Le combat Richard Commey c. Jackson Marinez vous sera présenté en direct de Las Vegas sur les ondes de RDS2 et RDS Direct, samedi à compter de 22 h.

 

Je venais de terminer ma chronique quand jeudi, vers les 17 h , j’ai appris que le match que devait disputer Joe Smith fils à Maksim Vlasov était annulé à cause de l’incapacité de Vlasov de monter sur le ring, ayant été testé positif à la COVID-19.
 

C’est malheureux car chaque fois que Smith se bat, c’est un merveilleux passe-temps à la télévision. Il était favori pour remporter la victoire, ce qui nous permettait de rêver à un affrontement entre lui et Artur Beterbiev dans un proche avenir.
 

C’est donc le match mettant aux prises les poids légers Richard Commey et Jackson Marinez qui deviendra le combat principal de ce gala  tandis que la demi-finale se fera entre Adam Lopez et Jason Sanchez, avec la couronne NABF des poids plumes de Lopez à l'enjeu.
 

Se faire pardonner 


Les deux finalistes ont des choses à se faire pardonner. Commey a été éclipsé dès le deuxième engagement lors de son affrontement contre Teofimo Lopez en décembre 2019, tandis que Marinez a cédé par décision unanime devant Rolando Romero. Il a été un des deux seuls boxeurs à résister à la puissance des coups de Romero (13-0-0, 11 K.-O.)
 
Commey est  inactif depuis 14 mois, tandis que Marinez n’ a pas boxé depuis six mois.
 

J’ignore si ESPN nous présentera  l’entrée du jeune poids moyen Troy Isley (55-18-0), mais je sais qu’il est au programme. Il doit affronter Bryant Costello (I-1-0) dans un match de quatre assauts. 
 

Ce Isley a remporté la médaille de bronze lors des Championnats mondiaux de 2017 et il vient de signer un contrat à long terme avec Top Rank. Il était pressenti pour aller aux Olympiques, mais il a décidé plutôt  de monnayer son talent. 
 

À noter que pendant son stage amateur, il a eu le meilleur sur Devin Haney, l’actuel champion mondial des poids légers. 
 

R.I.P. Leon Spinks 
 

Soixante-sept ans, c’est jeune pour mourir. Mais quand la maladie devient insupportable, il n’y a pas d’autre alternative. 

Je savais que Leon Spinks était malade, mais je croyais qu’il s’en sortirait. Malheureusement, le sort en a voulu autrement. 
 

J’ai connu les frères Leon et Michael Spinks lors des Jeux olympiques de Montréal en 1976. Je n’étais pas présent quand ils ont tous deux remporté des médailles d’or. Michael chez les poids moyens et Leon chez les mi-lourds.J’étais alors en voyage avec les Alouettes, si je me souviens, dans l’Ouest canadien. 
 

Ce n’est qu’au printemps de 1977, que j’ai rencontré les deux frères. J’étais en compagnie de Claude Mouton quand Leon et Michael ont fait leur entrée dans leur vestiaire du Forum, en prévision de leurs matchs en soirée. 
 

Un visage à faire peur 


Neon Leon n’avait pas son dentier pour cacher le trou énorme causé par la perte de ses deux dents avant. Je me souviens avoir dit à Claude : « Ne le fais pas fâcher. Il a une face de tueur (au sens large du mot). » 

Et pourtant, Leon était l’homme le plus gentil quand il n’était pas sur le ring. 

C’était le 1er juin 1977. Claude était le matchmaker et Gerry Grundman le promoteur pour ce gala du Forum où on retrouvait au programme Jean Lapointe, le gros John Tate, Chris Clark et le regretté Cleveland Denny. 
 

Les deux frères étaient sortis victorieux. Leon avait passé le K.-O./3 à un certain Bruce Scott, un remplaçant de dernière minute, tandis que Michael avait fait encore mieux avec une mise hors de combat en deux rounds contre Joe Borden, natif de la Nouvelle-Écosse. 

Naturellement, ce sont ses deux combats contre Muhamed Ali qui ont le plus attiré l’attention. Peu de gens croyaient qu’il sortirait victorieux de son premier affrontement avec Ali. Après tout, il en était seulement à son huitième match chez les pros.  

Gagnant par décision partagée, lui et Ali se mesurèrent une fois de plus sept mois plus tard. Cette fois, au Superdome de La Nouvelle-Orléans, où s’étaient entassées pas moins de  63 350 personnes.  
 

Vengeance d’Ali  
 

Ali vengea sa défaite aux mains de Spinks par décision unanime, mais ce fut la dernière fois qu’il leva le bras comme vainqueur. 
 

Ali annonça sa retraite, puis est revenu sur sa décision. N’étant plus que l’ombre de lui-même, il fut martyrisé pendant dix assauts par Larry Holmes et ensuite, il a perdu la décision contre Trevor Berbick. Ce fut le dernier combat d’Ali. 
 

Spinks a livré 46 combats au cours de sa carrière qui a pris fin à 42 ans.  
 

Par la suite, il a connu toutes sortes de problèmes de santé. Des neurochirurgiens ont déclaré que son cerveau avait été attaqué par les nombreux coups qu’il avait subis au cours de sa carrière, ce qui rendait son langage difficile à comprendre. 
 

En 2014, il avait été hospitalisé à Las Vegas pour des problèmes à l’abdomen. Une opération chirurgicale régla le problème. Mais en 2019, on lui diagnostiqua un cancer de la prostate. C’est de cette maladie qu’il est décédé. 

R.I.P. à un autre champion. 


Juste dans la boxe 
 

Pouvez-vous m’expliquer comment un  boxeur qui a perdu trois de ses quatre derniers combats dont des défaites par K.-O. à ses deux dernières sorties peut se retrouver dans un match de championnat.
 

Il y a simplement dans la boxe qu’on peut voir cela. 

J’ignore quelle est l’influence du promoteur Don King sur la WBA, mais il est parvenu à faire battre Bermane Stiverne dans un match pour le titre vacant de la WBA des poids lourds le 29 janvier dernier. 


Faut le faire...


Stiverne, maintenant âgé de 43 ans, n’avait pas boxé depuis près de deux ans. Ving-trois mois pour être exact. Il a affronté Trevor Bryan, un boxeur invaincu en 20 combats, le 29 janvier dernier, au Seminole Hard Rock Hotel et Casino, d’Hollywood, en Floride.
 

En 2017, Stiverne avait chuté au tapis dès le premier round contre Deontay Wilder. En février 2019, il avait été passé K.-O. par Joe Joyce au sixième engagement et cette fois, il a rendu les armes, n’en pouvant plus au 11e round. 

Je pense qu’il n’y a que dans la boxe qu’on peut voir un boxeur de 43 ans,  inactif pendant 23 mois et assommé deux fois de suite participer à un match de championnat. 

 

Vous êtes surpris? Moi pas! 
 

Vaut mieux en rire que d’en pleurer. 


Ça fait 31 ans 


Comme le temps passe vite. Pas plus tard que jeudi dernier, le 11 février, cela faisait 31 ans que Mike Tyson (37-0-0) s’étendait de tout son long et cherchait à remettre son protecteur buccal en place, oubliant du même coup de se relever du tapis avant le compte de 10. 
 

C’était un dimanche matin, au Tokyo Dome, que l’exploit de James Buster Douglas a fait les manchettes dans le monde entier. 
 

Le promoteur Don King et ses partenaires japonais étaient parvenus à présenter le match le matin pour plaire au réseau HBO, le télédiffuseur américain.  Il ne faut pas oublier qu’il y a 13 heures de différence entre Tokyo et la côte est américaine. 

Négligé des parieurs à 42 et demi  contre un, Douglas a réussi l’impossible. Il a été le premier boxeur à vaincre l’homme de fer, « Iron » Mike Tyson. Il a réussi l’exploit moins d’un mois après le décès de sa mère. 
 

Pourtant, sa fiche était peu reluisante. 28-4-1. Trois de ses quatre défaites jusque-là avaient été enregistrées par mises hors de combat. Ses tombeurs avaient été Jesse Ferguson Tony Tucker et Mike White. 

Encore de nos jours, plusieurs se demandent comment Douglas était parvenu à vaincre le poids lourd le plus craint sur cette basse terre. La réponse est simple. Tyson avait négligé son entraÎnement.

D’ailleurs, Douglas a toujours prétendu que c’était la mémoire de sa mère qui lui avait permis d’assommer le boxeur le plus redouté sur terre à ce moment. Et il parle actuellement de faire partie du groupe de « has been » à vouloir remonter sur le ring contre d’anciens rivaux, notamment contre Tyson. 
 

Maintenant âgé de 60 ans, Douglas vit paisiblement à Columbus en Ohio. Selon le site Celebrity Net Worth, sa fortune est évaluée à 15 $ millions. 


Son règne de champion n’a duré que huit mois. Après avoir ravi les couronnes WBC, WBA et IBF à Tyson, il les a toutes perdu le match suivant, en octobre 1990, en s’avouant vaincu au troisième engagement contre Evander Holyfield.
    

Il a livré son dernier match le 19 février 1999 en passant le K.-O. dès le premier round à un certain Andre Crowder (8-39-4). 
 

Bonne boxe!