Par Alban Quénoi - Mise-à-jour du 26 avril : la Belgique s’est prononcée  à son tour sur les loot boxes, et plus particulièrement sur les cas de Overwatch, Star Wars Battlefront II, FIFA 18 et Counter-Strike: Global Offensive.

Le communiqué émis par la Commision des jeux de hasard belge spécifie donc que ces caisses payantes entrent dans la catégorie des jeux de hasard, suite à leur enquête. Le Ministre de la Justice Koen Geens a expliqué plus en détails les critères de ces conclusions, ainsi que les risques encourus pour les éditeurs. C’est essentiellement la protection des joueurs mineurs qui est pointée du doigt, l’opacité du générateur aléatoire, ou encore la “perspective émotionnelle de profit”.

Battlefront II échappe de son côté au jugement belge, ayant supprimé les microtransactions suite aux polémiques soulevées. De leur côté, Valve, Blizzard et EA Sports devront s’exprimer rapidement, sous peine d’encourir “ une peine de prison allant jusqu’à cinq ans et une amende pouvant atteindre 800.000 euros”.

 

C’est un nouvel épisode dans la controverse des caisses de butin, ou encore les fameuses loot boxes : l’autorité des jeux aux Pays-Bas, la Netherlands Gaming Authority en charge de la réglementation sur les jeux d’argent et de hasard, vient d’annoncer ses conclusions suite à une étude portant sur dix jeux populaires contenant les fameuses boites.

Sans les citer, quatre d’entre eux sont dans le collimateur de l’instance néerlandaise, qui donne un délai de huit semaines aux développeurs pour adapter leur contenu.

Élément nouveau dans l'affaire, c'est le fait que les gains soient échangeables qui a visiblement fait pencher la balance, en plus du caractère aléatoire et des éléments favorisant la dépendance : effets sonores, ouvertures successives facilitées, etc. « Ces jeux vidéo sont conçus comme des jeux d'argent, et donnent au joueur le sentiment d'avoir presque gagné », a ainsi expliqué la directrice de l'autorité des jeux Marja Appelman au média NOS. « Quand vous ouvrez une caisse, il y a toutes sortes d'effets sonores encourageant les joueurs à continuer ». L'autorité précise également vouloir l'exclusion de l'accès des mineurs à ces jeux si aucun ajustement n'est fait. NOS précise que FIFA 18, Dota 2, PLAYERUNKOWN'S BATTLEGROUND et Rocket League seraient les titres visés par cette étude.

C'est donc une nouvelle approche qui est soulevée aux Pays-Bas : la possibilité d'échanger les gains d'objets virtuels obtenus à travers un jeu de hasard serait donc l'élément brisant les lois sur les jeux d'argent, donnant une valeur à ces objets à travers des sites en faisant le commerce. S'il n'est pas cité par NOS, on pense également à Counter-Strike: Global Offensive, dont les fameux « skins » ont créé la polémique l'an dernier. Son éditeur Valve a depuis pris des mesures à l'encontre des principaux sites de paris avec ses « skins », envoyant plusieurs lettres de mises en demeure. Plus récemment, c’est un délai de sept jours sur un objet après un échange qui a déclenché l’ire de la communauté le mois dernier, ralentissant de manière drastique les transactions.

De leur côté, l'ESRB et la PEGI avaient toutes deux statué comme quoi les caisses de butin ne pouvaient pas être assimilées aux jeux d'argent, suite à la polémique lancée par Star Wars : Battlefront II par EA et Shadow of War, de Warner Bros en novembre dernier. « Malgré le caractère aléatoire de ces caisses, le joueur est toujours garanti d'obtenir du contenu en jeu, même s'il reçoit des objets non désirés », avait déclaré un porte-parole de l'ESRB au site Kotaku. La mécanique est comparée aux jeux de cartes à collectionner, et n'entrerait donc pas dans la catégorie ESRB « Real Gambling » ou « Simulated Gambling ».

Les Pays-Bas sont ainsi la première nation à prendre une mesure stricte envers cette pratique. Les éditeurs concernés ont jusqu'au 20 juin pour s'adapter, sous peine d'amende ou d'interdiction de vente. Reste à voir si cette décision créera un précédent, et si d'autres instances européennes emboîteront le pas.