S’il y a une question qui m’est souvent posée, c’est celle-ci: à partir de quand dois-je changer mes chaussures de course? Ou quelles sont les indications que mes chaussures doivent être jetées aux poubelles? 

 

Je donne toujours la même réponse et elle n’est pas simple. Il existe tellement de facteurs d’usure sur une chaussure de course ordinaire que cela mérite une chronique. 

 

Toutes les chaussures sont différentes et ne s’usent pas au même rythme en raison de leur confection variable. Il y a des chaussures de compétition et des chaussures d’entraînement. La première a une durée de vie beaucoup plus courte. Certains vous diront que les fabricants conçoivent leurs produits avec une certaine obsolescence attendue et programmée pour ainsi s’assurer d’en vendre régulièrement. C’est peut-être vrai, mais je n’irai pas là dans mes explications. 

 

Analysons ce qui abime les chaussures ordinaires de course, celles que vous et moi achetons dans les boutiques sportives. 

 

Le premier facteur est le terrain sur lequel vous avez l’habitude de courir. Dans mon cas, je cours sur les routes asphaltées de mon quartier. Cette chaussée abrasive use beaucoup plus rapidement les semelles de mes chaussures que si je courais sur un terrain gazonné ou en sentiers. 

 

De plus, la manière avec laquelle vous déposez votre pied au sol peut accélérer la dégradation de la semelle. Observez avec attention vos semelles, elles vous en apprendront beaucoup sur vous. C’est beaucoup plus efficace que de lire dans les lignes de la main ou dans les feuilles de thé. 

 

Si votre foulée est agressive et courte et que vous attaquez le sol en y déposant le pied avec un angle prononcé via le talon plutôt que par le milieu du pied, vous abîmerez assurément l’amorti de la chaussure plus rapidement. C’est mon cas, même si je m’emploie à corriger ma foulée depuis quelques années pour être plus doux dans mes déplacements. Il m’arrive de croiser des coureurs qui donnent l’impression d’effleurer le sol. On entend à peine le bruit de leurs pas. J’avoue être jaloux puisque la semelle de leurs chaussures s’use certainement moins rapidement que les miennes! 

 

Le kilométrage total et la durée de vos sorties ont aussi une très grande influence sur l’usure des chaussures. Si vous faites de longues sorties, cela abîme davantage la mousse à l’intérieur de la semelle que lors de courtes sorties. Par exemple, si vous accumulez 30 kilomètres en une seule sortie, la mousse se comprimera beaucoup plus que lors de trois sorties distinctes et espacées de dix kilomètres. Cette mousse ne retrouvera pas son état initial aussi facilement après la longue sortie.

 

Si vos chaussures ont un aspect presque neuf parce que vous les nettoyez après vos sorties, cela ne veut pas dire qu’elles ne doivent pas être changées. C’est la raison pour laquelle je conseille de toujours noter dans un cahier le modèle que vous aviez dans les pieds lorsque vous compilez vos résultats. C’est ce que je fais depuis plus de vingt ans. En plus de mon kilométrage et de mon chrono, j’additionne au fur et à mesure le kilométrage de mes chaussures. La plupart des applications de course offrent cette option maintenant. 

 

J’ai pu ainsi constater qu’il est impossible de généraliser le kilométrage maximum que peut atteindre une chaussure avant d’être changée. Mon record est de 1500 kilomètres avec ma première paire de chaussures québécoises MathSport. En moyenne, je change mes chaussures après 800 kilomètres. 

 

Le poids d’un coureur est également un autre facteur important qui accélère la dégradation d’une chaussure. Il est facile d’imaginer qu’un coureur de fond de 60 kilos usera moins la mousse amortissante des semelles que celui qui en pèse le double. 

 

Le temps à lui seul est un aspect de dégradation. Si vous enfilez des souliers de course neufs que vous aviez oubliés quelques années au fond de votre garde-robe, vous constaterez que la pose du pied au sol est plus dure. L’amorti de la semelle n’est plus le même. 

 

Le meilleur indicateur reste les semelles qui se déforment. Déposez vos chaussures au sol et regardez si les semelles sont usées davantage d’un côté que de l’autre. Est-ce qu’elles penchent plus d’un côté? Si la portion noire est effacée de manière plus importante sur un côté, il est temps de changer car vous ne ferez qu’aggraver et accentuer un mauvais réflexe de foulée. 

 

En conclusion, le kilométrage total est important, mais votre ressenti aussi. En vous fiant aux différents facteurs énoncés dans cette chronique, vous serez à même de savoir qu’il est temps de changer. Si vous avez le moindre doute, allez en boutique pour vous acheter le même modèle. Vous constaterez immédiatement la différence. 

 

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