jeudi, 1 nov. 2012. 16:54

Statistiquement, j'ai connu la meilleure saison de ma carrière. Collectivement, nous avons surpris bien des observateurs. Mais somme toute, le dénouement n'est pas si réjouissant.

Le fait de ne pas se qualifier pour les éliminatoires est difficile à digérer, surtout lorsqu'on connaît le potentiel de notre jeu collectif. Lorsque l'équipe était à son apogée, notamment aux mois de juillet et août, nous étions imposants. Peut-être un peu trop tard direz-vous, mais d'un autre côté, l'Impact a pu se battre pour une place en éliminatoire jusqu'à la fin… ou presque.

Déception? Bien sûr! Les points que nous avons échappés au printemps nous ont coûté cher en fin de saison. Chose certaine, nous avons démontré que l'Impact possède un bel arsenal de joueurs.

Si on regarde le chemin parcouru depuis que l'Impact a vu le jour, il y a énormément de progrès réalisé. Pour être franc, les observateurs nous voyaient dans le fond du classement, comme toute équipe d'expansion. À ce chapitre, il y a de quoi se réjouir.

De mon côté, j'ai dû passer par-dessus un début de campagne difficile, pour ensuite aider l'équipe à finir la saison avec aplomb. Ma fiche de neuf buts et huit passes est un sommet personnel, et de loin. Je n'ai jamais été proche d'atteindre ces chiffres. Je crois que ma meilleure saison à l'attaque remontait à 2002. C'était d'ailleurs avec l'Impact (quatre buts et huit passes).

Ma véritable déception est…

Avec l'Impact, il y a eu des hauts et bas, mais rien d'aussi profond que mes derniers moments vécus avec l'équipe canadienne. Notre humiliante défaite de 8-1 face au Honduras me laisse un goût beaucoup plus amer.

J'étais conscient que j'en étais possiblement dans mes derniers milles avec cette formation, pour qui l'occasion était belle de franchir un pas de plus vers une qualification pour la Coupe du monde. J'espérais faire partie de tout un accomplissement. C'était ma dernière chance (quoique j'ignore le moment où j'arrêterai de jouer), mais ça m'étonnerait que je figure au sein de l'échiquier national en 2018.

Quand je regarde la situation de près, nous n'étions qu'à un point d'accéder au prochain tour, ce qui n'est jamais arrivé au pays depuis belle lurette. Mais de la façon dont nous avons terminé notre parcours, c'est encore plus décevant. Si nous avions perdu humblement, avec des efforts soutenus, je n'aurais pas tenu le même discours. Ce résultat désastreux restera malheureusement gravé dans l'histoire du soccer canadien. Soyons honnêtes, nous avons échoué lorsque le moment était le plus important.

Avec l'Impact, c'est différent. Je peux toujours me consoler en disant qu'il y aura toujours l'an prochain pour se reprendre, mais pour ce qui est de la Coupe du monde, c'est terminé pour moi.

Pour changer le quotidien

Cette semaine, les dirigeants de l'Impact ont affirmé en conférence de presse que la formation qui effectuera la tournée en Italie risque de ressembler à celle de la saison prochaine. Avec toute modestie, ça fait longtemps que je sais que je fais partie des plans du voyage. À cet effet, j'aime l'idée de conclure la campagne sur une note européenne.

Pour les joueurs qui passent leur carrière en Amérique du Nord, disons que ça fera changement du quotidien. Deux beaux matchs se présentent à l'horizon. Nous aurons l'occasion de montrer notre savoir-faire face à deux bonnes équipes de la meilleure ligue italienne (Bologne et Fiorentina, en Série A).

Tant qu'à s'entraîner au Québec, sans disputer de matchs, pourquoi ne pas affronter des adversaires? Nos vacances seront moins longues et ce n'est pas une mauvaise chose en prévision de la saison 2013.

D'ailleurs, pour renverser la vapeur au printemps prochain, l'équipe devra à tout prix gagner des matchs à l'extérieur de la maison (fiche de 2-12-3 en 2012). Nous aurons principalement à travailler sur l'aspect mental de notre préparation. Il faudra davantage croire en nos moyens, d'avoir constamment une attitude de gagnant. Si nous avions remporté seulement deux ou trois matchs de plus sur les terrains adverses cette saison, notre sort aurait pu être bien différent.

S'il y a un autre aspect que nous aurons à travailler davantage, ce sont les coups de pied arrêtés. Ceux-ci ont été notre talon d'Achille toute la saison. Nous avons encaissé un bon nombre de buts lors de pareilles situations. C'est d'ailleurs ce qui explique notre dernière défaite. Beaucoup de buts se marquent de cette façon dans la MLS, et nous y avons gouté trop souvent.

Vers la Coupe MLS

Les éliminatoires de la MLS se sont amorcées cette semaine. Voici mes prédictions… jusqu'en finales d'associations :

Attention au Dynamo!
Dans l'Est, le Dynamo de Houston sera à surveiller. L'équipe texane est toujours difficile à battre lors des séries éliminatoires (ils ont d'ailleurs vaincu le Fire à Chicago mercredi en match à élimination directe). Cette équipe n'arrête pas. Les joueurs se donnent à fond pendant 90 minutes. Peu importe qu'elle domine ou qu'elle soit dominée, c'est une équipe qui n'abandonne jamais.

Je penche aussi un peu vers New York pour faire un bon bout de chemin. Thierry Henry a terminé la saison comme il l'avait amorcée, c'est-à-dire avec succès. Et quand le joueur-clé d'une équipe fonctionne à plein régime, c'est souvent de bon augure pour la suite des événements.

Dans l'Ouest
Honnêtement, je ne connais pas beaucoup les équipes de l'Ouest, vu que nous les avons affrontées qu'une seule fois. Ceci dit, un adage nous rappelle souvent qu'une équipe championne de la saison régulière ne gagne pas nécessairement le championnat le plus important, dans ce cas-ci, la Coupe MLS. Je ne peux toutefois m'empêcher de placer San Jose comme équipe favorite.

D'autre part, je ne serais pas surpris de voir le Real Salt Lake connaître du succès. Cette équipe est probablement la formation la plus constante au cours des dernières années. Connaissant de bonnes saisons, le Real figure souvent dans le carré d'as en éliminatoires.

Mon carré d'as

Finale de l'Est
Dynamo de Houston vs Red Bulls de New York

Finale de l'Est
Real Salt Lake vs Earthquakes de San Jose


Propos recueillis par Thierry Bourdeau