Bien qu’il se soit terminé dans l’amertume, le parcours du Canada à la Gold Cup est une réussite à bien des égards.

Le plus grand regret de l’unifolié sera d’avoir été éliminé par une équipe qui ne lui était pas supérieure. On doit néanmoins saluer l’opportunisme de la Jamaïque qui a su jouer sur ses qualités et profiter d’une défense mal équipée pour contrer sa vitesse.

Du style

Dans la première demi-heure, les Canadiens se sont éloignés du style de jeu qui les a bien servis en phase de groupe. Ayant marqué à la 6e minute, les Jamaïcains se sont repliés sur eux-mêmes et ont défendu en nombres en tiers défensif. Les Reggae Boyz étaient donc en supériorité numérique pour gagner les nombreuses passes longues dirigées vers Cyle Larin.

Les troupes d’Octavio Zambrano ont ensuite varié leurs attaques et présenté un jeu plus raffiné. L’absence de Patrice Bernier ou Jonathan Osorio s’est toutefois fait sentir puisqu’il manquait un meneur de jeu pour servir les ballons décisifs dans le dernier tiers. Au final, le Canada a eu trop peu de chances franches de marquer. Lorsqu’il a su s’en créer, il s’est buté à un André Blake aussi spectaculaire qu’à l’habitude dans les buts adverses.

On retiendra de ce tournoi que le Canada est capable de jouer au ballon. Il semblait s’être convaincu du contraire au fil des ans. Un style qu’il doit encore apprivoiser, mais qui offre un jeu encourageant, tant pour les joueurs que les supporters.

Engagés

Le nombre de ces supporters et leur ferveur ont connu une rapide croissance au cours des deux dernières semaines. Leur sentiment d’appartenance perdurera-t-il sur le long terme? Le temps nous le dira.

« Ça me plairait de jouer avec l'Impact » - Piette

Chose certaine, de vives réactions aux choix de l’entraîneur jeudi soir témoignent d’un intérêt accru des partisans pour ce tournoi. Lorsque la polémique remplace l’indifférence, c’est que les fans se sentent interpellés. Un bon signe pour l’Association canadienne qui peine depuis longtemps à soulever les passions avec son équipe masculine.

La titularisation de Cyle Larin devant Lucas Cavallini et Anthony Jackson-Hamel en a froissé plus d’un. En entrevue sur nos ondes quelques heures après la rencontre, Samuel Piette s’est lui aussi dit surpris que l’attaquant du Orlando SC ait démarré le match.

La décision de ne pas retirer Russell Teibert du milieu de terrain au profit d’un meilleur fabricant de jeu soulève elle aussi des questions. Tout comme le manque de vitesse en défense centrale dans le onze de départ et l’entrée tardive de Jackson-Hamel avec moins de dix minutes à jouer.

Dans l’ensemble, Octavio Zambrano a fait un excellent boulot dans un court laps de temps pour mener le Canada à son premier quart de finale en huit ans. Un constat globalement positif n’empêche toutefois pas de jeter un regard critique sur le match contre la Jamaïque.

Cyle Larin avait-il mérité la chance qu’on lui a offerte sur un plateau d’argent?

Vers le futur

La douche n’était pas encore prise qu’on parlait déjà d’avenir. Auteur du seul but des siens, Junior Hoilett croit bien que le Canada a semé quelque chose pendant la Gold Cup. Les vétérans comme lui, Scott Arfield et Marcel De Jong joueront un rôle important au cours des prochaines années, mais ce sont les plus jeunes qui apportent un vent d’espoir pour le futur.

Samuel Piette (22) a été le joueur le plus constant de l’équipe sur les quatre matchs. Pour sa part, Alphonso Davies (16) a marqué trois buts malgré un tournoi en dents de scie. Finalement, Lucas Cavallini (24) et Anthony Jackson-Hamel (23) ont démontré qu’ils pouvaient chauffer Cyle Larin si ce dernier n’offre par le niveau d’effort et de qualité requis d’un attaquant no 1 en sélection nationale.

Tous ces joueurs pourraient encore être du groupe lors de la Coupe du monde de 2026 si le Canada en est l’hôte avec les États-Unis et le Mexique. C’est cependant lors des qualifications pour le Qatar en 2022 qu’on saura si la Gold Cup de cette année était véritablement un point de départ vers un futur prospère ou un simple mirage.