Pierre-Alexandre Rousseu

Je suis très heureux de vous retrouver chers internautes du RDS.ca pour une autre saison de ski acrobatique qui culminera avec les Jeux olympiques de Vancouver en février où j'espère remporter la médaille d'or.
L'équipe nationale annoncera la composition de son équipe pour Vancouver le 25 janvier prochain. En tout, il y aura 18 places disponibles, qui seront réparties dans les trois disciplines (bosses, sauts et le ski cross) mais pas nécessairement de façon égale. L'équipe sera choisie en fonction des meilleures perspectives de médailles. Donc, les disciplines vont se retrouver en compétition l'une contre l'autre.
Au niveau des bosses, nous serons trois au quatre. Je m'attends à ce que moi, Alexandre Bilodeau et Vincent Marquis méritions notre place. Des gars comme Maxime Gingras et Warren Tanner pourraient aussi mériter une place pour les JO.
Nous aurons six courses pour montrer à l'équipe ce que nous pouvons faire, dont cinq courses en trois semaines en janvier. Moi, je veux me qualifier rapidement, c'est pourquoi je vais viser des podiums dès le départ pour ne pas laisser de doute dans l'esprit de ceux qui auront à choisir.
J'ai 30 ans et Vancouver sera ma première expérience olympique en 14 ans de pratique. En 2002, j'avais raté Salt Lake City à la suite d'un accident en piste qui m'avait valu une fracture du cou, alors qu'en 2006, j'avais raté Turin parce que je n'avais pas réussi à me qualifier. C'est ma dernière chance de vivre l'expérience olympique en tant qu'athlète.
Pour moi, Vancouver 2010, c'est trippant. C'est une belle histoire qu'un jour je vais pouvoir raconter dans un livre. C'est l'histoire d'un apprentissage qui permet de me pousser à la limite de mes capacités. De savoir se relever pour arriver à ses fins.
Au sommet de ma formeJe suis au sommet de ma forme actuellement et je suis complètement rétabli d'une blessure subie lors de la dernière course de la saison à La Plagne en France alors que j'ai subi une fracture de l'omoplate notamment. J'ai dû passer trois mois au repos avant de reprendre l'entraînement.
J'ai été dans l'obligation de repartir à zéro mais comme j'ai de l'expérience en matière de blessures, je savais par quoi j'allais passer. Comme la blessure est arrivée en fin de saison, la récupération a pu se faire plus lentement. J'ai été sage pendant trois mois et j'ai pris mon temps.
Je suis à mon mieux au niveau de mon ski. Mieux qu'en 2002 ou qu'en 2006. Je sais que je suis bon maintenant. L'an dernier, quand j'étais en forme, je faisais des podiums et je sais que ma technique a atteint son apogée. Je travaille très fort pour que mes atterrissages soient bons. C'est tellement agréable actuellement. La camaraderie est vraiment bonne au sein de l'équipe que c'est plaisant de skier et de voyager avec tout le monde. Puis, c'est extraordinaire de se retrouver sur le podium avec un coéquipier. Je n'ai jamais vécu pareille chose.
Pour continuer à avoir du succès, je compte toujours sur ma technique secrète que j'ai mise au point il y a deux ans. Jusqu'à maintenant, aucun concurrent n'est parvenu à la décoder. Certains adversaires s'approchent mais ils n'arrivent pas à m'imiter. Cette technique, qui m'aide à négocier les bosses, sera encore une fois mon arme. Cette manoeuvre, que je continue de peaufiner, me permet d'accumuler des points techniques importants.
Ça commence en Finlande On part le 30 novembre pour Tigne en France pour s'entraîner avant de prendre le chemin du cercle polaire en Finlande où sera présentée la première coupe du monde qui va compter pour les qualifications. Je suis confiant et optimiste. Tout semble marcher sur des roulettes par les temps qui courent. Alors je veux juste que ça se poursuive.
Je pense qu'il me reste deux saisons dans le corps. Dans l'optique où je gagne l'or aux Jeux olympiques, je compte rester dans le sport au moins une autre saison pour profiter des retombées et donner à mon sport. Je me souviens de l'Américain Jonny Moseley, qui avait quitté immédiatement après avoir remporté l'or en 2002 à Salt Lake. J'avais trouvé ça
poche parce qu'il n'avait pas aidé son sport à grandir. En contrepartie, Jean-Luc Brassard, qui a triomphé à Lillehammer en 1994, a apporté beaucoup au ski acrobatique, notamment à moi. Jean-Luc a rendu son sport beau et bien. Il a prouvé qu'on pouvait gagner sa vie grâce à ce sport. C'est ce que j'aimerais léguer aux plus jeunes bosseurs. Je veux aider à vendre mon sport.
*propos recueillis par Robert Latendresse