordie Howe et l'avait passé directement par-dessus ses épaules. Howe lui avait ensuite dit: 'je te ne dérangerai plus'. Maurice était tellement fort", raconte-t-il.
Plamondon retient aussi les talents de marqueur du Rocket.
"De la ligne bleue au filet, ôtez-vous de là. Il était tout un compteur. Il marquait sur le ventre et sur le dos, avec des adversaires accrochés après lui. Il trouvait toujours une façon de nous surprendre. Je ne peux retenir un but en particulier. Je me considère chanceux d'avoir joué avec un gars de sa trempe."
Adversaire redoutable
Pour Connie Dion, Maurice Richard s'est révélé un adversaire redoutable lors de la saison 1944-45 alors qu'il défendait la cage des Red Wings de Detroit.
"Ce que je retiens surtout de lui, c'est l'effort qu'il mettait au jeu. Il n'arrêtait jamais. Peu importe où il était, il lançait au but. Il ne niaisait pas avec la rondelle. Il décochait des tirs voilés. En plus, il était le premier joueur qui évoluait à droite et qui lançait de la gauche. Il avait beaucoup plus d'angle que les autres joueurs pour lancer au filet. Il avait un avantage sur les autres", a précisé Dion.
Le sympathique résident d'Asbestos a toutefois noté qu'il n'était pas terrifié à l'idée d'affronter le Rocket.
"Lorsque tu viens de passer trois ans dans l'armée, c'est un rêve de te retrouver dans la LNH. Tu es juste content de jouer au hockey."
Pour lui, il n'est pas étonnant que Richard ait soulevé autant de passion.
"Après la guerre, les gens avaient soif de hockey. Ils avaient besoin d'attraction. Le monde était prêt à ça et Maurice Richard est rapidement devenu un héros."
Dion a eu la chance de côtoyer Richard alors qu'il était le gardien substitut du Canadien en 1949-50.
"Je n'ai jamais vraiment eu la chance de lui parler, car à ce moment-là un gardien substitut ne se mêlait pas aux grands", a-t-il conclu en souriant.
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