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Maurice Richard

Les coéquipiers du Rocket

27 mai 2000 (RDS) - Vous êtes vous déjà demandé ce que pourrait représenter une expérience comme celle d'évoluer aux côtés d'une légende comme Maurice Richard? Nous avons demandé à plusieurs de ses anciens coéquipiers de nous le décrire.

Marcel Bonin
Maurice a toujours eu deux gars sur le dos pour le surveiller, c'est pour ça qu'il se fâchait. De la ligne rouge au but, il coupait au net. Il était fort, il s'accrochait après et il se rendait quand même. il était tellement déterminé que nous le devenions aussi.


Son jeu à lui était de la ligne bleue au filet, il fonçait y avait rien pour l'arrêter. Bien des fois, je l'ai vu marquer du revers, il rentrait dans les buts avec le gardien, il était très fort, tous ses buts étaient spectaculaires.

Dickie Moore
Tout le monde, quand on joue avec Maurice, on joue pour faire des jeux pour lui parce que lui peut scorer. Entre la ligne bleue et les goals les yeux son ouverts de même et le gars en avant y fait attention.

Il joue de l'autre coté, lance à gauche et joue à droite il peut placer son hockey pour la passe et retenir son adversaire et après ça il marque. C'est le meilleur jeu de Maurice : il passe la ligne bleue et coupe au net pour marquer le but. J'ai vu une fois un gars accroché à lui, pas capable de l'arrêter. Six pieds avant le gardien, il feinte et marque. Il est très fort au patin et des bras.

Dollar Saint-Laurent
Je l'ai déjà vu un soir avec deux gars sur les épaules de la ligne bleue au but et marquer. Faut qu'un gars soit déterminé. Surtout aujourd'hui avec la grosseur des gars...Mais Maurice le ferait pareil aujourd'hui.

Jean-Guy Talbot
Il arrivait sur la glace et regardait le filet. J'ai des nouvelles pour toi, ça y allait au filet, puis c'était pas un type pour déjouer. Ça tassait sur son chemin.

Emile "Butch" Bouchard
C'était pas un parleur. Il comptait des buts. Des fois, s'il avait trop parlé, peut-être qu'il n'aurait pas compté.

Y a pas grand monde qui parlait à Maurice. C'était pas un grand parleur, Henri non plus. C'est dur à expliquer, tu regardes Maurice, tu le regardes agir avant une partie, comment il se prépare, ça te donne une idée de faire pareil. Je me souvient de ma première partie avec le Canadien, je ne jouais pas beaucoup. Bouchard s'est fait blesser, je l'ai remplacé.

André Pronovost
C'était un type qui en disait peu mais ça voulait dire beaucoup, surtout quand il le démontrait par son jeu, sa combativité. C'était un exemple à suivre.

Maurice, c'était un peu le genre timide. Il n'aimait pas critiquer et dire: On va faire ça et ça. C'était mon idole. Intimidant dans le sens qu'est-ce qu'il va penser si je fais une erreur. Si on travaillait pas, on se faisait regarder d'une manière...Oups, on se réveillait. Le Rocket a dit envoyes....Là, fallait y aller.

Maurice, la première fois que j'ai eu la chance d'aller sur la glace avec lui, il a manqué un but en première. Je sortais de la glace derrière lui, et il est arrivé le pied dans la porte et l'a frappé. Je me suis dit, ça joue dur ici. Il venait de manquer un but, il avait le feu au derrière. C'était ça Maurice Richard, toujours aller au maximum, quand les autres joueurs voient un joueur de cette stature travailler aussi fort, ça te fait travailler plus fort.

J'étais son chambreur. Un jour à Detroit je lui ai demandé est-tu aussi riche que le monde le dit. Il m'a dit non, j'en ai beaucoup perdu. Il avait perdu de l'argent dans le gaz naturel. Moi je pouvais lui parler comme ça, les autres peut-être pas.

Maurice avait de la pression, nous beaucoup moins. On était fiers de le voir battre des records, surtout quand vous jouez avec un joueur depuis tant d'années, de le voir battre des records c'est comme si c'était nous, Maurice en a battu d'autres et on a toujours été fiers de Maurice.

On a une bataille pas loin du banc, un gars m'accroche et Maurice lui a donné un seul coup de poing et c'était fini. Ça, c'est notre club, on travaille tous ensemble.

Ce que j'ai aimé de Maurice: On lui demandait quelque chose dans les pratiques et il nous aidait. Moi, j'aimais le lancer de revers. J'allais voir Maurice, et après il me guettait pour voir si je pratiquais.

Y en a eu plusieurs affaires qui ont été écrite. Henri et Maurice faisaient leur affaire. C'était pas des frères dans l'équipe, c'était deux joueurs. Un jour, ils pouvaient jouer aux cartes avec moi, un autre jour avec Maurice. Il y avait une bonne compétition entre les deux et une bonne relation.

On taquinait Henri souvent parce que c'était le frère de Maurice, mais ca fait partie de la game. C'est drôle à dire, Maurice et Henri étaient assis un à coté de l'autre mais ne se parlaient jamais. J'aimais les agacer et je disais: "Henri, parle lui à ton oncle Maurice."