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La malédiction se poursuit

Mardi 24 novembre 2009
Le Rouge et Or n'a jamais abandonné dans la défaite.

Le Rouge et Or n'a jamais abandonné dans la défaite.


Rémi Aboussouan
La coupe Vanier se tiendra bel et bien au PEPS de l’Université Laval, samedi prochain. Mais le Rouge et Or n’y sera pas. C’est plutôt à une finale entre les Dinos de Calgary et les Golden Gaels de Queen’s que les spectateurs auront droit.

Les hommes de Glen Constantin ont été incapables de gagner une demi-finale disputée en terrain ennemi. Encore. Après les Huskies de Saint-Mary’s et les Huskies de la Saskatchewan (côté imagination on repassera), les Gaels sont la troisième équipe non québécoise à freiner le Rouge et Or, à un match de la finale canadienne.

Après 2005 et 2007, on peut maintenant ajouter 2009.

Mais rendons à Cesar ce qui lui revient. Et non, on ne parle pas de Cesar Sanchez-Hernandez, cette fois. Les Gaels de l’entraîneur-chef Pat Sheehan ont pleinement mérité leur laissez-passer pour la coupe Vanier.

Finalement, on se dit que c’est probablement la meilleure équipe qui a gagné.

Ce n’est pas pour se vanter. Vous savez qu’on n’en a pas l’habitude. Mais on avait affirmé, la veille du match, qu’un touché sur les unités spéciales pourrait faire la différence, au final. C’est exactement ce qui s’est passé, dans cette rencontre qui s’est terminée 33-30. Le tout a commencé par un placement raté du botteur Christopher Milo. On vous raconte.


Le ballon passe à la gauche des poteaux, tombe dans les mains de Jimmy Allin, le retourneur étoile de Queen’s. Il se met à courir, à zigzaguer entre les joueurs québécois, et finit par les battre tous de vitesse. Allin parcourt en tout 120 verges, avant de franchir la zone des buts. Un placement réussi aurait donné trois points au Rouge et Or, portant la marque à 19-16. Après ce jeu, qui a sans aucun doute constitué le point tournant de la rencontre, le pointage était plutôt de 26-13.

On avait beaucoup parlé de la défensive du Rouge et Or. Mais c’est celle des Gaels qui s’est illustrée. Et surtout le front défensif. Même s’ils ont passé la majeure partie de l’après-midi à mettre de la pression à seulement trois joueurs, les hommes de Pat Sheehan ont plaqué Benoît Groulx derrière sa ligne de mêlée à huit reprises!

Contre une formation défensive qu’ils n’avaient pas vraiment vue cette saison, les joueurs de ligne offensive du Rouge et Or ont vécu un après-midi pénible. À vrai dire, ils ne comprennent toujours pas ce qui s’est passé.

Un gros plaqueur défensif au centre de la ligne qui réussit à neutraliser les deux trous entre le centre et les gardes. Et deux ailiers défensifs spécialistes de la pression sur le quart qui semblaient tout simplement trop forts et trop rapides, pour la ligne offensive lavalloise. Surtout l’ancien des Cougars de Champlain-Lennoxville Shomari Williams, qui a réussi trois sacs et demi à lui-seul.

Le monstre de six pieds deux pouces et 236 livres et ses acolytes ont réussi ce qu’il faut faire, contre Laval. Enrayer soit le jeu au sol, soit le jeu aérien, pour rendre l’offensive le plus unidimensionnelle possible. Jouer assez physiquement pour installer un doute dans la tête des champions en titre. Réussir des gros jeux au moment opportun. Et profiter de toutes les erreurs commises par les hommes de Glen Constantin. Car en général, il n’y en a pas beaucoup.

Il faut dire, également, que le fait de jouer sur du gazon naturel qui était dans un état plutôt lamentable n’a pas aidé le Rouge et Or. Ils n’avaient joué sur une telle surface qu’à une seule reprise cette saison (à Sherbrooke) et la différence a été marquante. Les visiteurs ont perdu pied à plusieurs reprises, surtout en début de match. Leurs adversaires, eux, semblaient parfaitement à l’aise sur leurs pieds. C’est dans les détails comme ceux-là qu’on réalise à quel point l’avantage du terrain est primordial, dans une rencontre aussi importante.

Le Rouge et Or est une équipe d’abord basée sur la vitesse, le talent, l’exécution, et le synchronisme. Sur une surface synthétique très rapide, comme au PEPS, c’est parfait. Mais sur une surface lente comme celle du stade de l’Université Queen’s, le style tout en puissance des Gaels a eu le dessus.

Beaucoup de caractère

Malgré la défaite, il faut tout de même rendre hommage aux joueurs du Rouge et Or, qui se sont battus jusqu’à la fin. Menés au pointage 33-13, on croyait qu’ils allaient s’écrouler. Mais grâce à une remontée spectaculaire en fin de rencontre, on a failli assister à un miracle. Après des touchés de Maxime Béland et Julian Feoli-Gudino et avec une défensive qui a su fermer la porte au bon moment, l’offensive lavalloise a repris le ballon dans les derniers instants du match, tirant de l’arrière 33-30. Mais Feoli-Gudino a échappé un ballon sur une longue passe en plein centre du terrain, et Benoît Groulx s’est ensuite fait soutirer le ballon par un joueur de ligne défensive adverse, alors qu’il tentait le tout pour le tout.

Au bout du compte, c’est tout de même une défaite, mais il y a peu d’équipes au pays qui auraient pu revenir de la sorte face à une aussi bonne équipe que les Gaels de Queen’s.

La fin d’une époque

On est déçu pour le quart Benoît Groulx et les autres joueurs de cinquième année, qui vont toujours se rappeler qu’ils auront été incapables de remporter une demi-finale à l’étranger. Avec le départ de Groulx, l’équipe aura un tout nouveau visage, l’an prochain. Beaucoup de gens proches de la ligue nous affirmaient, récemment, que l’équipe ne sera pas aussi dominante, l’an prochain. C’est clair que la position de quart-arrière est la plus importante au football, et que le Rouge et Or a été particulièrement choyé, au cours des cinq dernières années.

On ne peut pas leur donner tort, parce le numéro 8 aura vraiment été un joueur spécial. On a d’ailleurs bien vu, cette saison, que l’équipe n’était pas la même, lorsqu’il n’y était pas. C’est vrai, mais on a dit la même chose, après le départ de Mathieu Bertrand. Et on connaît la suite. Une coupe Vanier dans «l’année de transition» entre Bertrand et Groulx, puis deux autres conquêtes canadiennes dans les cinq années de l’ère Groulx.

Alors, on ne s’en fait pas trop pour le Rouge et Or. Mais celui de Bruno Prud’homme ou Tristan Grenon qui méritera du poste de quart partant aura de grands souliers à chausser. Peut-être pas si grands, à vrai dire. Mais pas n’importe lesquels!
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mondaymorningqb L'effet d'entrainement
Lectures : 177
2009/11/26 14:41:10