Ce fut une soirée presque parfaite au Casino de Montréal, samedi soir.

 

Presque parfaite parce que huit des neuf boxeurs québécois ont remporté la victoire. L’autre match entre Mathieu Germain et Steve Claggett s’est terminé par un verdict nul.

Ou bien nos boxeurs québécois sont « les plus meilleurs » comme le chantent si bien Les Frères à Ch’val, ou bien la compétition ne fait pas le poids.
 

Dans l’ensemble, ce fut un très bon gala et tout le monde est retourné à la maison avec le sourire aux lèvres. C’est la même chose quand le Canadien gagne, que les Alouettes sont victorieux et quand l’Impact défonce ses rivaux.
 

Le match entre Mathieu Germain et Steve Claggett s’est soldé par un verdict nul acceptable. Si Germain avait été déclaré vainqueur, j’aurais été d’accord. Même chose pour Claggett. Et ce qui est beau dans tout cela, c’est que personne n’a perdu sa ceinture.
 

C’est donc dire qu’on aura une revanche à brève ou à longue échéance. Tant mieux. Le spectacle en vaut la peine.
 

Claggett, un Albertain, en était à sa deuxième présence à Montréal et il a même hâte d’y revenir. Il se croyait victorieux mais un verdict nul est acceptabl, car qui dit revanche dit une bourse de plus pour les deux pugilistes.
 

Un fait demeure : Germain a du talent. Il a même un peu mieux fait, ou a été plus chanceux qu’Yves Ulysse, contre le même adversaire.


Le gros Arslanbek
 

 Arslanbek Makhmudovce gros Russe de 29 ans, me surprend de match en match. Sa fiche de 6 victoires en autant de combats est impressionnante. Six combats, sept rounds de boxe. Vous me direz que quelques pieds de céleri sont venus garnir ce carnet de notes, mais c’est la même chose pour tout le monde, surtout chez les poids lourds. 

 

Ce qu’il faut absolument pour réussir, c’est une fiche gagnante avec plusieurs mises hors de combat.  Mais Makhmudov dépasse les bornes. D’ailleurs, il est déjà connu outre frontière et il n’y a pas si longtemps, je lisais un article de Jim Slater, sur le site Boxing News, qui nous donnait la liste des meilleurs espoirs chez les poids lourds actuellement.

 

Je le cite :
 

Nom et pays d'origine Gabarit Fiche actuelle Âge
Filip Hrgovic - Croatie 6'6" et 230 lbs 7-0-0, 5 K.-O. 26 ans
Daniel Dubois - Grande-Bretagne 6'5" et 250 lbs 9-0-0, 8 K.-O. 21 ans
Efe Ajagba - Nigéria 6'5" et 235 lbs 8-0-0, 7 K.-O. 24 ans
Tony Yoka - France 6'7" et 240 lbs 5-0-0, 4 K.-O. 26 ans
Dormani Rock - États-Unis 6'5" et 250 lbs 13-0-0, 8 K.-O. 22 ans
Nathan Gorman - Grande-Bretagne 6'3" et 240 lbs 15-0-0, 11 K.-O. 22 ans
Sergey Kuzman - Russie 6'4" et 240 lbs 14-0-0, 11 K.-O. 31 ans


Vous me direz que son rival Jason Bergman n’avait rien d’un Muhamed Ali, ou d’un Mike Tyson mais c’est tout de même un vieux routier de 45 combats. En tout cas, Makhmudov a aussi bien fait que le dernier tombeur de Bergman, un certain Rubin Williams, (29-31-1, 16 K.-O.).
 

Une force explosive
 

 Bergman prétend qu’il n’a jamais été frappé aussi fort, aussi durement, que par Makhmudov, et il doit savoir de quoi il parle puisqu’il a déjà été le partenaire d’entrainement de Deontay Wilder, Tyson Fury et Alexander Povetkin.
 

 Makhmudov est Russe de naissance et Québécois par association. Nous avons donc présentement deux poids lourds d’association. L’autre est Oscar Rivas, qui vient de vaincre Bryant Jennings et qui fait déjà partie des aspirants à une couronne mondiale.
 
Au Québec, les poids lourds n’ont jamais été des pugilistes de grande valeur sur la scène mondiale, outre Robert Cléroux, Jean-François Bergeron, et maintenant Rivas et Makhmudov.
 

Je ne veux rien enlever à Patrice L’Heureux, David Cadieux et Simon Kean, mais personnellement, je ne crois pas qu’ils soient dans la même classe que Rivas et Makhmudov.
 

Retour positif pour Thurman
 

Les preneurs aux livres avaient favorisé Keith Thurman par 50-1 pour remporter la victoire sur Josesito Lopez et quelques-uns d’entre eux ont dû avoir des sueurs froides quand, au 7e round, Lopez a bien failli réussir l’impossible, soit de passer le K.-O. au champion.
 

« J’ai été étourdi par ses coups, a admis Thurman après avoir été déclaré victorieux par décision. Mais je n’étais pas en péril. »
 

Les trois juges ont rendu des verdicts totalement différents. Le premier a vu un duel nul 113-113. Le deuxième a favorisé le champion par 115-111 et le troisième par 117-109.

On croyait que le combat serait de courte durée car dès le deuxième round, Lopez s’écroulait au tapis.
 

Thurman n’avait pas boxé depuis 22 mois à cause d’une blessure qui l’avait obligé à subir une opération au coude droit. Dans ce match contre Lopez, il était évident que sa force de frappe n’était pas revenue à la même puissance et sa défense était plus poreuse qu’à l’habitude.
 

C’est vrai, Thurman a gagné son combat de retour, mais Lopez a gagné le respect de tous et chacun qui le croyaient une proie facile.
 

À quoi peut-on s’attendre avec le champion? À un match contre Demetrius Andrade? Les deux s’étaient déjà affrontés chez les amateurs à trois occasions et chaque fois, Andrade était sorti victorieux.
 

La porte est grande ouverte chez les mi-moyens. Si jamais on ne parvient pas à s’entendre, il n’est pas impossible que Thurman se mesure à Manny Pacquiao et il parle même d’affronter un jour Canelo Alvarez.
 

Assez, Gerald...
 

 En sous-carte du duel Thurman contre Lopez, le poids lourds Adam Kownacki (19-0-0, 15 K.-O.) n’a fait qu’une bouchée du vétéran Gerald Washington en obligeant l’arbitre Harvey Dock  à mettre un terme au combat dès le deuxième round.
 

Washington est peut-être le meilleur gars sur cette basse terre, mais il est évident qu’il est rendu au bout du rouleau. L’ex-membre de la marine américaine a visité le tapis dès le deuxième engagement et l’arbitre Dock a hésité avant de le laisser retourner au centre du ring.  D’ailleurs, il a admis lui voir donné un compte plus long que le veut le règlement. Dès qu’il a vu que Washington ne faisait plus le poids contre Kownacki, il a mis un terme au duel inégal.
 

Avant le combat, Washington avait admis que s’il perdait, il songerait à mettre un terme à sa carrière. Au cours de trois de ses quatre derniers combats, il a été battu par K.-O. par Deontay Wilder, Jarrell Miller et maintenant Kownacki.
 

Inutile de vous dire qu’à la suite de ce triomphe, Kownacki n’a pas manqué de défier Deontay Wilder. C’est devenu une habitude...

 

Une tête dure
 

Tout le monde croyait que Jaime Munguia ne ferait qu’une bouchée du Japonais Takeshi Inoue et que sa couronne WBO des super-mi-moyens n’était pas en danger. 
 

Tout le monde, sauf Inoue.
 

Munguia a tout fait pour l’envoyer au pays des rêves mais il n’en a jamais été capable. Le Japonais a tout absorbé de la part du champion, mais il n’a jamais bronché. Un seul juge lui a donné un round au cours du combat et je me demande si ce n’est pas par charité.
 

On a prétendu après la victoire de Mungia qu’il avait connu des difficultés à descendre son poids à 154 livres, ce qu’il a nié.
 

D’ailleurs après la rencontre, il a été défié par Demetrius Andrade, qui lance des défis à tout le monde et Mungia n’a pas tardé à accepter la provocation du champion de la WBO des 160 livres.

Ce n’est une cachette pour personne que les dirigeants de Mungia veulent qu’il gradue chez les poids moyens et qu'après quelques victoires, il puisse se mesurer à Canelo Alvarez.


Deux Mexicains, un Cinco de mayo, ce serait formidable.
 

Bonne boxe!