Pas besoin de parcourir des centaines de kilomètres pour accéder à d'excellents sites de pêche. On peut maintenant s'y rendre à pieds.

La région métropolitaine de Montréal est comblée sur le plan de la qualité halieutique des eaux qui la baignent. Rares sont les endroits au monde, où il est possible de capturer une aussi grande variété de poissons. Croyez-le ou non, les pêcheurs de cette partie de notre province, peuvent s'en prendre à une centaine de différentes espèces de poissons, qui n'attendent que leurs lignes.

Presque toutes les espèces y sont indigènes, mais plusieurs variétés de salmonidés y furent introduits au cours du dernier demi-siècle. Mentionnons le huchon, ce grand saumon du
Danube, qui n'a pas vraiment accepté nos eaux, mais les ombles de fontaines, truites brunes, arc-en-ciel et divers salmonidés venus des Grand-lacs sont maintenant avec nous et y demeureront en permanence. Il y eut aussi des ensemencements de maskinongés, lorsque cette dernière espèce semblait régresser.

Sagesse de certains biologistes

Les Legendre, Courtemanche, Gravel, Bergeron, Pageau et autres méritent aujourd'hui notre reconnaissance. Ils nous ont d'ailleurs appris, grâce aux inventaires réguliers qu'ils effectuaient, que 65% des captures étaient constituées de perchaudes, 14% de grands brochets et 8% de dorés. Ces scientifiques avaient vraiment la vocation, ils se rendaient
même sur les glaces aux périodes les plus difficiles de l'hiver.

Parlons maintenant du "Street Fishing"

Les badauds jettent un regard plutôt intrigué, tantôt amusé vers un petit groupe de pêcheurs, plutôt d'adeptes du "street fishing". Une nouvelle formule, littéralement c'est la pêche de rue, un concept importé d'Amérique, qui se développe dans les métropoles françaises.

Voilà ce que nous apprenons par les textes halieutiques français.

Imaginez le plaisir fou qu'auraient nos amis français, s'ils avaient la chance de tendre la ligne dans les eaux du Saint-Laurent, celles de la rivière des Prairies, des Mille-Iles, des lacs Saint-Louis ou Deux-Montagnes. Quant aux sites aisément accessibles, ils sont innombrables.

Tout au long des quais du vieux port, la pêche au doré est excellente et que dire des sites poissonneux de l'Ile Sainte-Hélène. Voici d'autres endroits productifs pour le doré jaune: les eaux coulant au-dessus du tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine et celles voisines du pont Jacques-Cartier.

Vous aimez les salmonidés? Les rapides de Lachine demeurent toujours le centre d'attraction pour les amateurs du lancer à la
mouche, ou les autres, qui préfèrent le lancer léger, ou cette dernière catégorie utilisant les appâts vivants.

Arrive aussi la grande dame de la mer

Selon la température de l'eau le grand poisson d'argent, qu'est l'alose savoureuse, vient se reproduire. C'est à peu près à la mi-juin, un peu avant ou après, que tout comme le saumon
atlantique , cet autre anadrome remonte certaines de nos rivières.

Ce grand poisson, à la livrée d'argent, sera sensibilisé à la ponte par une température de l'eau à 53°F ou 12°C. Les sommets de la montée devaient être atteints à 65°F ou 18°C.

Où la pêcher?

En aval du barrage de l'Hydro-Québec à Laval, ou du côté de Montréal-nord, ainsi qu'aux rapides de Terrebonne. Les pêcheurs vont s'aligner le long des berges pour taquiner ce poisson anadrome.

En aval du barrage, observons un jeune homme, qui tout comme ses voisins lance son leurre, faisant par la suite, un aller-retour assez rapide et par secousses. S'il ferre un poisson, les autres pêcheurs lui cèdent de l'espace, pour qu'il réussisse à rendre son alose à l'épuisette. Des centaines et centaines de ces magnifiques poissons sont capturés à tous
les printemps. Leur chair est délicieuse, non polluée, l'alose arrive directement de la mer. Nous devons déplorer ses nombreuses arêtes.

Les leurres
Jadis nous utilisions les cuillères tournantes Mepps et Veltic, de nos jours ce sont de petits devons à tête plombée de forme conique, ce sont les "Dart Jigs". Les plus populaies sont
rouge et blanc.Tous les marchands les connaissent. Il y en a chez B.L. Sports, rue Ste-Catherine, à Montréal.

Si vous êtes un adepte du lancer à la mouche, choisissez les leurres montés de poils ou plumes rose. Pourquoi cette couleur?
Tout simplement parce que l'alose savoureuse mangerait des crevettes lorsqu'elle est dans l'océan. Peut-être que tout comme le saumon elle s'attaquerait à ce leurre, sans vraiment
avoir l'intention de manger, mais elle serait plutôt irritée de sa présence.

Bon début de saison

Profitez de ce site de pêche exceptionnel, qu'est l'archipel de Montréal pour la pêche. Que ce soit en métro, autobus bicyclette ou "pedibus cum jambis", vous pourrez accéder
aisément à des sites vraiment productifs. Si vous n'aimez pas la pêche au long des berges, ou "street fishing" de nos amis français, vous pourrez toujours faire location d'une embarcation, ou transporter votre chaloupe. Il y a des pourvoyeurs dans cette région et ce qui est aussi intéressant, vous pouvez utiliser des appâts vivants, ménés, vairons
ou vifs dans ces eaux.