AFP lundi, 2 sept. 2013. 08:38

NEW YORK - Douze ans après sa retentissante victoire aux Internationaux des États-Unis aux dépens de Pete Sampras, alors qu'il n'était âgé que de 20 ans, Lleyton Hewitt est en train de démontrer à New York qu'il en a encore dans le ventre.

Surprenant tombeur au 2e tour du 6e joueur mondial, Juan Martin Del Potro, vainqueur à Flushing Meadows en 2009, l'Australien de 32 ans a gagné une place en 8e de finale contre le Russe Mikhail Youzhny (no 21) en dominant dimanche en quatre sets un autre Russe, Evgeny Donskoy, de neuf ans son cadet.

L'ancien no 1 mondial, aujourd'hui 66e à l'ATP, s'est qualifié pour la 30e fois en 8e de finale d'un tournoi du Grand Chelem (deux titres : US Open 2001, Wimbledon 2002). Il n'avait plus été à pareille fête à New York depuis 2006, à l'époque où il a entamé une très lente descente au classement mondial.

Entre 2008 et 2012, Hewitt a subi pas moins de quatre interventions chirurgicales (hanche droite, hanche gauche, pied et orteils) sans compter diverses blessures qui l'ont maintes fois tenu éloigné des courts.

On aurait pu croire que cette avalanche de problèmes physiques aurait eu raison de l'envie du vétéran d'Adelaïde mais il n'en est rien. Considéré avec Jimmy Connors et Rafael Nadal comme l'un des trois plus féroces bagarreurs de l'histoire du tennis, l'Australien n'a pas dit son dernier mot. Même s'il avoue avoir douté de pouvoir rejouer après sa dernière opération du pied, durant laquelle on lui a soudé des vis et une plaque de métal dans le gros orteil du pied gauche.

« Je ne connais pas un seul athlète qui est revenu après une opération similaire, assure Hewitt. Et malgré mon optimisme et celui de mon chirurgien, nous n'avons su que l'opération était réussie que lorsque j'ai recommencé à courir. Et il a fallu plus de temps pour que je joue sans douleur et que je reconstruise ma confiance. Si la douleur que je ressentais lors de mes premiers tournois avait persisté, j'aurais arrêté de jouer. »

Plus jeune no 1 mondial de l'histoire du classement ATP, l'Australien est en train de réaliser une deuxième moitié de saison remarquable après un début médiocre (neuf défaites et sept victoires jusqu'à Roland-Garros inclus). Depuis juin, il a été battu en finale du tournoi de Newport (gazon) et a atteint le dernier carré au Queens (gazon) et à Atlanta (dur), avant de signer son meilleur résultat au US Open depuis 2006.

« Je me sens bien physiquement. Si je parviens à pousser l'adversaire au cinquième set, je sais que c'est légèrement à mon avantage, surtout face à ces grands gaillards qui ont les moyens de me coller trois petits sets (grâce à leur service, NDLR) », explique Hewitt, aujourd'hui plus enclin à prendre d'assaut le filet que dans ses jeunes années, comme le démontrent ses 50 incursions au filet face à Del Potro et ses 31 montées face à Donskoy.