COLLABORATION SPÉCIALE

 

J’ai dû prendre quelques grandes respirations durant l’entrevue.

 

Des pauses s’imposaient.

 

J’avais croisé Leia Bégin lors de ma participation au marathon de Warwick. Elle participait à son premier 42 km, sans une bonne préparation puisqu’elle n’avaitLeia 2 pas eu le temps de courir son 30 km à cause de son déménagement.

 

Courageuse n’est pas un qualificatif assez puissant pour la décrire.

 

Novembre 2020 fut la découverte de la course à pied. Elle voulait se dépasser, se faire plaisir. Elle pouvait enfin décider.

 

« Je n’ai jamais aimé les sports car je me faisais intimider sans cesse lorsque j’étais jeune. Au secondaire, je faisais tout pour éviter les cours en éducation physique. Si tu m’avais dit à cette époque que j’allais courir un marathon, je t’aurais ri au nez tellement ça pouvait être un projet irréel ».

 

Elle souffre du syndrome de Crouzon, une malformation cranio-faciale. qui empêche le développement normal des cellules Leia 3cervicales. À l’âge de sept ans, elle a subi une première intervention chirurgicale. Huit autres suivront dont la plus récente en 2018. Leia est aujourd’hui âgée de 22 ans.

 

Son enfance ne sera pas de tout repos. Elle a souffert de malnutrition. « La malbouffe était devenue une porte de sortie, une façon de me réfugier. J’avais pris beaucoup de poids durant mon adolescence. Je ne voulais pas passer le reste de ma vie sans atteindre une bonne condition physique. »

 

 

DES PROBLÈMES DE CONSOMMATION

 

Elle avait 10 ans lorsque sa mère s’est mise à consommer. Son père luttait également contre ce genre de problème de sorte qu’elle alternait entre ses deux parents, séparés. « Ça ne pouvait plus durer. J’ai adressé une demande à la DPJ pour être accueillie par une famille d’accueil. J’ai dû en traverser quatre », raconte Leia, bien calmement.

                                                         

« Tu sais, vivre de telles expériences m’a rendu plus forte. Je neLeia 1 changerais rien de mon passé car il m’a fait comprendre bien des aspects. J’ai connu ces milieux sombres et actuellement, je dispose d’un grand intérêt à vouloir aider les gens qui doivent affronter de tels ennuis », analyse celle qui œuvre actuellement à titre d’éducatrice dans une garderie pour des enfants de 0 à 5 ans.

 

On sent sa détermination, son désir de progresser, d’évoluer.

 

On comprend qu’elle affichait beaucoup de réticence par le passé. « J’étais très réservée mais tout cela a changé. J’ai pris confiance en moi et la course à pied a joué un rôle essentiel dans ce cheminement. Je veux dorénavant me diriger vers les gens, les motiver, les aider. Je me suis aperçue de mes capacités », poursuit celle qui est inscrite au marathon des Érables en 2023.

 

 

ELLE VISE UN BACCALAURÉAT

 

Tout a commencé avec Jimmy Sévigny et elle parle aussi de Nathalie Bisson avec beaucoup d’admiration. « Grâce à la course à pied, je me suis fait plusieurs amis et j’en conclu que l’impossible peut devenir possible dans la vie. »

 

Simplement par sa présence, son attitude, sans vraiment en être consciente, Leia inspire par sa détermination.

 

Elle ne veut pas s’arrêter. Elle aspire obtenir un baccalauréat en intervention d’activité physique et croit qu’elle pourra courir encore plusieurs années car elle n’a pas l’intention de s’ajouter une pression additionnelle.

 

Elle nous a parlé  avec émotion de ce beau moment, précieux à Leia 4ses yeux, lorsqu’elle a couru son marathon. Au 38e kilomètre, elle a vu apparaître sa conjointe Maygan qui est venue l’encourager pour les quatre derniers kilomètres.

                                                   

« Ma mission sera dorénavant de donner l’exemple pour que les gens arrivent à croire en eux », a-t-elle conclu.

 

Elle m’a bouleversé !

 

Aussi à lire : Préservez l'émerveillement !

Pour plus de contenu dans ce genre, abonnez-vous au groupe RDS | En Forme