LONDRES - Le président du World Boxing Council (WBC), Mauricio Sulaiman, s'attend à ce que la boxe puisse reprendre ses activités sans spectateurs et... sans juges!

« Les juges évalueront le combat à la maison, par le truchement d'un accès vidéo en direct », a-t-il déclaré par vidéoconférence cette semaine.

« Ce lien vidéo ne diffuserait pas les commentaires de l'équipe de diffusion, comme celui qui est fourni aux chaînes internationales. Ils seront en communication sécurisée pour transmettre leur pointage au superviseur et à la commission athlétique locale. Nous avons un plan d'urgence si jamais ce système de communication connaissait des ratées. Nous avons un plan A, B et C. »

Sulaiman a expliqué que le WBC a mis sur pied un protocole de retour pour les galas pendant cette pandémie de COVID-19 qui limite de 40 à 50 personnes présentes pour un gala de quatre ou cinq combats. Dans ce nombre est inclus un membre d'équipe par boxeur, les superviseurs de la commission athlétique, les membres des médias et l'équipe de production télé.

Toutes les personnes présentes sur place seraient testées contre la COVID-19.

« Nous en avons tous marre de regarder la télévision et de vieux combats. Je pense vraiment qu'en prenant toutes les précautions et qu'en ayant un protocole bien préparé, nous pourrions tenir des soirées de boxe sans risque », a ajouté Sulaiman.

Ce dernier croit qu'on pourrait devoir attendre jusqu'à deux ans avant que la boxe professionnelle ne ressemble à ce qu'elle était avant la pandémie. Il demande aux promoteurs de faire preuve de créativité.

D'un côté plus pratique, Sulaiman a précisé que le WBC allait être plus flexible sur les dates de défense obligatoire pour ses champions. Par exemple, le champion poids coq Nordine Oubali devait défendre sa ceinture contre Nonito Donaire, champion de quatre divisions de poids. Une mise à l'aveugle avait été acceptée et seuls une date et un lieu aux États-Unis restaient à être déterminés avant la boxe ne cesse ses activités.

« Oubali demeure en France et est confiné à son appartement depuis une quarantaine de jours, sans pouvoir s'entraîner, a noté Sulaiman. C'est un scénario différent que celui d'un boxeur résidant aux États-Unis ou au Mexique et qui aurait pu s'entraîner et échanger avec des partenaires. Nous allons travailler avec les promoteurs. Oubali pourrait ne pas pouvoir voyager pendant trois ou quatre mois encore. Il n'y aura pas de décision du WBC prise au détriment d'un boxeur ou d'un promoteur. »

Teofimo Lopez, champion des légers de l'International Boxing Federation (IBF), a quant à lui indiqué qu'il était prêt à repousser son combat d'unification contre le triple champion WBC, WBA et WBO Vasily Lomachenko - prévu d'abord le 20 mai -  jusqu'à ce que les spectateurs puissent assister aux combats. Il estime que de tenir des combats sans spectateurs n'empêcherait pas les boxeurs de contracter le coronavirus.

« Je ne crois pas que ça va fonctionner. Je pense qu'un boxeur va contracter la maladie pendant ces combats », a dit Lopez par vidéoconférence de l'Arkansas, où il s'est réfugié en quittant New York.

Lopez comprend le désir des organisations et des promoteurs, mais croit qu'il est trop tôt pour relancer la boxe.

« Je ne vais pas me battre sans savoir exactement ce qui se passe, a-t-il affirmé. Je veux m'assurer qu'aucun boxeur n'est infecté. Je veux voir de visu comment ça va fonctionner. Si ça se passe sans problème, comme ils prévoient que ça se passer, alors nous pourrons penser à tenir ce combat sans spectateurs. »