jeudi, 11 oct. 2012. 10:50

Des matchs en sélection nationale, j'en ai joué. Rarement ceux-ci auront été aussi importants que ceux que je m'apprête à disputer vendredi et mardi, face à Cuba et au Honduras.

Accéder à la quatrième et dernière ronde de qualifications menant vers une participation à la Coupe du monde, le Canada n'a pas fait cela depuis longtemps. Il n'est même pas passé proche.

Pour certains joueurs comme moi, qui en serai à une 50 et 51e sélection, il pourrait peut-être s'agir nos deux derniers matchs de cette importance dans l'uniforme de l'unifolié. Je prolongerais bien cette aventure...

Notre billet pour le prochain tour éliminatoire dans la CONCACAF est toutefois loin d'être acquis. Nous nous retrouvons présentement à égalité avec le Honduras au deuxième rang de notre groupe et nous devons terminer parmi les deux premiers pour obtenir notre qualification. Les Honduriens ont cependant l'avantage au bris d'égalité grâce à leur différentiel de buts de plus-2, contre 0 pour nous.

Dans un premier temps, la victoire contre Cuba à Toronto est capitale. On se doit de plus d'en profiter pour ajouter des buts à notre fiche.

Or, il n'est jamais facile de se préparer à affronter une équipe comme Cuba. Dans la CONCACAF, on affronte des équipes dont la majorité des joueurs ne sont pas très connus. La plupart des membres de l'équipe cubaine jouent dans leur pays.

Lorsque nous sommes opposés à des formations comme celles des États-Unis, du Mexique, du Panama ou encore du Costa Rica, on peut toujours s'attendre à un certain schéma de jeu et à quelques tendances tactiques. Ce n'est pas le cas contre Cuba, qui préconise un style de jeu peu orthodoxe.

D'ailleurs, même s'ils figurent au dernier rang de notre groupe (le Panama pointe en tête), aucune équipe n'a écrasé les Cubains jusqu'à maintenant. Ce sera donc à nous de s'assurer de ne leur accorder aucune marge de manœuvre.

Face au Honduras, qui nous accueillera sur son propre terrain, il s'agit d'une formation très défensive qui s'est toutefois réveillée dernièrement avec deux victoires contre Cuba.

Bien organisé, le Honduras mise sur des atouts rapides. À l'image de l'Impact, il s'agit par contre d'une équipe qui montre un visage différent à domicile et à l'étranger.

On s'attend donc à ce que le public hondurien joue son rôle, comme ce fut le cas au Panama le 11 septembre dernier. Des milliers de personnes s'étaient massées aux abords de notre hôtel afin de faire le plus de vacarme possible pour nous déconcentrer et perturber notre sommeil. On s'est finalement inclinés 2-0.

Sans De Rosario

On vise donc quatre points sur six, mais ça ne veut pas dire que c'est la juste équation mathématique qui va nous qualifier. Il y a encore trop de possibilités et d'autres enjeux qu'on ne peut pas contrôler.

Les blessures sont d'ailleurs de tristes exemples de cette réalité. Lors de notre revers contre le Panama, notre coéquipier Dwayne De Rosario a subi une entorse ligamentaire au genou. Nous serons donc privés du meilleur buteur de l'histoire de la sélection nationale.

L'absence de De Rosario ne se fera pas sentir seulement sur le nombre de buts marqués, mais aussi sur la créativité de l'équipe à l'attaque. Heureusement, on peut compter sur d'autres joueurs pour prendre le relais et générer de l'attaque. Je pense entre autres à Olivier Occéan, Tosaint Ricketts et Simeon Jackson.

Pour chacun d'entre nous, il importe de s'amuser et surtout d'apprécier la position dans laquelle nous nous retrouvons actuellement. Lors des deux derniers processus de qualification menant à une Coupe du monde, nous étions éliminés très tôt.

Si on peut accéder au prochain tour, et idéalement nous qualifier pour le Mondial, ce serait sans aucun doute la cerise sur le sundae de ma carrière internationale. Disons que les chances d'un Canadien de participer à la Coupe du monde sont beaucoup plus minces que celle d'un Brésilien.

De plus, avec tout l'engouement pour le soccer au Canada lors des dernières années, une participation à la Coupe du monde ne fera que donner un élan supplémentaire pour permettre au soccer de devenir un sport encore plus respecté au niveau professionnel.

Décevant, mais…

Quelques jours se sont écoulés depuis qu'un verdict nul de 1-1 face au Dynamo de Houston a écarté officiellement l'Impact d'une participation aux séries.

Si mathématiquement tout était encore possible pour nous avant cette énième rencontre la plus importante de la saison, on réalisait tout de même toute l'ampleur du défi qui nous attendait.

Si la déception est évidente depuis notre élimination, elle n'est pas due uniquement à ce dernier résultat. Ultimement, ce sont les points échappés à gauche et à droite en fin de rencontres cette saison qui nous ont coûté une participation aux séries.

Une situation bien dommage, car particulièrement au mois d'août, on nous identifiait comme une équipe à surveiller d'ici la fin de la saison. Si le dénouement n'a pas été celui qu'on espérait, nous avons quand même de quoi être fiers.

On a frappé à la porte des séries presque jusqu'à la toute fin. Depuis 2007, six nouvelles équipes excluant l'Impact se sont greffées à la MLS. Seuls les Sounders de Seattle sont parvenus à se tailler une place en séries à leur première année dans le circuit.

On a fait belle figure et on a montré que la marque de l'Impact est bel et bien vivante. Nous avons coulé les fondations d'un club gagnant. Il ne reste qu'à bâtir sur celles-ci.

Propos recueillis par Mikaël Filion