STUTTGART, Allemagne - Tokyo est désormais le prochain objectif de Simone Biles.

Avec Usain Bolt et Michael Phelps à la retraite depuis les derniers Jeux olympiques de Rio de Janeiro, la gymnaste américaine sera la principale tête d'affiche des jeux.

En gymnastique, elle est sans égale. Biles a remporté cinq des six médailles d'or aux championnats du monde la semaine dernière et a battu le record de tous les temps de 25 médailles par un gymnaste, hommes et femmes confondus.

« Elle est tout simplement supérieure à tout ce que nous avons vu dans la discipline », a commenté Nadia Comaneci, quintuple médaillée d'or aux Jeux olympiques, à propos de Biles, louangeant « la domination qu'elle a démontrée sur tous les autres gymnastes qui ont concouru ici. »

Biles n'est pas seulement extrêmement talentueuse. Elle a la personnalité d'une vedette olympique.

Il y a le souci du détail à l'entraînement, le même humour décontracté qui a contribué à la grande popularité de Bolt et, surtout à l'ère moderne, un usage avisé des médias sociaux.

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a affirmé, dimanche, que le statut de vedette de Biles ferait de la gymnastique un événement phare aux Jeux olympiques de Tokyo.

« Vous pouvez avoir des légendes confirmant leur statut, comme nous venons de voir avec Simone Biles, cette performance incroyable  à la poutre, mais vous avez également de nouvelles vedettes, a-t-il mentionné. La gymnastique a tous les ingrédients pour être à l'avant-scène une autre fois à Tokyo. »

En dépit de son désaccord avec Biles sur la notation de son nouveau double-double à la poutre - son classement a été réduit en partie afin de ne pas encourager les gymnastes moins qualifiées à tenter ce mouvement risqué - la Fédération internationale de gymnastique reconnaît que Biles est essentielle à son sport.

Le président de la Fédération internationale, Morinari Watanabe, a qualifié la jeune femme de « merveille » et d'« héroïne », souhaitant que Biles ne prenne pas sa retraite après les Jeux olympiques de Tokyo. « J'espère qu'elle continuera après 2020, car c'est une excellente athlète », a-t-il dit, dimanche.

Malgré sa domination sur la discipline, Biles n'a pas encore convaincu tout le monde.

« Il n'est pas nécessaire de la transformer en une reine imbattable. Si j'avais 15 ans de moins, je serais prête à relever le défi contre l'Américaine », a affirmé la gymnaste russe Svetlana Khorkina dans un commentaire publié sur le site Web du Comité olympique russe.

Khorkina a remporté 20 médailles aux championnats du monde entre 1994 et 2001 et a détenu le record féminin jusqu'à ce que Biles l'améliore, mardi dernier.

Un record restera probablement hors de portée de Biles. La gymnaste soviétique Larisa Latynina a gagné un record de 15 médailles olympiques entre 1956 et 1964. Biles a remporté cinq médailles olympiques à Rio de Janeiro et pourrait en ajouter six de plus à Tokyo, mais il semble très peu probable qu'elle continue jusqu'aux Jeux olympiques de 2024.

Il lui reste toutefois un autre record à viser. En égalant sa performance des championnats du monde de la semaine dernière, Biles deviendrait la première gymnaste à remporter cinq médailles d'or en une seule olympiade et la première athlète à le faire dans tous les sports depuis la nageuse est-allemande Kristin Otto en 1988.

Après avoir réussi des « premières" à la poutre et au sol - un double salto arrière combiné à une triple vrille - son entraîneur Laurent Landi a précisé qu'il souhaitait affiner ses routines existantes en vue des Jeux olympiques plutôt que d'ajouter des nouveautés.

« Je peux ajouter de nombreuses améliorations, mais il faut être réaliste et seules les médailles comptent à la fin, a-t-il mentionné. Nous n'avons pas besoin de montrer tout ce que nous pouvons faire. »