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Un lavage d'estomac!

Dimanche 15 octobre 2000

Le mouvement olympique a un urgent besoin d'un lavage d'estomac. Le doute sur la pureté des athlètes n'existe plus. C'est maintenant une réalité que les laboratoires du monde entier confirment à tous les jours. Pendant toute la durée des Jeux olympiques de Sydney, à chaque jour, dans l'actualité, un athlète, médaillé(e) olympique, testait positif.

Sans oublier le grand comédien de C.J.Hunter, avec ses larmes de crocodile, qui plaidait son inocence. Pourtant, l'époux de Marion Jones, n'avait aucune preuve pour détruire les résultats des spécialistes, attirant du même coup des regards accusateurs vers Marion.

Ajoutons aussi cette déclaration du Comité international olympique reconnaissant, ce que tout le monde soupçonnait, qu'en 1988, a Séoul, des athlètes américains avaient pris des drogues pour hausser les standards mais, horreur, on ne pouvait faire payer la note à un pays aussi influent que les États-Unis. C'est donc le Canadien Ben Johnson qui a été envoyé au pilori au nom des autres sprinters les veines remplies de substances illégales.

Sydney a fait peur à certains pays avec de nouvelles méthodes de dépistage. Les Chinois ont laissé 27 athlètes à domicile de crainte d'être la honte des Jeux olympiques et de crainte d'amenuiser leurs chances d'obtenir les Jeux de 2008.

Trois semaines après les Jeux, la drogue continue de faire des ravages dans le mouvement olympique. Josefa Idem Guerrini, celle qui a battu Caroline Brunet en finale du kayak monoplace sur 500 mètres, aurait pris des hormones pour améliorer sa force physique. À prime abord, la victoire de Mme Idem m'avait surpris mais pas étonné. On la disait dans une forme splendide, elle avait réalisé les meilleurs temps à l'épreuve éliminatoire et on lui reconnaissait des chances de battre le Canadienne. Dans le cas de la Hongroise Rita Koban, ses performances des trois dernières années, laissaient de certaines interrogations sur ses chances de devancer Brunet et Idem.

Hier, j'ai consulté les résultats des trois derniers championnats du monde sur 500 mètres et sur 200 mètres, une catégorie qui devrait éventuellement s'intégrer aux Jeux olympiques, pour mieux mesurer l'écart qui existait entre Brunet et Idem.

Sur 500 mètres

Darmouth 1997: (1) Caroline Brunet: 1:58.566; (2) Josefa Idem: 1:58.888; (3) U. Profanter: 2:01.920
Szeged 1998: (1) Caroline Brunet: 1:55.174; Katrin Borchert: 1:56.722; (3) Josefa Idem: 1:56.744
Milan 1999: (1) Caroline Brunet: 1:49.445; Josefa Idem: 1:50.248; (3) Rita Koban: 1:51.930

Sur 200 mètres

Darmouth 1997: (1) Caroline Brunet: 42.927; (2) Josefa Idem: 43.068; (3) Jacqui Mengler: 43.491
Szeged 1998: (1) Caroline Brunet: 41.317; Josefa Idem: 42.169; (3) Eva Donusz: 42.653
Milan 1999: (1) Caroline Brunet: 40.981; Josefa Idem: 41.836; (3) Rita Koban: 42.031

Des chiffres traduisent bien les propos que tenait Caroline Brunet, hier, les succès qu'elle avait connus au cours des quatre dernières années face à l'Italienne d'adoption. On ne parle pas de trois secondes d'écart mais reste tout de même que l'Italienne n'avait jamais réussi à véritablement menacer la Canadienne.

Encore plus étonnant, Mme Idem devait battre Caroline Brunet dans une situation climatique où la Canadienne pouvait miser sur sa force physique et son incroyable technique. Pourtant, à mi-chemin de l'épreuve alors que les compétitrices étaient à égalite, que la pointe de leur kayak s'enfonçait dans les vagues provoquées par un vent à écorner les boeufs, jamais on aurait cru que Idem aurait l'énergie nécessaire non seulement pour battre Brunet mais d'une façon étonnante, c'est-à-dire un peu plus d'une demi-longueur de bateau.

Les laboratoires italiens viennent de répondre à toutes nos interrogations. Cependant, le sport ne devrait pas se jouer dans les cliniques sur la recherche contre les substances illégales. Les gagnants devraient gagner sans qu'on laisse planer un doute chez les amateurs, chez les téléspectateurs, chez les spectateurs.

Le mouvement olympique en est rendu là. Doute, confirmation et réalité.

C'est terrible comme situation.

Roy: le meilleur de tous les temps

Je ne sais pas si Patrick Roy est le meilleur gardien de tous les temps, mais, quand il accrochera les jambières, il faudra inévitablement se fier aux statistiques pour établir les comparaisons avec le passé. On pourrait affirmer que jadis les gardiens n'avaient pas de masques, les équipements n'étaient pas aussi à point.

Par contre, les équipes ne voyageaient pas autant et ils étaient peu nombreux ceux avaient des tirs rapides et violents.

Roy va devenir le gardien qui a remporté le plus grand nombre de victoires dans l'histoire de la Ligue nationale. Il va accomplir l'exploit en disputant 847 ou 848 matchs alors que Terry Sawchuk a connu une carrière de 968 rencontres.

Déjà là, c'est une statistique qui dit beaucoup sur la domination de l'ex-gardien du Canadien.

Enfin, on dira que Roy a eu la chance d'évoluer avec de bonnes équipes. Vrai. Mais, n'oublions jamais qu'il a évolué avec de bonnes équipes mais aussi qu'il a créé ces bonnes équipes.
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