jeudi, 30 août 2012. 16:14

Évidemment, j'ai vu les résultats des importantes parties de mercredi soir dans la MLS. C'est vrai que le Crew de Columbus nous a rattrapés au niveau des points et que le D.C. United se retrouve deux points devant nous, mais tout demeure jouable pour les éliminatoires.

Je sais que c'est un cliché, mais chaque match devient plus important que le précédent et ça commence par celui de samedi sur le terrain du Crew.

Au niveau tactique, le plus important sera probablement de contrer leurs deux nouveaux joueurs, Federico Higuain et Jairo Arrieta, qui s'avèrent très utiles. Ils produisent presque toute leur offensive dernièrement et ils ont donné un élan offensif au Crew. Cette équipe était disciplinée et efficace défensivement sans s'avérer une énorme menace en attaque.

Vous aurez compris que, tout comme nous, cette équipe est sur une lancée avec trois gains de suite et cinq matchs d'affilée sans défaite. À notre image, ils affichent de la confiance surtout qu'ils ont trois rencontres de plus à disputer.

La journée de vendredi nous permettra d'analyser certaines séquences vidéos du Crew et on observera leurs tendances, leur plan offensif et les failles que nous pouvons attaquer dans leur défense.

Dans le fond, ce n'est pas différent des autres équipes dans le sens qu'ils possèdent des éléments offensifs à surveiller de près. C'est vrai que certaines formations misent plus sur des têtes d'affiche comme Thierry Henry, Dwayne De Rosario et compagnie. Mais on fait toujours attention aux forces de notre adversaire sur le terrain et on établit un plan pour leur rendre la vie difficile.

Cette saison, nous avons récolté la plupart de nos points à domicile, mais notre sort se décidera plutôt à l'étranger étant donné que nous allons jouer quatre de nos six derniers matchs sur des terrains adverses.

Le bon côté des choses demeure que nous traversons une séquence heureuse donc nous sommes sereins et encore plus confiants en nos habiletés. De plus, notre victoire de 1-0 contre le Revolution à notre dernière sortie nous a prouvé que nous sommes capables d'encaisser et amasser avec trois points.

J'ai répété cela toute l'année, mais le plus important reste d'amasser le maximum de points sur les terrains adverses; c'est la réalité. Bien sûr, la victoire est davantage demandée dans un classement aussi serré, mais il faut avant tout récolter des points. On ne peut plus se permettre de sortir les mains vides d'une partie.

Quelques aspects à peaufiner

Nous pouvons encore améliorer certains aspects de notre jeu afin de faire le plein de points précieux au classement. Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas encore été vraiment dangereux sur les jeux arrêtés comme les coups francs et les coups de pied de coin même s'il faut dire qu'on s'est amélioré du côté défensif dans de telles circonstances.

On pourrait aussi être un peu plus dominant sur notre possession du ballon. Ensuite, je pense à notre système de pression pour freiner l'adversaire. On pourrait neutraliser les équipes plus haut sur le terrain et éviter que leurs joueurs clés obtiennent le ballon dans notre secteur névralgique près du but.

Dernièrement, on m'a souvent demandé d'expliquer les raisons de ma tenue sur le terrain et j'ai mentionné la liberté accrue dont je profite. Pour ceux qui désiraient en savoir plus sur ce sujet, je peux vous dire que c'est relié à notre formation 4-2-3-1 adoptée il y a plusieurs matchs.

Ce schéma me convient plus étant donné que je ne suis pas un milieu défensif qui reste devant la défense et qui récupère le ballon, ce n'est pas mon registre. J'ai déjà dépanné à cette position, mais ce n'est pas celle qui permet de m'épanouir.

J'ai toujours été un joueur plus offensif et en évoluant avec Collen (Warner), qui est plus récupérateur, je profite d'une plus grande liberté pour aller vers l'avant ou de créer des poussées offensives. En somme, je peux me diriger vers les deux fronts plus librement.

Auparavant, on jouait à deux au milieu et Felipe avait des tendances plus offensives donc je me devais d'avoir des tâches défensives et de contrôler le jeu plus tactiquement. Je pouvais moins créer du côté offensif.

Les partisans qui ont déjà assisté à des entraînements de notre équipe ont peut-être remarqué que notre entraîneur Jesse Marsch converse parfois en privé pendant plusieurs minutes avec certains joueurs plus expérimentés comme Davy Arnaud, moi ou d'autres vétérans.

J'ai justement discuté avec Jesse mercredi et on parle de tout dans ces entretiens. On peut aborder des sujets comme le dernier match, le prochain adversaire, des astuces sur le terrain, des détails à modifier dans notre jeu ou bien le travail de quelques joueurs.

Fierté et petite dose de regret pour mon ancien club en Ligue des champions

Ma sélection sur la formation canadienne a été annoncée jeudi en vue des prochains de qualifications pour la Coupe du monde de 2014. Il nous reste quatre matchs à disputer dans la phase actuelle dont deux contre le Panama les 7 et 11 septembre.

Ce seront deux rencontres très importantes dont sur le terrain du Panama qui s'avère l'équipe favorite de notre groupe.

Au terme de ces deux parties, on aura une meilleure idée du rang qui est à notre portée et si nos chances demeurent viables pour accéder à la prochaine étape.

Pour les gens qui sont moins familiers avec les réguliers de la sélection canadienne, vous pourrez notamment suivre le travail des De Rosario, Atiba Hutchinson, Olivier Occean (en pointe à l'attaque), Simeon Jackson (qui joue en Angleterre) et Julian de Guzman. Ce sont souvent les mêmes noms qui reviennent car ces joueurs forment le noyau de la sélection.

Pour notre dernière rencontre, nous n'avons pas misé sur tous les joueurs puisque la rencontre était disputée en semaine. C'est ce qui explique pourquoi plus de joueurs de la MLS avaient été appelés. Ça permettait du même coup à l'entraîneur Stephen Hart d'observer le travail des plus jeunes et découvrir leur étoffe pour l'avenir. Cette fois, ce sera l'équipe la plus compétitive pour remporter ces deux matchs.

Je change complètement de répertoire pour vous parler d'un sujet très spécial à mes yeux : le tirage des groupes de la Ligue des champions qui a été effectué jeudi.

J'ai suivi cet événement de près puisque mon ancienne équipe danoise de Nordsjaelland participera à cette compétition d'envergure pour la première fois!

C'est vraiment un drôle de sentiment de voir que mon ancien club se retrouve dans le groupe E en compagnie de Chelsea et de la Juventus et vous comprendrez que ma réaction se vit en deux temps.

D'abord, je suis très content pour eux et je savais que ça serait difficile car ils étaient dans le dernier segment donc ils étaient assurés d'affonter au moins deux puissantes équipes.

Je suis aussi content parce que j'ai été avec eux pendant trois ans de 2008 à 2011. J'ai gagné deux coupes dans cet uniforme et ils ont gagné le championnat l'an dernier quand je n'étais plus là. Grâce à ce titre, ils ont accédé à la Ligue des champions et c'est agréable de savoir que j'ai fait partie de cela.

D'ailleurs, je parle encore parfois avec l'entraîneur et quelques joueurs. C'est plaisant de constater que tous les efforts déployés avec des coéquipiers ont rapporté autant.

D'un autre côté, je n'ai pas le choix d'avouer que je ressens un petit regret parce que c'est l'objectif ultime d'avoir la chance de participer à la Ligue des champions. C'est encore plus vrai pour un Canadien puisque nos chances sont plus petites de se qualifier pour la Coupe du monde.

Après tout, c'est quand même LA Coupe du monde des équipes et tu ne peux guère t'empêcher de te dire que tu aurais pu vivre cette expérience.

En même temps, ça va bien à Montréal après des efforts sincères. L'Impact est devenu une équipe compétitive et même redoutée dans la MLS en plus d'être en voie de connaître du succès dans l'avenir.

Bref, ce sont de bonnes bases pour la suite et le goût est encore plus intéressant dans ma bouche car il survient à la maison entouré de ma famille et mes amis. Je suis aussi emballé par la grande progression connue par le soccer au Québec. C'est vraiment spécial à mes yeux, en fait, ça n'a pas de prix!

Pour conclure, vous avez peut-être entendu parler du match d'Olivier Occéan samedi dernier avec l'Eintracht Francfort. Il est devenu le premier Québécois à jouer un match de première division d'un grand championnat européen.

J'ai eu l'occasion de voir sa première mi-temps avant de quitter la maison pour notre partie. J'ai vu qu'il avait manqué une chance en plus d'en créer une et je suis heureux que son équipe ait gagné la première partie.

C'est énorme de voir un joueur québécois entrer dans les grandes ligues. On a tous rêvé d'y arriver et son frère est l'un de mes très bons amis. Ah oui, Olivier restera sans doute à ce niveau pour quelques années en plus.

*Propos recueillis par Éric Leblanc