jeudi, 4 oct. 2012. 19:29

On reprend le collier samedi à Houston contre le Dynamo et comme nous étions en congé depuis déjà plusieurs jours, nos automatismes pourraient nous faire défaut en début de rencontre.

On aura sans doute besoin de quelques minutes pour se mettre dans la partie avant que tout s'enchaîne. Sans être rouillés, nos automatismes seront plus lents que d'habitude. On s'est quand même entraîné à un bon niveau et les gars savent quoi faire. Puisque nous sommes en fin de saison et qu'on se connaît bien, ça ne devrait pas être trop long avant que l'on s'ajuste.

On sait que chaque partie est presque une question de vie ou de mort pour nous en raison de notre position au classement. Alors, on essaie de voir les choses de façon différente en se disant que ce sont les autres clubs qui ont de la pression et qui ont tout à perdre au chapitre des points.

Houston est une équipe solide à la maison et sachant qu'on a besoin de cette partie pour rester en vie, le Dynamo va peut-être être motivé à l'idée de mettre un clou dans notre cercueil. On se présente au Texas sereinement. Je ne veux pas dire qu'on s'est enlevé de la pression, mais on sait que nos adversaires ont aussi une place en séries à sécuriser.

On arrive en fin de saison et on a poussé fort pour améliorer notre place au classement. On est réaliste et nous savons que ce ne sera pas facile avec trois parties à jouer. On veut profiter de cette partie à Houston pour envoyer le signal que nous sommes toujours vivants. On n'a pas l'intention de fermer la porte sur les séries éliminatoires avant qu'elle ne se referme elle même. On va se battre jusqu'au bout.

On se motive en s'accrochant à la possibilité de terminer au premier rang parmi les équipes canadiennes. C'est une question de fierté et aussi la possibilité d'affronter une équipe de la NASL, Edmonton, lors du championnat canadien en 2013. Si on parvient à terminer au premier rang au Canada, on aura réussi l'exploit à notre première saison dans la MLS alors que Toronto et Vancouver y sont depuis plus longtemps que nous. Actuellement, Vancouver a deux points d'avance, mais nous avons un match en main.

De retour avec l'équipe du Canada

J'ai été heureux d'apprendre que le Canada allait faire appel à mes services pour les deux derniers matchs de qualification pour atteindre la phase finale pour participer à la coupe du monde. Je vais donc défendre les couleurs du pays contre Cuba à Toronto le 12 octobre et quatre jours plus tard, nous serons au Honduras pour le dernier match. Les deux premières équipes du groupe vont passer à phase finale.

On a déjà battu Cuba 1-0. Les Cubains vont donc chercher à arracher des points. Ce ne sera pas facile même si Cuba est dernier dans notre section. C'est le type d'équipe qui aime jouer les trouble-fêtes. On va essayer d'augmenter notre différentiel au chapitre des buts. Ce sera important de le faire, surtout avant de jouer contre le Honduras, car les buts pourraient être un bris d'égalité.

Au bout de l'exercice, des équipes vont se qualifier pour la ronde finale afin de participer à la Coupe du monde. Je pense que pour tout jeune joueur, c'est un rêve d'y participer même si la Ligue des champions est plus en vue maintenant. La Coupe du monde demeure toutefois l'événement auquel on veut participer. Après les Jeux olympiques, c'est la compétition la plus importante qui vient tous les quatre ans. Pour le Canada, juste d'y participer serait un exploit, qui n'est arrivé qu'une fois en 1986. Avoir l'opportunité de se qualifier est extraordinaire. J'arrive à 32 ans bientôt et les deux parties qui viennent peuvent être mes derniers au niveau international. Je ne veux pas rater ma chance.

FIFA 2013

Je ne suis pas un adepte des jeux vidéo, mais je sais que l'Impact est représenté dans le jeu FIFA 2013 de AE Sports avec les autres clubs de la MLS. Comme tous mes coéquipiers, j'y suis représenté, mais ce n'est pas quelque chose de nouveau pour moi.

Les gens au Québec peuvent jouer avec leur équipe et leurs joueurs préférés. Ça fait drôle de savoir que les gens peuvent m'utiliser. C'est arrivé que des amis me disent qu'ils avaient utilisé mon bonhomme pour jouer au soccer sur vidéo. Ça fait bizarre d'être dans un tel jeu. Quand j'étais jeune, je jouais et je simulais d'être tel ou tel joueur. Aujourd'hui, quand on se rend compte qu'on est dans le jeu, on réalise qu'on est professionnel. Je ne sais pas si je peux dire que c'est un honneur, mais c'est évident que ça veut dire que tu as atteint une certaine notoriété. On a le même statut que les grandes équipes européennes.

J'avoue que je n'ai pas eu la curiosité d'aller voir de quoi j'avais l'air sur le jeu. Il faut dire que je n'aime pas tellement me regarder, que ce soit à la télévision ou dans un jeu vidéo. Je laisse aux autres le soin de me regarder. Ma fille de 16 mois jouera peut-être un jour avec mon joueur à FIFA 2020!

L'Académie de l'Impact

L'Impact, comme les autres équipes de la MLS, a une académie qui sert au développement des jeunes joueurs, qui profitent d'entraîneurs personnalisés. Le concept est développé en Europe où on les appelle des centres de formation avec l'objectif de développer des joueurs jusqu'au plus haut niveau. Chaque club tente de produire ses propres joueurs. C'est nouveau ici en Amérique du Nord.

Notre défenseur Karl Ouimette est d'ailleurs un produit de l'Académie. Je pense que le rêve absolu de l'équipe est de produire quelques joueurs qui deviendront des professionnels qui connaissent déjà l'identité du club. L'exemple de Barcelone est à suivre où plusieurs joueurs ont été développés avec le temps. Ça s'est fait sur une vingtaine d'années toutefois, alors il faudra être patient.

Les jeunes sont chanceux de pouvoir profiter de l'Académie. Moi, ça n'existait pas dans mon temps comme pour la majorité des joueurs qui sont passés par l'Impact ces dernières années. L'Académie est un peu comme le midget AAA ou la LHJMQ au hockey.

*propos recueillis par Robert Latendresse