Suivez les combats préliminaires de l'UFC 255 dès samedi 20 h sur les ondes de RDS et RDS Direct

Carte de l'UFC 255

La finale de l'UFC 255 a été quelque peu chamboulée, mais on est en droit de s'attendre à un bon spectacle.

C’est certain que j’aurais aimé voir Cody Garbrandt dans l’octogone contre Deiveson Figueiredo parce qu’il demeure un plus « grand nom » qu’Alex Perez en raison de ses accomplissements. Il a déjà été champion du monde et j’étais curieux de voir comment il allait se comporter à 125 livres, déjà avec la pesée à savoir si c’était un défi pour lui.

Par contre, même si Perez n’est pas aussi célèbre que Garbrandt, il demeure un remplaçant de choix pour cette carte. Sa dernière victoire, il l’a enregistrée contre le seul combattant qui a battu Figueiredo dans sa carrière, Jussier Formiga.

Malgré tout, il n’en demeure pas moins que Perez demeure le négligé dans ce duel pour la ceinture des poids mouches. Ça peut le rendre plus dangereux, car ce ne serait pas la première fois qu’un combattant négligé par les preneurs aux livres surprend.

Perez est un combattant qui travaille en combinaisons et il a de la puissance. S’il est en mesure d’appliquer de la pression rapidement sur Figueiredo dans leur confrontation, il pourra semer un doute dans l’esprit du champion. Perez est sur un élan de confiance avec sa dernière victoire dans l’octogone.

Pour Figueiredo, il se préparait à affronter un cogneur, et même si Perez n’est pas le même gendre d'adversaire que Garbrandt, je m’attends à ce qu’il demeure debout, donc Figueiredo ne devrait pas être trop déstabilisé par l’approche de son nouvel adversaire.

Maia peut-elle embêter Shevchenko?

Sur papier la demi-finale peut paraître à sens unique, alors que Valentina Shevchenko est sensiblement fin seule dans sa catégorie à 125 livres et c’est tout un défi qui attend Jennifer Maia samedi.

Shevchenko est dominante debout en raison de son passé en kickboxing, mais elle a un jeu au sol sous-estimé. Je n’ai toutefois pas encore abordé sa grande force qui est son rythme.

Pendant les 25 minutes de ce combat de championnat, elle va travailler en volume et c’est à ce moment que ses adversaires se sentent débordées. C’est dans ce piège que ne doit pas tomber Maia, car si elle cherche à suivre sa rivale, elle ne sera pas capable. Elle se devra d’être patiente dans ses attaques et sans doute chercher à amener le combat au sol. J’ai mentionné que cet aspect n’était pas à négliger dans l’arsenal de la championne, mais Maia demeure une ceinture noire en jiu-jitsu brésilien, donc ça pourrait se retourner à son avantage si elle parvient à avoir le contrôle sur le dessus.

Même si Maia peut se démarquer debout grâce à ses outils acquis avec la boxe thaïlandaise, je vois mal comment elle pourrait rivaliser avec Shevchenko.

Si Maia se retrouve à partager l’octogone avec Shevchenko, ce n’est pas un hasard non plus. Elle a profité de sa chance devant Joanne Calderwood et elle a saisi l'opportunité que se présentait à elle. C’est ce qu’il faut faire dans les arts martiaux mixtes.

Maia a d’ailleurs cherché à trouver une faille dans l'armure de Shevchenko en interrogeant celle qui a vaincu la championne par deux fois dans sa carrière, Amanda Nunes.

Celle-ci a pu partager à sa compatriote des informations sur la manière dont Shevcheko se bat, son rythme, comment c’est d’encaisser ses frappes... À mon avis toutefois, je crois que Shevchenko s’est encore plus améliorée dans l’octogone qu’Amanda Nunes depuis leur dernière confrontation en 2017. Ce ne sera donc pas la même Shevchenko qui s’est présentée dans l’octogone contre Nunes qui sera du côté de Vegas devant Maia. Cette dernière ne doit pas rester figer dans le temps et s’attendre à voir cette même combattante, car elle aura une mauvaise surprise.

Le gala de samedi marquera la première fois dans l’UFC que deux soeurs se battent sur la même carte, alors que dans les combats préliminaires, la soeur de Shevchenko, Antonina, va se mesurer à Ariane Lipski. Sans les comparer, alors que Valentina est supérieure, je crois que ce sera un beau moment pour les deux qui s’entraînent ensemble. On espère pour Valentina que si jamais sa soeur venait à perdre que ça ne lui jouera pas dans la tête cela dit.

Le scénario parfait pour l'UFC

Dans un nouvel ordre d’idées, j’ai abordé le sujet en compagnie de Benoit Beaudoin lors de notre dernier épisode du balado Dans la cage, mais je voulais expliquer en quoi la retraite de Khabib Nurmagomedov pouvait offrir les conditions nécessaires afin qu’un combat contre Georges St-Pierre se matérialise.

Pour l’UFC, soudainement, un tel combat peut prendre tout son sens. Dana White n’a pas encore déclaré que le titre des 155 livres appartenant à Khabib est vacant, mais c’est soudainement plus facile de justifier un tel affrontement du point de vue de l’UFC.

Nurmagomedov-GSP : « Le scénario serait parfait pour l'UFC »

C’est plus facile de prendre deux combattants qui sont à la retraite et de les amener dans l’octogone pour un combat à un poids hybride, que de demander au champion d’une catégorie d’augmenter son poids pour un affrontement qui serait sans nul doute son dernier.

Si Nurmagomedov venait alors à perdre, il prendrait sa retraite en tant que champion, mais avec une défaite ce qui n’est pas à souhaiter ou même à envisager réellement pour l’organisation. Tout le monde sait en plus que du côté de Georges, il s’agirait de son dernier combat, peu importe l’issu de celui-ci.

Nous savons que le duel n’aura pas lieu à 155 livres, alors je m’attends à un poids hybride autour de 162 à 165 livres. Si jamais il fallait aller de l’avant, il faudra quand même faire vite, car le temps joue contre GSP qui approche de ses 40 ans. Je ne doute pas qu’il est encore en superbe forme physique, mais ça demeure Khabib qui serait devant lui.

Nurmagomedov a tout de même annoncé qu’il prenait sa retraite, donc il faudra voir s’il reviendra sur sa décision. Il est vrai qu’il avait annoncé par le passé vouloir se retirer avec une fiche de 30-0, mais à ce moment son père était encore en vie. Il n’est plus là aujourd’hui et c’était extrêmement difficile son dernier combat sur le plan émotionnel pour lui. Il est très droit dans ce qu’il dit, donc lorsqu’il annonce ne pas vouloir revenir sans son père, c’est fortement à considérer.

On a longtemps pensé qu’un souhait pour GSP de faire ce combat contre Nurmagomedov, c’était d’obtenir une ceinture dans une troisième catégorie de poids. Il a toutefois laissé entendre dernièrement, notamment avec nous sur le plateau de l’UFC à RDS, que le combat n’aurait pas lieu à 155 livres. Je pense que pour lui, c’est davantage un souhait d’aller se battre contre un combattant qui paraît invincible. Je pense que c’est ce qui a le plus d’importance pour lui, plutôt qu’un autre bijou autour de sa taille.

Soudainement, avec Nurmagomedov à la retraite, le titre pourrait devenir vacant et alors plus rien ne retient l’UFC de tenir ce méga-combat, alors qu’aucune division n’est prise en otage. Je pense que c’était la meilleure chose qui pouvait arriver à l’UFC si le combat Nurmagomedov-GSP doit se concrétiser.

Du point de vue des amateurs, je pense que nous avons manqué l’un des plus grands rendez-vous au monde par le passé sans un combat entre GSP et Anderson Silva pour des questions logistiques qui se comprennent. Ce serait toutefois dommage qu’on soit encore privé d’un combat d’une telle envergure.

Propos recueillis par Maxime Tousignant