mardi, 4 sept. 2012. 14:46

Être nommé joueur du mois dans la MLS, c'est un bel honneur. Surtout lorsque l'équipe a très bien fait dans le dernier mois. Oui, j'ai marqué trois buts et ajouté trois passes, mais l'important, c'est vraiment les quatre victoires en autant de matchs de l'Impact au mois d'août. De bonnes performances collectives qui nous permettent d'être au plus fort de la course aux séries.

Malheureusement, notre lancée a été freinée à Columbus la fin de semaine dernière. On voulait continuer avec une sixième victoire de suite, et ainsi mettre de la pression sur les autres équipes qui ont des matchs en main. On menait 1-0, mais on a encore accordé des buts en fin de match, dont un dans les arrêts de jeu. C'est un obstacle dans notre quête des séries, ça fait mal, mais il nous reste encore cinq matchs. C'est à nous de donner notre maximum sur le terrain, les séries sont encore à notre portée.

La défaite contre le Crew nous a affectés, mais nous profitons maintenant d'une pause de deux semaines avant le prochain match contre le Fire de Chicago, une pause qui tombe à point. Nous aurons le temps de faire les ajustements nécessaires avant de disputer un autre match difficile sur la route. Les terrains adverses n'ont pas été très payants pour nous cette saison et on se doit de remédier à la situation. Avec cinq matchs à disputer, dont trois loin de Montréal, nous devons absolument trouver une façon de gagner. On contrôle déjà bien le ballon, mais on devra sans doute appliquer davantage de pression dès le début du match, ce que nous n'avons pas toujours bien fait. On se contentait bien souvent de gérer la tempête sans prendre véritablement les commandes. On doit s'inspirer du match que nous avons remporté sur la route contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre. Dans cette rencontre, nous n'avions pas l'aisance de jouer devant nos partisans et ça nous forçait à jouer un peu plus défensif et à limiter au maximum les erreurs. Avec un modèle comme celui-là, on mettrait encore plus de chances de notre côté.

Allez Canada!

J'ai laissé mes coéquipiers l'espace d'un moment pour retrouver mes compatriotes canadiens à Toronto en prévision des deux matchs contre le Panama les 7 et 11 septembre prochains (qualifications pour la Coupe du monde 2014).

C'est très agréable de retrouver les mêmes joueurs avec qui j'ai eu la chance d'évoluer avec l'équipe canadienne lors des 8-9 dernières années. Avec une récolte de 4 points lors des deux premiers matchs, nous sommes très motivés à l'approche des duels contre le Panama. Nous sommes conscients que les deux matchs sont excessivement importants et on travaille très fort pour repartir avec un maximum de points. Au terme de ces deux rencontres, on devrait avoir une bonne idée de la suite. Si notre qualification n'est pas déjà assurée, on pourrait se retrouver en excellente position pour poursuivre l'aventure.

Je vis présentement de beaux moments mes deux équipes. D'un côté, on tente de se tailler une place dans les séries de la MLS, et de l'autre, on joue notre place en Coupe du monde. C'est toutefois deux situations bien différentes pour un joueur. Avec l'Impact, c'est une aventure qu'on vit au quotidien, alors qu'avec le Canada, c'est échelonné sur une courte période de temps.

La Coupe du monde, c'est le rêve de tout jeune joueur de soccer, la quête, le Saint-Graal. Évidemment, la pression est énorme puisqu'on est en bonne position pour s'approcher de notre rêve à tous. Les deux matchs qui nous attendent sont cruciaux et nous en sommes conscients. Là où il y a une différence avec l'Impact, c'est dans la durée. Avec l'équipe canadienne, on n'a pas la pression des hauts et des bas d'une saison complète. On a le temps de connaître les joueurs qui nous entourent et de créer une chimie, tandis que dans un contexte international, on doit créer cela instantanément. On arrive avec la sélection, on doit être en pleine forte et donner le meilleur de nous-mêmes dans ces quelques matchs.

Ailleurs sur la planète foot

Le Zénit St-Pétersbourg a frappé un grand coup lundi en embauchant le Brésilien Hulk et le Belge Axel Witsel. Ils seront à prendre au sérieux cette année en Ligue des champions.

Depuis quelques saisons, les clubs russes ont fait les efforts nécessaires pour élever le calibre de la ligue à l'échelle internationale, dont l'arrivée de ces deux joueurs n'est pas vraiment surprenante. Sachant que les équipes de la Russie ont bien fait lors des dernières éditions de la Ligue des Champions et la Ligue Europa, c'était dans la suite logique des choses de recruter des gros noms comme Hulk pour tenter de passer à l'étape suivante. On verra comment ça se transportera sur le terrain, mais n'oublions pas une chose : malgré ces acquisitions, le Zénit fait partie de la catégorie des équipes de deuxième classe. Les clubs prestigieux comme le FC Barcelone, Real Madrid, Manchester United ou Chelsea, tous des habitués du carré d'as, détiennent toujours une longueur d'avance non négligeable à l'approche de la plus grande compétition des clubs d'Europe.

La Saga CR7

La fin de semaine dernière, Cristiano Ronaldo a décidé de ne pas célébrer ses deux buts contre Grenade. Jusque-là, rien d'incroyable. Après le match, Ronaldo a déclaré aux médias qu'il était triste pour des raisons professionnelles et que les dirigeants du Real Madrid savaient pourquoi. Il n'en fallait pas plus pour démarrer la machine à rumeur dans l'entourage des Merengues. Cristiano n'est pas heureux, Cristiano veut renégocier son contrat, Cristiano sur son départ, etc...

Premièrement, il y a beaucoup de choses qu'on ne connait pas. Dans le monde du sport, il y a beaucoup de jeux de coulisses, loin des yeux indiscrets du grand public. Il ne faut donc pas grimper dans les rideaux en se basant simplement sur cette décision de Ronaldo. L'attaquant du Real est une des figures les plus médiatisées du monde du soccer (avec son rival de toujours Lionel Messi) et c'est sans doute pour cette raison que l'histoire, plutôt banale à la base, fait couler beaucoup d'encre. Peu importe ce qu'il fait, c'est toujours plus médiatisé que ça devrait l'être. Il a décidé de ne pas célébrer ses buts, on en fait tout un plat, mais si un autre joueur avait décidé de faire la même chose, on n'en parlerait probablement pas aujourd'hui.

La vérité, c'est que seuls Cristiano Ronaldo et les dirigeants de la Casa Blanca connaissent vraiment toute l'histoire. Maintenant, en attendant les détails, on ne peut que spéculer sur ce qui s'est vraiment passé. On saura le fin mot de l'histoire le moment venu, mais entre vous et moi, je ne crois pas qu'on verra CR7 quitter les Madrilènes. C'est LE joueur clé du Real, on a dépensé 94 millions d'Euros (un record absolu) pour l'amener de Manchester United à la capitale espagnole. Je crois que c'est davantage une tempête dans un verre d'eau. Dites-vous bien une chose : si Ronaldo décide de célébrer son prochain but, on aura vite fait d'oublier cette histoire.

Andres Iniesta, le joueur UEFA de l'année!

On parle toujours de Ronaldo et Lionel Messi quand vient le temps de déterminer qui est le meilleur joueur de soccer en Europe (et éventuellement au monde, plus tard dans la saison). Ces deux joueurs sont normalement sur une autre planète, très loin de la compétition, mais pas en cette année d'Euro. Parce qu'une année où il y a une compétition internationale (l'Euro ou la Coupe du monde), les critères de sélection changent.

Cette année, ce changement a profité au coéquipier de Messi à Barcelone, Andres Iniesta. Le meilleur joueur de l'Euro 2012 a aidé la Roja à remporter un troisième titre majeur de suite et les 53 journalistes membres du jury ont semblé vouloir récompenser le joueur d'équipe, plutôt que les performances individuelles. Avec ses 73 buts en 60 matchs, on aurait normalement dû donner le titre à Messi, mais les compétitions internationales changent bien des choses dans le monde du soccer.

Je suis très content de la décision, j'aime bien Andres Iniesta, c'est mon joueur favori avec le Barça et il mérite amplement l'honneur qui lui a été remis. Plutôt dans l'ombre, il apporte beaucoup à son équipe, et ce, tant à Barça qu'en sélection nationale.

Propos recueillis par Roch Carignan