Le Britannique Simon Yates a pris le pouvoir dans Paris-Nice, samedi, à l'arrivée neigeuse dans la station de La Colmiane (Alpes-Maritimes), où il a enlevé en solitaire la 7e et avant-dernière étape.

Simon Yates, dont le frère jumeau Adam se signale en parallèle dans Tirreno-Adriatico, s'est montré le plus fort dans l'unique arrivée au sommet de l'épreuve. Sans pour autant creuser des différences marquées puisque quatre coureurs sont regroupés en seulement 13 secondes avant la dernière journée.

L'ascension finale (16,3 km à 6,2 %), par une température à peine supérieure au degré zéro, a laissé incertain le dénouement de la « course au soleil ». Mais elle a redistribué partiellement les cartes en condamnant le porteur du maillot jaune, l'Espagnol Luis Leon Sanchez, et son dauphin, le Français Julian Alaphilippe.

Sanchez a été lâché à 6 kilomètres de l'arrivée sur les pentes de Valdeblore. Alaphilippe a tenu plus longtemps mais le puncheur auvergnat, comme l'année passée dans la montée toute proche de La Couillole, a fini par céder après avoir longtemps résisté en grimaçant.

« La journée a bien commencé. Il [Luis Leon Sanchez] n’était pas bien aujourd’hui. Il a pris froid. Il y avait beaucoup de pluie et nous sommes montés assez haut en altitude vers la moitié de l’étape. Il y avait un long col et dans la descente, il a pris un coup de froid. Après, il n’était plus capable de livrer le meilleur de lui-même. Toute l’équipe a vraiment bien joué. On a tout donné pour lui. Après, ce sont des choses qui arrivent », a indiqué son coéquipier Hugo Houle, qui a été le 55e à rallier l’arrivée dans un groupe de cyclistes à 18 minutes 2 secondes du temps gagnant.

« C’est sûr que c’est un peu une déception pour nous, mais ça fait partie du jeu. On peut être fiers de ce qu’on a accompli cette semaine », a affirmé Houle, de Ste-Perpétue.

Dans les deux derniers kilomètres, le Français a perdu près de deux minutes sur ses compagnons. Pour reculer à la 9e place du classement (1er Français), à 1 min 48 sec du nouveau maillot jaune qui s'est imposé pour la deuxième fois dans Paris-Nice.

Vainqueur l'an passé à Fayence, Simon Yates avait pris la 9e place du classement final (7e en 2017). Mais ce coureur au gabarit de grimpeur (1,72 m pour 59 kg) avait ensuite rivalisé dans le Tour de Romandie dont il avait perdu le dernier jour, dans un contre-la-montre, le maillot de meneur au profit de l'Australien Richie Porte.

Wellens y croit

Cette fois, les données sont différentes. Le Britannique, 7e du Tour de France l'été dernier, s'apprête à lutter sur son terrain, les côtes de l'arrière-pays niçois, pour gagner Paris-Nice qui serait le plus important succès d'une carrière encore dans sa première partie (25 ans).

En sa faveur, il dispose d'une équipe (Mitchelton) structurée avec le Tchèque Roman Kreuziger et le grimpeur colombien Esteban Chaves pour l'aider. Mais son avantage est mince par rapport à l'Espagnol Ion Izagirre (2e à 11 sec) et son frère aîné Gorka (3e à 12 sec), ainsi que le Belge Tim Wellens (13 sec), tous en position de s'imposer pour la première fois au classement.

« C’est encore faisable, estime Wellens. Je connais bien le parcours, j’ai gagné il y a deux ans et cela reste un grand souvenir. Mais il me faudra de très bonnes jambes pour y parvenir. »

Dimanche, la dernière étape avec départ et arrivée sur la Promenade des Anglais se court en effet dans l'arrière-pays sur un parcours alternant montées et descentes sur 110 kilomètres. Le sommet de la sixième et dernière ascension, le col des Quatre-Chemins sur les flancs d'Eze, est distant seulement de 9 kilomètres de l'arrivée.

Les conditions météo, qui ont rendu la course éprouvante et provoqué plusieurs chutes, ont amené samedi des abandons notables, soit par précaution (Arnaud Démare, prudent dans l'optique de Milan-Sanremo) soit pour raison médicale.

L'Irlandais Dan Martin, troisième l'an passé, s'est arrêté en cours d'étape. « Il est malade, comme beaucoup, a expliqué son directeur sportif Philippe Mauduit. Inutile de continuer. »