
La première édition de l’Omnium de golf des États-Unis remonte à 1895. Horace Rawlings avait alors défait Willie Dunn par deux coups, 173 contre 175 lors d’un tournoi de 36 trous.
Dès 1898, on adopta la formule toujours utilisée de nos jours, soit 72 trous de compétition. Notez également qu’il s’agit du seul championnat majeur qui exige une ronde complète de prolongation advenant une égalité en tête à l’issu des quatre rondes règlementaires.
Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis les débuts modestes de ce tournoi. Même si les conditions de jeu et l’équipement des joueurs n’ont jamais cessé d’évoluer, l’Omnium américain demeure encore de nos jours, le test ultime de golf en Amérique.
Les parcours utilisés sont choisis de façon très minutieuse et préparés pendant plusieurs années. Rien n’est laissé au hasard. Chaque trou est étudié en profondeur et doit répondre à des standards très élevés. Les experts de la USGA, organisme en charge du tournoi, peuvent pratiquement prédire la moyenne de pointage sur chacun des trous selon l’emplacement des fanions.
On va même encore plus loin car, une fois la compétition terminée, on analyse les résultats journaliers en profondeur afin de corriger toutes lacunes. On y va ensuite de recommandations afin d’être encore plus parfait lorsqu’on utilisera à nouveau le parcours dans le futur. Si le parcours a démontré une quelconque faiblesse, soyez certains que ce ne sera plus le cas lors de la prochaine visite des meilleurs joueurs de la planète.
Le parcours noir de Bethpage, qui a l’honneur de recevoir le US Open pour la deuxième fois, ne fait pas exception à la règle. Malgré le retentissant succès obtenu en 2002 lors de la victoire de Tiger Woods, on n’a pas hésité à apporter certaines modifications afin d’augmenter le niveau de compétition : nouveau tertre de départ au trou numéro 7 pour cette normale 4 qui s’étend maintenant sur 525 verges, soit 36 verges de plus qu’en 2002. Au trou numéro 9, jugé trop facile, on a ajouté une quarantaine de verges, si bien que la fosse de sable du côté gauche devient soudainement un obstacle majeur. Au 10e, sur lequel plusieurs joueurs avaient éprouvé de la difficulté à atteindre l’allée lorsque les conditions de jeu étaient difficiles, on a construit de nouveaux tertres de départ. Le plus grand changement est sans doute celui survenu au 13e, seule normale 5 du neuf de retour. 51 verges en plus et ajout de nouvelles fosses de sable du côté gauche. À 605 verges, personne ne réussira à atteindre ce vert en deux coups, à moins que… Notons enfin que les allées sont plus étroites cette année mais que l’herbe longue de chaque côté est moins pénalisante que d’habitude.
Le nouveau design devrait plaire davantage puisqu’il devrait y avoir moins de perte de coups à la suite de coups de départ qui ratent l’allée. Les grands décideurs ont finalement pensé au spectacle en premier, si bien que l’on risque de voir moins de joueurs frustrés par les conditions de jeu.
Lors d’un championnat national d’une telle envergure, le but premier est de couronner le meilleur joueur de golf de la planète. On ne gagne pas ce tournoi majeur par chance ou par hasard. Ça prend du talent car tous les aspects du jeu sont sollicités au maximum, qu’ils soient physiques ou mentaux. L’éventuel vainqueur devra démontrer un sang-froid exceptionnel, une patience à toute épreuve et un contrôle d’émotions hors du commun car tout peut s’écrouler à tout moment, comme un château de cartes. Il faut aussi posséder une gamme de coups très variée pour espérer triompher sur un tel parcours.
Bien qu’il y ait 156 golfeurs qualifiés d’office, le nombre réel de joueurs qui peuvent aspirer aux grands honneurs est tout de même assez restreint. Même si une victoire surprise est toujours possible, on doit d’abord regarder du côté des anciens champions, en commençant bien sûr par Tiger Woods qui, une fois de plus, part avec une longueur d’avance sur tout le monde. L’opposition pourrait Michelson, Henryk Stenson et Geoff Ogilvy pour n’en nommer que quelques-uns.
Chaque joueur part avec l’idée de remporter la victoire, ce qui est tout à fait légitime. Pourtant, la grande majorité d’entre eux s’apercevront tôt ou tard que le défi est trop grand et qu’ils ne sont pas à la hauteur de la situation. C’est malheureusement la triste réalité d’un championnat majeur!