Pour sa dernière saison chez les professionnels, Patrice Bernier a de grandes ambitions. Après avoir entrevu la Coupe MLS l’an dernier avec une défaite crève-coeur en demi-finale, Bernier veut terminer en beauté. « Il y a toujours une pression, on veut remporter la coupe, j’aimerais finir avec la coupe, mais la MLS c’est difficile! Avant tout on va se concentrer à faire les séries. C’est sûr que ça serait le top de gagner ici, de célébrer avec les fans, le club et toute cette équipe. » se prend-il à rêver.

On ne peut que souhaiter au capitaine de l’Impact une fin en apothéose, qui serait le couronnement d’une carrière déjà bien remplie : « Des beaux souvenirs, il y en a plusieurs, c’est difficile de tous les dire… En Europe j’ai eu la chance de jouer l’Europa League, de jouer contre une équipe comme Galatasaray et de les éliminer. Je suis revenu à la maison, j’ai eu la chance d’être joueur de l’année en 2012, de participer au match des étoiles en 2013, les playoffs de 2015 et 2016… »

Un parcours de pionnier du soccer québécois qui a débuté et qui se terminera avec la même équipe, l’Impact, ce qui rend le no.8 « fier de finir avec le club de ses débuts, avec les fans, les gens d’ici, la famille; J’ai la chance de pouvoir choisir comment je finis. J’espère que 2017 sera l’année la plus marquante de ma carrière. »

Une trace indélébile

Alors que le clap de fin approche, Bernier peut déjà prendre du recul pour apprécier ce qu’il a accompli, un pari qui était loin d’être gagné d’avance : « Je suis un petit gars de Brossard, qui a commencé à Montréal, qui sort et qui a réussi à se frotter à ce qui se fait de mieux dans le monde du soccer. Quand je vais quitter à la fin, je saurai que je n’ai pas été juste de passage, mais que j’ai contribué et que j’ai laissé ma marque. » affirme Bernier avec fierté.

Une marque qu’il a laissée sur les terrains, mais aussi dans le coeur des partisans, qui l’ont toujours soutenu, même dans les moments difficiles. « Tu as de l’adversité, ça fait partie d’une carrière professionnelle, ça fait partie de la vie. Tu as des obstacles, il faut savoir passer à travers et apprendre. Mais l’appui des fans, c’est spécial le lien que j’ai avec eux depuis que je suis revenu, en tant que joueur tu ne peux pas demander mieux. »

Patrice Bernier n’était pas prédestiné à une telle carrière, lui qui « n’aurait jamais cru être là, surtout de revenir avec plusieurs années d’expérience, d’être le capitaine de l’équipe, de voir le club grandir, de jouer avec Didier Drogba, Alessandro Nesta, de devenir un peu copain avec Thierry Henry… Si tu m’avais dit ça il y a 18 ans, j’aurais ri! » s’amuse-t-il.

Ces légendes du soccer mondial ont tous rendu hommage aux qualités de leader du Québécois. « C’est flatteur, c’est bien d’avoir une marque de reconnaissance de grands joueurs, mais il faut donner du crédit aux gens avec qui tu joues parce que si tu es avec de bonnes personnes, c’est plus facile d’être un leader. Je suis entouré de gars comme Hassoun Camara, Laurent Ciman, Evan Bush. » tempère Bernier.

Un avenir en bleu-blanc-noir


Ces qualités humaines, il compte bien les transmettre aux nouvelles génération grâce à une reconversion dans l’organisation de l’Impact : « Le but c’est de rentrer avec l’Académie, les détails ça va venir plus tard parce que là je suis encore joueur, je veux me concentrer sur ce rôle en 2017, et l’an prochain on pourra voir exactement ce que mon rôle va être et comment je peux aider le club à grandir. »

Si son ambition ne s’arrête pas à l’Académie, Patrice Bernier garde, comme toujours, les deux pieds sur terre. « Après ça, on ne sait jamais, peut-être remonter avec l’équipe première, mais avant tout, on va terminer 2017 en beauté et après on pourra se concentrer sur la suite. »