RDS.ca,
samedi, 10 août 2013. 15:08

MONTRÉAL - Les spectateurs qui se sont déplacés pour voir les deux premiers Canadiens à atteindre les demi-finales de la Coupe Rogers depuis 1969 n'ont pas été déçus.

Milos Raonic et Vasek Pospisil se sont livrés un duel mémorable jusqu'au bris d'égalité de la troisième manche, où la logique aura finalement été respectée.

Raonic, 11e tête de série et 13e joueur mondial, a triomphé 6-4, 1-6, 7-6 (4), mettant ainsi un terme à la semaine de rêve de son compatriote Pospisil, 71e raquette mondiale et invité des organisateurs.

Les deux tennismen ont gardé le meilleur pour la fin, offrant un ultime échange de toute beauté. Pospisil croyait bien avoir piégé Raonic en fond de court après une volée en croisée. Ce dernier avait cependant deviné juste et s'est retrouvé sur place pour retourner la balle, que son adversaire, s'étirant de tout son long pour tenter de la rejoindre du revers, a finalement envoyé dans le filet.

"Il a frappé tout un coup droit et j'ai deviné le bon côté, a expliqué Raonic. Je croyais que ça allait être plus difficile pour lui de réussir cette volée en raison de la tension du moment. J'ai tout juste été capable de placer ma raquette devant. J'ai alors cru qu'il n'allait pas rejoindre la balle et j'ai été surpris qu'il le fasse. J'ai été bien soulagé de voir la balle frapper le filet."

"Je pense que j'aurais dû gagner le point sur la première volée, ça c'est sûr, a pour sa part indiqué Pospisil. Je l'ai vu se diriger vers le coin, mais mon idée était déjà arrêtée. J'aurais dû changer l'angle de mon coup. C'est comme si j'avais gelé sur place une fraction de seconde. J'aurais pu réussir la volée suivante si j'avais pu me déplacer assez rapidement. Mais une fois la balle derrière moi, c'est certain que je n'avais plus d'option."

Raonic, assuré de percer le top-10 mondial, a alors bondi de joie avant de venir chaleureusement féliciter le perdant au filet. Il est ainsi devenu le premier Canadien à atteindre la finale depuis que Robert Bédard a battu l'Américain Whitney Reed en finale des Internationaux du Canada en 1958, il y a de cela 55 ans. La veille, Pospisil et lui étaient devenus les premiers Canadiens à atteindre les demi-finales depuis Mike Belkin, en 1969.

"Je pense que de tous ces faits d'armes, c'est de me retrouver dans le top-10 qui est le plus remarquable à mes yeux, a confié Raonic. Parce que c'était l'un de mes objectifs pour la saison et de le réaliser ici, à Montréal, c'est assez incroyable."

L'heure de Milos
L'heure de Milos

Intraitables

Les deux joueurs n'ont cédé que trois jeux de service à leur adversaire tout au long de ce duel de deux heures 16 minutes, et aucun au dernier set.

C'est Pospisil qui a cédé le premier, sur le cinquième jeu de la manche, mais il a chèrement vendu cet unique bris du premier set. Le tennisman de 23 ans a sauvé deux autres balles de bris avant que Raonic ne touche la ligne de fond sur un retour de service.

Raonic n'a cependant pas démontré la même assurance au service au deuxième set et Pospisil en a profité. Celui qui flirtera maintenant avec le 40e rang mondial, grâce à son brio de la dernière semaine, a inscrit deux bris et forcé la tenue d'un ultime set.

Raonic a alors profité de la fin de la manche pour prendre une pause et regagner le vestiaire, où il a laissé sortir son trop plein d'émotion.

"Je reste de glace sur le terrain, ça m'aide à garder mes idées claires et

à jouer mon meilleur tennis, a raconté Raonic. Mais ça bouillonnait tellement en-dedans que ça m'empêchait de donner le meilleur de moi-même.

"Je me suis parlé très fort et j'ai poussé un grand cri. Je me suis dit que si j'avais à perdre ce match, j'allais le perdre en jouant mon meilleur tennis, de façon à ne pas avoir de regrets. Ç'a fonctionné: dès mon retour, mon service avait plus de mordant et ç'a immédiatement paru."

Au cours de cette dernière manche, les deux hommes n'ont pas cédé d'un pouce, s'amenant jusqu'au bris d'égalité sans même accorder une seule balle de bris à leur adversaire.

Raonic s'est alors forgé une avance de 3-0 et semblait se diriger vers la victoire, jusqu'à ce Pospisil n'enlève les trois suivants, ramenant les deux hommes à la case départ. Mais Pospisil a commis deux fautes directes coûteuses, avant que Raonic ne réussisse le coup du jour au moment le plus opportun qui soit.

Il passe donc en finale d'un tournoi de la série Masters pour la première fois de sa carrière - sa huitième finale sur le circuit de l'ATP -, où il retrouvera Rafael Nadal, qui a éliminé le favori Novak Djokovic 6-4, 3-6, 7-6 (2).

"Que j'affronte l'un ou l'autre, je dois imposer mon jeu, a-t-il fait remarquer avant de connaître l'identité de son adversaire. Les deux sont de superbes joueurs quand ils vous font bouger et les deux se défendent très bien. Je dois leur imposer mon match. Je ne serai pas en mesure de me créer beaucoup d'occasions. Que j'affronte l'un ou l'autre, je devrai bien servir. C'est toujours très important."

Nestor éliminé en double

La journée a débuté par le première demi-finale en double, où l'Autrichien Alexander Peya et son partenaire brésilien Bruno Soares, troisièmes têtes de série, ont eu raison des Polonais Mariusz Fyrstenberg et Marcin Matkowski 6-2, 7-6 (3).

Ils affronteront en finale les Britanniques Colin Fleming et Andy Murray, tombeurs du Canadien Daniel Nestor et de son partenaire suédois Robert Lindstedt, sixièmes têtes de série, 6-3, 6-0. Nestor participait au tournoi pour la 25e fois, un record.

« Le top-10 était un de mes objectifs »
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« C'est une défaite difficile »
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