Que serait-il arrivé si le match entre Dillian Whyte et Oscar Rivas avait eu lieu à Montréal au lieu de Londres en Angleterre?

« S’il y avait eu des doutes sérieux, j’aurais annulé le combat », de dire d’un trait Michel Hamelin, le responsable des sports de combat à la Régie des courses et des jeux du Québec.

Mais s’il y avait 14 000 billets vendus?

« Pour moi, cela ne change rien. C’est la sécurité des athlètes qui prime avant tout. S’il y a un doute sérieux, j’annule le match immédiatement. Admettons que ce soit Yvon Michel qui soit le promoteur. Je sais qu’il serait furieux de ma décision. Mais je ne le répèterai jamais assez souvent. C’est la sécurité de l’athlète qui fait loi pour moi. »

Michel Hamelin est catégorique. S’il avait su trois jours avant le gala qu’un boxeur avait utilisé un produit défendu, il aurait pu demander un nouveau test le soir-même avant le match.

« Naturellement, il faut comprendre qu’il y aura les résultats d’un deuxième test qui seront dévoilés, mais souvenez-vous du cas de Lucian Bute. Je crois qu’il avait fallu attendre trois mois pour avoir le résultat », d’expliquer monsieur Hamelin.

Comme punition pour avoir absorbé à son insu un breuvage concocté par son préparateur physique, Bute avait vu son verdict nul contre Badou Jack changé en défaite par disqualification et il a dû verser une amende de 50 000 $.

Yvon Michel consterné

Lorsqu’Yvon Michel a su que Whyte avait obtenu le feu vert pour monter sur le ring en dépit de l’annonce qu’il avait absorbé des produits défendus, il m’a expliqué :

« J’étais totalement consterné. Je ne pouvais pas en croire mes oreilles d’une telle décision que j’ignorais totalement au moment du combat. Je n’ai pas tous les détails, c’est pourquoi je suis avare de mes commentaires. Mais dites-vous bien que si j’avais su que Whyte avait testé positif, le combat n’aurait jamais eu lieu. Je me demande encore pourquoi il n’a pas été suspendu. »

En vacances avec ses deux fils, Yvon Michel suit la scène de près.

« Pour le moment, on va écouter, on va étudier la situation et nos conseillers vont nous recommander la marche à suivre. En dépit de tout cela, je ne peux pas croire qu’on ait laissé un boxeur monter sur le ring sachant qu’il avait raté un test antidopage. »

Un mois difficile

Vraiment, le mois de juillet n’a pas été tellement favorable à l’égard de la boxe. Tout d’abord, il y a eu le décès du pugiliste russe Maxim Dadaev, aux mains de Subriel Matias. Mercredi matin, on apprenait que Dillian Whyte avait fait usage d’un produit défendu avant son match contre Oscar Rivas et jeudi matin, une nouvelle en provenance de l’Argentine nous annonçait le décès de Hugo Santillan, un jeune super-léger qui a rendu l’âme à la suite de sa défaite contre Eduardo Javier Abreu, samedi soir à Buenos Aires.

La boxe a déjà connu de meilleurs jours.  Mais dites-vous bien que ce n’est pas la première fois que ce sport est en difficulté et ce ne sera pas la dernière fois.  Car la boxe va survivre.

Ruiz n'ira pas en Grande-Bretagne

Il y aura des critiques d’un peu partout sur la planète.  Des boxeurs, tel Andy Ruiz, refuseront d’aller se battre en Grande-Bretagne pour sa revanche contre Anthony Joshua, mais on va continuer à présenter des combats de boxe dans le monde entier.

Naturellement, des changements devront être apportés. La boxe comme les combats ultimes sont des sports très violents. Il faut donc une surveillance continue et des règlements unifiés partout sur la terre.

Tout cela pour vous dire qu’en apprenant la nouvelle du dévoilement des résultats de ses tests, trois jours avant le combat, Dillian Whyte, en fin renard qu’il est, a immédiatement demandé un échantillon de l’éprouvette « B » sachant qu’il faudrait peut-être un an avant d’en connaître le résultat.

Je l’ai catalogué de fin renard, car ce n’est pas la première fois qu’il est pris en flagrant délit. En 2012, Whyte avait été suspendu pour une période de deux ans, justement pour usage de methylhexaneamine, un produit dopant.

Je ne savais pas...

Lorsque pris sur le fait, sa réponse fut la même que tous les autres avant lui. « Je ne savais pas que c’était un produit défendu. Je croyais que c’était un supplément vitaminique. »

Cette requête d’un deuxième test lui a permis de monter sur le ring en toute quiétude et d’affronter Oscar Rivas, comme si rien ne clochait. Après tout, le match était important. Le gagnant devenait champion intérimaire de la WBC et il obtenait ainsi le droit d’affronter le détenteur du titre de l’association. Un peu comme un accusé qui vient d’être condamné. Il fait une demande d’appel et est remis en liberté en attendant une nouvelle décision de la cour.

Dites-vous vous que tout était bien légal selon la United Kingdom Drug Association. En exigeant un deuxième test, on pouvait présenter le gala sans embûche.

Tout le monde était gentil... Tout le monde était content... Sauf qu’on avait omis de divulguer les résultats au clan de Rivas.

Le promoteur du match, Eddie Hearn, était au courant, mais il n’en a jamais soufflé mot à l’autre clan, de peur de perdre plusieurs milliers de dollars. Il a tout fait cela en dépit de la surveillance de la UKDA.

Que va-t-il se passer?

Je l’ignore, mais je sais qu’il se pourrait que la WBC annule la décision déjà rendue en faveur de Whyte, ce qui lui enlèverait son titre de champion intérimaire, et qui sait. Une suspension d’une durée indéterminée pour le moment et peut-être une amende. À ce moment, on effacerait la défaite de Rivas et il conserverait sa place parmi les premiers aspirants chez les lourds.

Il n’y a pas si longtemps, le poids lourd Jarrell Miller avait lui aussi raté un test antidopage au moment où il devait contester la couronne de champion de Deontay Wilder. Comme punition, il a perdu environ 6 millions de dollars et a eu une suspension de six mois par la WBA. Il doit revenir dans les bonnes grâces de la WBA en septembre prochain.

On sait que déjà un protêt a été logé par GYM concernant les gants des deux pugilistes.  

J’ai hâte de voir le dénouement

Bonne boxe!