Maurice Richard
Maurice Richard
Ça sent la fin pour le Rocket

MONTREAL, 27 mai 2000 (PC) - Maurice Richard est plongé depuis vendredi soir dans un profond coma duquel il ne sortira vraisemblablement pas, même si son état s'est légèrement amélioré dans la nuit de samedi.

Une chute de pression artérielle ainsi qu'un ralentissement de ses fonctions respiratoires ont fait croire à ses médecins que la fin était venue, en fin d'après-midi vendredi.

À la suite d'une période de forte agitation, les médecins ont décidé de lui administrer sa médication (un cocktail composé notamment de morphine et d'analgésiques) par voie intraveineuse continue, ce qui permet au Rocket de vivre ses derniers moments sans douleurs, conformément à la volonté des membres de sa famille, même si cela l'a plongé dans le coma.

Bien que le directeur des communications de l'Hôtel-Dieu de Montréal, Charles Meunier, ait indiqué qu'on ne pouvait parler de phase terminale, "parce que les médecins ne peuvent affirmer hors de tout doute raisonnable qu'il y aura décès à court terme", il a précisé qu'il s'agissait vraisemblablement des derniers moments du Rocket.

"C'est sûr que ce n'est pas indéfini, a-t-il dit au cours d'un point de presse, samedi midi. Ca va se passer sûrement au cours des prochains jours. Mais la seule personne qui peut le préciser, c'est lui, parce que c'est lui qui mène le combat."

Maurice Richard n'est plus nourri, mais il est hydraté par voie intraveineuse pour son confort et pour faciliter la circulation des médicaments dans son organisme. Aucun traitement pour son cancer n'est envisagé, compte tenu de son état.

"On sent qu'il lutte, a précisé M. Meunier. Il s'accroche. Il veut. On sent qu'il se bat, même s'il est sous sédation profonde, même s'il est comateux."

Le célèbre numéro 9 du Canadien de Montréal, maintenant âgé de 78 ans, est atteint d'une tumeur maligne à l'abdomen. Il est hospitalisé depuis le 10 mai en raison d'une rechute de ce cancer, d'abord découvert il y a trois ans.

L'effet combiné de son cancer, des médicaments ainsi que de son parkinson pourraient causer sa mort à tout moment, selon M. Meunier, qui précise que le Rocket ne lui est pas apparu amaigri.

Les membres de la famille de Maurice Richard, qui compte sept enfants, ont été appelés à son chevet vendredi soir, et ils sont demeurés à l'hôpital une bonne partie de la nuit. Certains ont pu prendre un peu de repos samedi matin, après que les médecins eurent constaté une amélioration des signes vitaux.

"Les membres de sa famille voulaient qu'il ne souffre pas et qu'il ne soit pas agité, et ça s'est réglé, parce que les médecins ont fait ce qu'il fallait, a raconté M. Meunier. Maintenant, il est évident qu'ils espèrent que ça ne durera pas indéfiniment, parce qu'on sait très bien que s'il reprenait conscience, il ne sera jamais plus comme avant."

Mais puisque le profond coma du Rocket est causé par la forte médication, et que rien ne justifierait que les médecins interrompent cette médication et replongent ainsi leur patient dans la douleur, M. Meunier estime qu'il est fort peu probable que Maurice Richard sorte de ce coma.

© La Presse Canadienne, 2000